Leçon 10 – Les 4 grands livres prophétiques

Introduction

Maintenant tu as une certaine connaissance de la trame historique du peuple formé par Dieu pour accueillir le Messie, Jésus. Tu es donc en mesure de comprendre les prophètes. Sans cette connaissance, nul ne peut saisir les insinuations de ces hommes envoyés par Dieu pour redresser les continuelles déviations des Israélites, déviations auxquelles nous sommes tous exposés. Ceci rend les paroles des prophètes valables pour les hommes de tous les temps, si toutefois nous sommes capables de les traduire et de les adapter au contexte historique des différentes époques.

L’étude des livres prophétiques donnent un aspect complémentaire aux livres historiques. Ils révèlent le sens spirituel des événements, les vrais desseins -souvent cachés- de Dieu. Il faut savoir lire entre les lignes pour comprendre les prophètes et saisir la finesse de leurs insinuations. Vivant en milieu sioniste, politisé, ils éprouvèrent des difficultés souvent insurmontables pour manifester les pensées anti-sionistes, spirituelles, de Dieu. Ils furent le plus souvent persécutés et rejetés, considérés comme traîtres à la « patrie » et au royaume, une patrie et un royaume jamais voulus par Dieu. Ils ne furent reconnus prophètes qu’après leurs morts, après avoir été persécutés de leur vivant (lis ce qu’en dit Jésus dans Matthieu 23,29-39).

Le prophète est un porte-parole de Dieu. Celui-ci se manifeste au prophète pour lui demander de révéler son avis, ses conseils ou ses jugements sur les événements et les attitudes des hommes, particulièrement des chefs responsables (rois, prêtres). Ceux-ci sont invités, sous peine de châtiment divin, à se plier aux exigences et aux pensées divines. Le plus souvent, il s’agissait de renoncer à la mentalité sioniste (attachement maladif à la possession exclusive de la terre palestinienne et à l’empire israélien). Jérémie, par exemple, fut persécuté, comme tu verras, pour avoir dit aux juifs de se soumettre à Nabuchodonosor et pour avoir annoncé la destruction du Temple.

L’essentiel du message prophétique pivote autour de deux points:

  1. La déportation comme châtiment de l’infidélité,
  2. Le futur envoi d’un sauveur (le Messie) que les Juifs imaginèrent, à tort, comme leader politico-militaire.

Les livres prophétiques sont les écrits des paroles et actions des prophètes qui ont existé peu avant, pendant et peu après la déportation. Ils ont donc prophétisé l’exil, l’ont vécu et ont annoncé le retour des exilés (après 70 ans d’exil) et la reconstruction du Temple (le second).

Ce fait de la déportation a meurtri profondément l’âme israélite. Les Juifs étaient comme à l’affût d’une solution au drame vécu, recherchant la « libération d’Israël » (selon l’expression prophétique). Pendant des siècles, l’espoir de la libération gravitait autour de la personne du Messie attendu avec impatience et soif extrêmes. Mais ce Messie devait libérer l’âme du péché, non les Juifs d’une situation politique.

Avant de lire un prophète, il faut le placer dans son contexte historique: existait-il avant, pendant ou après l’invasion assyrienne du Nord (Israël: 721 av. J.-C.), la chute de Ninive (612 av. J.-C.), les batailles de Megiddo, de Karkemish, l’invasion babylonienne du Sud (Judée), le retour de l’exil, la reconstruction du Temple (515 av. J.-C.)? Ces étapes historiques accompagnent les livres prophétiques. Retiens-les.

Les prophètes dont il est question dans ces livres sont à distinguer des autres prophètes, comme Élie et Elisée, ou encore le groupe des prophètes mentionnés dans 1 Samuel 10,5-6. Nous n’avons de ces derniers aucun recueil écrit. Nous ne savons d’eux que ce qu’en rapportent les livres historiques.

Les prophètes que nous allons voir (considérés comme prophètes « écrivains ») ont existé sur une période d’environ 300 ans (750 à 450 av. J.-C.). Ils sont généralement divisés en deux groupes:

  1. Les 4 « Grands » prophètes: Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel.
  2. Les 12 « Petits » prophètes.

Les premiers sont dits « Grands » à cause de leurs livres plus grands que les « Petits » livres des 12 autres et non à cause d’une dignité spirituelle (compare les 66 chapitres d’Isaïe avec les 4 chapitres de Joël et l’unique chapitre d’Abdias).

Avec les 4 grands prophètes, j’inclurai, en étudiant Jérémie, le livre « Les Lamentations » de Jérémie et le prophète « Baruch » dont le petit livre suit celui de Jérémie, ayant été le disciple et le secrétaire de ce dernier. Le livre de Baruch ne se trouve pas dans la Bible Hébraïque.

Certaines Bibles (comme la Bible de Jérusalem) ajoutent des introductions utiles aux livres historiques. Elles aident à connaître l’époque dans laquelle vécut le prophète et à mieux le comprendre. Il serait bon, plus tard, que tu cherches à bien connaître un ou deux prophètes. Je te propose Jérémie qui est très près de nous psychologiquement, et de Jésus spirituellement.

Nous commençons les 4 grands prophètes par Isaïe. Comme pour tous les livres prophétiques, ne les lis qu’après mes explications.

Isaïe

Isaïe est un haut fonctionnaire royal. Il a grandement influencé les événements de son époque. Il est né vers 765 av. J.-C. En 740, à l’âge de 25 ans, il eût une vision dans laquelle Dieu lui confie la difficile et courageuse mission d’annoncer la ruine d’Israël, suivie, plus tard de celle de Juda, comme châtiment aux multiples infidélités des Juifs.

Au chapitre 6, Isaïe raconte sa vision dans laquelle Dieu demande: « Qui enverrai-je? Quel sera notre messager? ». Et Isaïe répond sans hésiter, avec courage: « Me voici, envoie-moi ». Il fallait, certes, être fort de caractère pour accepter la pénible et dangereuse mission de dénoncer des rois et des puissants de la cour royale. Jérémie, comme Moïse a commencé par décliner l’offre divine (Jérémie 1,6). Ce n’est pas une charge légère et agréable de réprimander les puissants, même de la part de Dieu; cela ne se fait jamais sans persécutions souvent insupportables. Le courage d’Isaïe est admirable.

Lis déjà ce 6e chapitre; Dieu y annonce aux Juifs la déportation: « Leurs villes seront dévastées et inhabitées, les maisons sans personne… Yahvé en chasse les gens; un grand vide se fera dans le pays » et il n’en restera qu’une « souche, une semence sainte »; cette souche est le « petit reste » dont j’ai parlé, et que Dieu épargne pour poursuivre son plan messianique.

À plus d’une reprise Isaïe prédit l’exil: « Mon peuple sera déporté faute d’intelligence » (Isaïe 5,13), mais un reste subsistera pour continuer la mission: « Ceux qui resteront de Sion et survivront de Jérusalem seront appelés saints » (Isaïe 4,3). Ce thème du « petit reste » fut d’abord révélé par le prophète Amos qui eut une grande influence spirituelle sur Isaïe (Amos 3,11-12 / 5,15). Amos précéda Isaïe de peu. Il était âgé et prophétisait déjà depuis presque 40 ans quand Isaïe commença sa mission.

À part la déportation, les prophéties les plus importantes d’Isaïe concernent le Messie. Je te signale les plus importantes:

« Emmanuel » (Isaïe 7,14)

Isaïe déclare au roi Achaz qui voulait un fils: « Le Seigneur Lui-même va vous donner un signe: la vierge (« almah » en hébreux) est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel ». Ce nom signifie: « Dieu avec nous ». C’est un « signe » que Dieu donnera de sa part (Isaïe 7,14).

Pour comprendre cette prophétie, il faut connaître le contexte historique dans lequel elle fut proclamée. Retourne au chapitre 16 de 2 Rois. Il y est question du roi Achaz auquel s’adresse Isaïe. En ce temps, Peqah (dit « fils de Rémalyahu » dans Isaïe 7,9) était roi d’Israël et Raçon était roi de la Syrie (Aram: Isaïe 7,1). Le roi d’Assyrie (Teglat Phalassar, appelé « Pul »: 2 Rois 15,19) menaçait toute la région. Raçon et Péqah voulurent entraîner Achaz avec eux contre Pul, mais il refusa. Il offrit son fils unique, l’héritier du trône, en sacrifice aux idoles (2 Rois 16,3) pour conjurer le sort. Il n’avait donc plus d’héritier et la succession dynastique était menacée.

Raçon et Péqah décidèrent d’envahir la Judée pour détrôner Achaz et placer sur le trône de la Judée un roi (« le fils de Tabéel » voir Isaïe 7,6) qui s’allierait à eux contre Pul (Isaïe 7,1-2). Achaz eut peur: « Le coeur du roi et du peuple se mirent à palpiter… » (Isaïe 7,2). Mais Dieu envoya Isaïe vers Achaz pour le tranquilliser en lui assurant que les « deux bouts de tisons fumant » (Isaïe 7,4), Raçon et Peqah, ne réussiront pas dans leur entreprise contre la Judée car « la capitale d’Aram est Damas, le chef de Damas est Raçon; la capitale d’Ephraïm (du Nord) est Samarie et le chef de Samarie est le fils de Rémalyahu (Péqah) » (Isaïe 7,8-9), ce qui sous-entend que la capitale de la Judée est Jérusalem et le chef de Jérusalem est Achaz. Dieu saisit encore l’occasion pour révéler l’écrasement très proche de la Samarie: « Encore six ou (même) cinq ans et Ephraïm cessera d’être un peuple » (Isaïe 7,8) C’est l’annonce de l’invasion assyrienne du Nord (la Samarie).

Achaz est accablé par les événements et la perte de son fils unique qu’il avait lui-même sacrifié. Mais les prophéties avaient prédit que le « Fils de David », le Messie attendu, s’installera sur le trône de David à jamais. Isaïe confirma cela, lui aussi: « Un rejeton (le Messie) sort de la souche de Jessé (le père de David)… Sur lui repose l’Esprit de Yahvé… » (Isaïe 11,1-2). Il n’y a donc rien à craindre pour le trône car le « Seigneur lui-même va donner un signe: voici que la « almah » est enceinte et va enfanter un fils: Emmanuel » (Isaïe 7,14). La grossesse de la jeune reine fut un signe divin donné à Achaz pour deux raisons:
– Achaz ne savait pas que sa femme était enceinte
– Il ne savait pas que l’enfant était un garçon. Ce fils n’est pas donné par Dieu pour faire plaisir à Achaz qui s’est montré plus impie que les autres rois, mais pour accomplir les desseins messianiques de Dieu.

Le roi Ezéchias succéda à son père Achaz. Il fut réformateur et fit ce « qui est agréable à Yahvé » en supprimant les idoles et même le serpent d’airain de Moïse (2 Rois 18,1-4). Mais il ne fut pas cet « Emmanuel » qui devait réunir Juda et Israël, faire retourner les exilés juifs d’Assyrie pour « piller les fils de l’Orient… » et établir, en somme, l’illusoire empire sioniste en pillant… (Isaïe 11,10-16).

Ce n’est que huit siècles plus tard que la prophétie de l’Emmanuel fut accomplie. C’est alors qu’elle fut comprise par ceux qui ont des yeux pour voir et une intelligence capable de comprendre les desseins de Dieu. Matthieu révèle que c’est avec Jésus que s’est accomplie cette prophétie:
« Tout ceci advint pour accomplir cet oracle prophétique du Seigneur: ‘Voici que la Vierge (Almah) concevra et enfantera un fils qu’on nommera Emmanuel' » (Matthieu 1,22-23).

Dieu voulut que son Messie naisse de la Vierge Marie, la « Almah » par excellence dont parlait Isaïe. Ainsi, ce n’est qu’avec son accomplissement qu’une prophétie, en général, se comprend. Il faut donc être éveillé et attentif, souple et disposé à comprendre les intentions de Dieu, sans insister sur nos points de vues -comme firent les Juifs qui refusèrent Jésus- mais sur ceux de Dieu.

Il faut retenir du nom « Emmanuel » qu’il est symbolique puisqu’il signifie « Dieu avec nous » comme l’explique Matthieu. Le Messie ne devait donc pas être nécessairement appelé ainsi, comme l’on compris de nombreux Juifs, mais qu’il est « Dieu avec nous », Dieu vivant parmi nous corporellement, sur terre. Ce fait se confirme par d’autres noms symboliques qu’Isaïe donne au Messie: « On lui donne ce nom: Conseiller Merveilleux, Dieu-Fort, Père-Éternel, Prince-de-la-Paix » (Isaïe 9,5). Ces noms révèlent l’identité divine du Messie. En effet Dieu dit par Ézéchiel: « J’aurai soin Moi-même de mon troupeau… » (Ézéchiel 34,11).

Isaïe ressentit inconsciemment la nécessité de l’incarnation divine; s’adressant à Dieu, il s’exclama: « Ah! si Tu déchirais les cieux et si Tu descendais! » (Isaïe 63,19).

Le Messie est Galiléen

Isaïe voit « une grande lumière resplendir des pays de Zabulon et de Nephtali », tribus du nord de la Palestine en Galilée, là où vécut Jésus (Isaïe 8,23-9,6). Étant limitrophes du Liban, qui à cette époque était païen, les habitants de cette région étaient méprisés par les Juifs qui les considéraient souillés par leurs voisins païens: « De Nazareth (en Galilée) peut-il sortir quelque chose de bon? » dit Nathanaël à Philippe (Jean 1,45-46). Et les Pharisiens, voyant Nicodème prendre la défense de Jésus lui dirent: « Étudie! Tu verras que de la Galilée il ne surgit pas de prophète » (Jean 7,52).

Si les Pharisiens avaient eux-mêmes bien étudié les prophéties, ils auraient compris que, contrairement à ce qu’ils pensaient, le Messie, le plus important des prophètes, devait surgir justement de la Galilée. Isaïe dit en effet:

« Dans le passé, Il (Dieu) a humilié le pays de Zabulon et le pays de Nephtali (la Galilée), mais dans l’avenir il glorifiera la route de la mer au delà du Jourdain, le district des nations (des Païens). Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays (Galilée) une lumière (le Messie) a resplendi… Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné (Emmanuel, le Fils de la Almah-Vierge), il a reçu l’empire sur ses épaules. On lui donne ce nom: ‘Conseiller-Merveilleux, Dieu-Fort, Père-Éternel, Prince-de-la-Paix’… » (Isaïe 8,23-9,5).

Matthieu se réfère dans son évangile à cette prophétie d’Isaïe (Matthieu 4,12-16)

Humiliée par l’envahisseur assyrien, la Galilée fut ensuite glorifiée par Jésus qui vécut et travailla à Nazareth (Zabulon) et prêcha à Capharnaüm (Nephtali).

Le Messie sera persécuté et mis à mort par les Juifs.

Isaïe avait prédit que le Messie sera rejeté par son peuple, qu’il sera soumis à d’atroces souffrances et livré à la mort. Mais il a aussi prévu sa résurrection car « après les épreuves de son âme il verra la lumière et sera comblé. Par ses souffrances mon Serviteur (Le Messie est le « Serviteur » de Dieu) justifiera des multitudes en s’accablant Lui-même de leurs fautes » (Isaïe 53,11). La lumière que verra ce serviteur fidèle est celle de la résurrection après la mort.
Je rapporte les principaux versets du chapitre 53 d’Isaïe qui parle de ce bon Serviteur en les expliquant en italique entre parenthèse:

« Qui croirait ce que nous entendons dire (Isaïe 53,1: qui aurait cru que le Messie tant attendu sera un anti-sioniste pauvre et rejeté)…Sans beauté ni éclat nous l’avons vu et sans aimable apparence (Isaïe 53,2: Il vient d’une société pauvre et modeste, ni habits pompeux ni gloire humaine)… Objet de mépris et rebut de l’humanité homme de douleurs et connu de la souffrance… Il était méprisé et déconsidéré (par les Juifs eux-mêmes, son peuple!). Or c’étaient nos souffrances qu’il supportait… Et nous autres (Juifs) nous l’estimons châtié frappé, par Dieu et humilié. Il a été transpercé à cause de nos péchés (la crucifixion)… Il a été retranché de la terre des vivants pour nos péchés, il a été frappé à mort… S’il offre sa vie en expiation il verra une postérité… Après les épreuves de son âme il verra la lumière (la Résurrection) ».

Lis déjà ce chapitre. On n’en a pas écrit de plus beau et de plus vrai même après la venue de Jésus qui a accompli toutes ces prophéties. Quand il marchait avec les disciples d’Emmaüs (Luc 24,25-27) Jésus leur dit: « Ne fallait-il pas que le Christ endurât toutes ces souffrances? Il leur expliqua tout ce qui le concernait dans les Écritures ». Le chapitre 53 d’Isaïe (ainsi que le psaume 22) faisait partie de ses explications. On se demande comment certains Juifs ne comprennent toujours pas! La réponse est qu’ils sont aveuglés par la mentalité sioniste: avidité de pouvoir et de possession.

La « Consolation » d’Israël

Les 26 derniers chapitres d’Isaïe sont destinés à consoler les Juifs en leur annonçant un salut. Ce salut fut mal compris étant interprété comme le retour en Palestine et la restauration « nationale juive ». Mais Dieu parlait du salut spirituel apporté par Jésus pour tous les hommes mais rejeté par beaucoup de Juifs. Ces chapitres sont connus comme « Le livre de la consolation » car ils débutent ainsi: « Consolez, consolez mon peuple… Criez-lui que son service est fini, que son péché est expié (par l’envoi futur du Messie)… Une voix crie: Préparez dans le désert une route pour Yahvé… etc. » (Isaïe 40,1-4). Ces versets furent appliqués par l’Évangile à Jean-Baptiste qui vint pour préparer la voie au Messie dans le désert des âmes endormies (Matthieu 3,3).

Certains pensent que ces chapitres de la consolation ne furent pas écrits par Isaïe lui-même mais par ses disciples après le retour d’exil.

L’on ignore la fin d’Isaïe. D’après une tradition juive, il aurait été mis à mort, scié en deux, sous le roi Manassé qui « fit ce qui déplaît à Yahvé… et répandit aussi le sang innocent en si grande quantité qu’il inonda Jérusalem… » (2 Rois 21,16).


Chronologie d’Isaïe

Jérémie – Les Lamentations – Baruch

Jérémie

Jérémie est d’une famille sacerdotale installée aux environs de Jérusalem, à Anatot (Jérémie 1,1). Il prophétisa à Jérusalem depuis la 13e année de Josias (626 av. J.-C.) « jusqu’à la 11e année de Sédécias » (Jérémie 1,3), qui est l’année de la déportation (2 Rois 25,2). Il a donc vécu personnellement le drame de la déportation dès sa préparation et l’avait prédite.

La chute de Ninive (612 av. J.-C.) et les réformes de Josias donnèrent quelque espoir de salut, mais le désespoir surprit les Israélites avec la défaite dramatique de Megiddo (609 av. J.-C.) et le surgissement des menaces babyloniennes.

Jérémie était fils du grand prêtre Hilqiyyahu (Jérémie 1,1). Il fut appelé par Dieu alors qu’il n’était qu’un tout jeune homme: « Les paroles de Yahvé me furent adressées en ces termes: ‘Avant de te former au ventre maternel, Je t’ai connu… comme prophète des nations Je t’ai établi’. Et je dis: ‘Ah! Seigneur Yahvé, je ne sais pas porter la parole: je suis un enfant!' » (Jérémie 1,5-6). Mais, malgré son adolescence, Dieu insista: « Ne dis pas: je suis un enfant… car Je suis avec toi pour te protéger… Je mets en ta bouche mes paroles… Je t’établis sur les nations et sur les royaumes, pour arracher et renverser, pour exterminer et démolir, pour bâtir et planter » (Jérémie 1,6-10). Avant de bâtir, Dieu doit détruire ce que les hommes ont édifié sans son aveu.

Note que Jérémie est choisi comme prophète « des nations », non seulement des Israélites; il est donc universel: « sur les nations et les royaumes ». Il doit « exterminer et démolir » pour ensuite « bâtir et planter ». Sa mission est semblable au prophète de l’Apocalypse qui doit « prophétiser contre une foule de peuples, de nations, de langues et de rois » (Apocalypse 10,11).

Jérémie a la difficile mission d’annoncer l’invasion babylonienne par le Nord, la destruction du Temple de Salomon et la déportation suivie du retour après 70 ans d’exil: « C’est au Nord que bouillonne le malheur contre tous les habitants de ce pays… (Jérémie 1,14)… J’amènerai sur vous une nation invincible… Elle dévorera tes fils et tes filles… elle démolira tes villes fortes » (Jérémie 5,13-17). Car ainsi parle Yahvé: « c’est seulement après 70 ans accordés à Babylone que je vous ramènerai » (Jérémie 29,4-10).

Par contre, les faux prophètes contredisaient Jérémie: « Aucun malheur ne nous surviendra, nous ne verrons ni épée ni famine… » (Jérémie 5,12). Ceci donnait au peuple de faux espoirs et les gens préféraient écouter les prêtres et les soi-disant prophètes qui prophétisaient la paix et la sécurité plutôt que Jérémie qui prophétisait la vérité amère. Dieu intervenait toujours pour demander à Jérémie de proclamer: « Des choses abominables se passent dans ce pays: les prophètes prophétisent au nom du mensonge, les prêtres enseignent de leur propre chef. Et mon peuple aime cela! Mais que ferez-vous quand viendra la fin?! » (Jérémie 5,30-31).

Dieu réprimandait sans cesse les chefs laïcs et religieux, et Jérémie transmettait toujours le message avec courage: « Les prêtres n’ont pas dit: ‘Où est Dieu?’ Les interprètes de la Torah ne M’ont pas connu (ils ont mal interprété les paroles de Dieu, les comprenant selon l’esprit politique, esprit condamné par Dieu). Les pasteurs (rois) se sont révoltés contre Moi (faisant « ce qui déplaît à Yahvé »), les prophètes (qui prétendent être des prophètes) ont prophétisé au nom de Baal » (Jérémie 2,8).

Jérémie dénonce encore les mauvais interprètes juifs, scribes et prêtres, car ils font dire à Dieu dans la Torah ce qu’Il ne veut pas dire. C’est pourquoi il qualifie la plume des scribes de « calame mensonger » qui a changé la Torah en mensonge au service de leurs intérêts (Jérémie 8,8), prescrivant des sacrifices d’animaux et un culte que Dieu n’a jamais demandé: « Je n’ai rien dit ni prescrit à vos pères, quand Je les fis sortir du pays d’Égypte, concernant l’holocauste et le sacrifice. Mais voici la prescription que Je leur ai faite: Écoutez ma Voix… (Jérémie 7,22-23)… Comment pouvez-vous dire: ‘Nous sommes sages et nous avons la Torah, la Loi de Yahvé!’ Vraiment, c’est en mensonge que l’a changée la plume mensongère des scribes!… » (Jérémie 8,8).

À noter que Jérémie étant de famille sacerdotale et fils du grand prêtre Hilqiyyahu, était bien placé pour savoir que les scribes avaient manipulé le texte de la Torah dans leur intérêt « avec leur plume mensongère » (Jérémie 8,8). Car c’est ce même Hilqiyyahu, son père, qui avait trouvé le texte de la Torah au Temple (2 Rois 22,8). Il a dû en parler à son fils, Jérémie, qui apprit ainsi que les scribes et les prêtres avaient modifié les textes à leur convenance. Jésus ne manqua pas de dénoncer, Lui aussi, « les scribes et les Pharisiens hypocrites » (Matthieu 23).

Comme Jésus avec le second Temple, Jérémie prophétisa la destruction du premier Temple: « Est-ce une caverne de voleurs ce Temple qui porte mon Nom… Je vais traiter ce Temple comme j’ai traité Silo » (Jérémie 7,11-14), (Silo est la cité où il y avait le premier sanctuaire qui fut détruit par les Philistins, les Palestiniens de l’époque: 1 Samuel 4,17-18).

Les Israélites ne voulurent pas croire Jérémie même après l’invasion de Nabuchodonosor et la déportation. En effet, celui-ci avait prédit que l’exil serait long: 70 ans (Jérémie 25,11). Le prophète Hananya le contredit: « Ainsi parle Yahvé: J’ai brisé le joug du roi de Babylone! Encore deux ans et je ferai revenir les ustensiles du Temple avec tous les captifs de Juda qui sont allés à Babylone… » (Jérémie 28,1-4). Alors Jérémie envoya aux exilés une lettre leur recommandant de s’organiser en Babylone, de « bâtir des maisons et de s’y installer… de prendre femme et procréer…de rechercher le bien du pays où ils sont déportés, de prier Dieu en sa faveur. Car ainsi parle Yahvé: ‘C’est seulement après 70 ans accordés à Babylone que Je vous ramènerai » (Jérémie 29,4-10). Ce fut aberrant pour beaucoup de Juifs de « prier en faveur » des Babyloniens, leurs ennemis. Ils virent en Jérémie un traître et le persécutèrent. Compare avec Jésus qui demandait aux Juifs « d’aimer et de prier pour leurs ennemis » (Luc 6,27).

On reconnaît le vrai prophète du faux quand s’accomplissent les prophéties. Jérémie, comme tous les vrais prophètes, savait que Dieu lui parlait et l’avait envoyé. Les faux prophètes sont coupables car ils usent faussement du Nom de Dieu. C’est pourquoi Jérémie mit en garde contre ces menteurs qui prétendent parler de la part de Dieu: « Ne vous laissez pas égarer par les prophètes… n’écoutez pas leurs songes, fruits de leurs rêveries… Je ne les ai pas envoyés, dit Yahvé » (Jérémie 29,8-9).

Cette ferme attitude de Jérémie causa sa persécution: il reçut de Pashéshur, chef de la police du Temple, « la bastonnade et fut mis au carcan » (Jérémie 20,1-2).

L’animosité croissante faillit démoraliser le prophète: « J’entendais les méchancetés de plusieurs… Tous ceux qui étaient mes amis guettaient ma chute… Maudit soit le jour où je suis né!… » (Jérémie 20,10-15). Dieu lui révéla que sa famille même s’était rangée contre lui: « Oui, même tes frères et ta famille sont faux avec toi. Eux-mêmes te critiquent à pleine voix par derrière. Ne te fie pas à eux quand ils te disent de bonnes paroles! » (Jérémie 12,6).

La mission de Jérémie pesait lourd sur ses épaules: « Malheur à moi, ma mère, car tu m’as enfanté homme de querelle et de discorde pour tout le pays » (Jérémie 15,10). Découragé, il faillit abandonner sa lourde charge: « La parole de Yahvé a été pour moi opprobre et raillerie continuellement. Je me disais: je ne penserai plus à Lui, je ne parlerai plus en son Nom » (Jérémie 20,8-9). Et Jérémie garda le silence. Mais Dieu ne lâche pas ses prophètes, il les brûle au plus profond d’eux-mêmes par son amour insistant et obtient d’eux le témoignage qu’Il veut. Jérémie avoue que son silence était comme un feu qui lui brûlait les entrailles: « …alors c’était en mon coeur comme un feu dévorant… Je ne pouvais le supporter » (Jérémie 20,9). Le prophète finit par céder à l’amour de Dieu, amour puissant et enivrant et, reprenant sa mission par amour de Dieu dit: « Tu m’as séduit, Yahvé, et je me suis laissé séduire, Tu m’as maîtrisé: Tu as été le plus fort » (Jérémie 20,7). Cette belle attitude d’amour profond contraste avec celle de Jacob, « Israël », qui, lui, prétend vaincre Dieu!… (Genèse 32,25-33). La grandeur de l’homme, sa plus grande victoire, est de se laisser vaincre par Dieu.

La souffrance intérieure et intense purifia l’âme de Jérémie. « Séduit » par Dieu, il assuma sa mission jusqu’au bout. Heureusement pour nous, car il prophétisa la « Nouvelle Alliance » que devait fonder Jésus: « Voici venir des jours -oracle de Yahvé- où Je conclurai avec Israël et Juda une alliance nouvelle. Non pas comme l’alliance que J’ai conclue avec leurs pères… Cette alliance c’est eux qui l’ont rompue. Mais voici l’alliance que je conclurai: Je mettrai ma loi au fond de leur être et l’écrirai sur leur coeur… » (Jérémie 31,31-34). Lis ce texte et médite-le bien, le comparant aux paroles de Jésus: « Le royaume de Dieu est en vous » (Luc 17,21). C’est au prix de son sacrifice que Jésus fonda cette Alliance nouvelle: « Cette coupe », avait-il dit à ses Apôtres, « est la Nouvelle Alliance en mon sang, qui va être versé pour vous ». (Luc 22,20).

Note bien que Jérémie, parlant de cette nouvelle Alliance, ne mentionne pas de « terre promise », mais de vie intérieure, Dieu inscrivant ses paroles dans les coeurs des croyants et l’on « n’aura plus à s’instruire mutuellement, se disant l’un à l’autre: ‘Connaissez Dieu!’ Mais ils me connaîtront tous, des plus petits jusqu’aux plus grands… » (Jérémie 31,34). Ceci signifie que les croyants n’auront plus à insister auprès de ceux qui ne croient pas pour répandre la connaissance de Dieu, cette connaissance étant déjà répandue de part le monde, comme c’est le cas aujourd’hui. Celui qui en a soif la trouvera, celui qui ne la désire pas la négligera: « Que l’homme souillé se souille encore et que l’homme de bien se sanctifie encore » dit l’Apocalypse (Apocalypse 22,11). Chacun est libre de choisir sa voie entre les plaisirs temporels passagers et les joies permanentes de l’Éternité.

Dieu demanda à Jérémie d’écrire ses prophéties et de les envoyer au roi Joiaqim. Alors « Jérémie appela Baruch qui, sous sa dictée, écrivit sur un rouleau toutes les paroles que Yahvé avait adressées au prophète » (Jérémie 36,1-4). Le roi demeura incrédule et brûla le rouleau (Jérémie 36,23). Jérémie dut dicter ses prophéties une seconde fois à Baruch en y ajoutant « beaucoup de paroles du même genre » (Jérémie 36,32). C’est de ce Baruch que nous parlerons plus loin.

Jérémie avait conseillé aux Juifs de ne pas résister aux troupes de Nabuchodonosor, mais de se rendre ou de quitter Jérusalem: « Qui restera dans cette ville mourra par l’épée, par la famine et la peste, mais qui sortira et se rendra aux Chaldéens (Babyloniens) vos assaillants, vivra et sa vie sauve sera son butin » (Jérémie 21,8-9). Certains haut placés lui en voulurent d’avoir ainsi parlé (Jérémie 38,1-3) et voulurent le tuer. Ils insistèrent auprès du roi Sédécias: « Cet individu mérite la mort: en vérité il décourage les combattants qui sont restés dans cette ville, et tout le peuple, en leur tenant de tels propos. Le roi Sédécias répondit: « Voici il est entre vos mains… ». Ils se saisirent donc de Jérémie et le jetèrent dans la citerne… et Jérémie s’enfonça dans la vase » (Jérémie 38,4-6). Lis ce chapitre 38 et celui qui le suit pour savoir comment le roi fit sauver le prophète d’une mort horrible et certaine, et comment Nabuchodonosor le sortit ensuite de prison, le traitant mieux que ne l’avaient fait les Juifs soi-disant pieux.

La situation dramatique vécue par les Israélites suscite l’espoir du salut messianique. Jérémie proclame la délivrance par la venue du Messie dans l’avenir. Mais ce Messie est encore conçu comme un roi politique qui va « restaurer » la nation (Jérémie 30,18). Or la restauration selon Dieu est spirituelle; elle fut entamée par Jésus pour être achevée, à la fin des temps, avec la chute définitive de l’actuel État d’Israël (Actes 3,21). Tu trouveras dans Jérémie 23,5-6 et Jérémie 30,8-9 deux prophéties messianiques.

Jérémie fut emmené de force en Égypte par un groupe d’Israélites qui fuyait le pays malgré les injonctions pressantes de Dieu, par Jérémie, leur prescrivant de demeurer à Jérusalem.

Nous ne savons rien de Jérémie après cela. Il est probable qu’il ait terminé ses jours en Égypte. Lis les chapitres 42 et 43 qui parlent de cet événement, prophétisant l’invasion babylonienne contre l’Égypte, puis entreprend la lecture suivie du livre de Jérémie.

À noter que Jérémie était de famille sacerdotale. Son père « Hilqiyyahu », était le grand prêtre qui trouva le « Livre de la Loi » (Torah) dans le Temple. C’est sur la base de ce livre que le roi Josias entreprit les réformes religieuses. Les scribes et les prêtres ajoutèrent au texte de ce livre des clauses qui leur convenaient. Jérémie, étant le fils du grand prêtre, en eut connaissance et révéla cette infamie dans Jérémie 7,22 et 8,8. À nous d’en tirer la leçon!

Le livre des Lamentations

Ces lamentations, ou « Jérémiades », furent composées après la ruine de Jérusalem et l’incendie du Temple. Jérémie a peut-être composé certains versets, mais il y a probablement plus d’un auteur. Tous pleurent et font des vers funèbres pour exprimer leur deuil après la défaite de Jérusalem. Lis-le dans cet esprit: « Quoi! Elle est assise à l’écart, la Ville si populeuse! Elle est devenue comme une veuve, la grande entre les nations! Princesse parmi les provinces, elle est réduite à la corvée » (Lamentations 1,1). Voir 2 Chroniques 35,25 à propos de la lamentation composée par Jérémie après la mort du roi Josias à Megiddo.


Le prophète Jérémie

Annexe à l’étude de Jérémie

Les 5 rois du temps de Jérémie (Jérémie 1,2)
(2 Rois 22 à 26 et 2 Chroniques 34 à 36)

1. Josias 640-609 (Grandes réformes religieuses + Livre de la Loi retrouvé)
En 609, Néko monta au secours des Assyriens contre les Babyloniens; Josias tenta d’empêcher la jonction entre les Egyptiens et les Assyriens. Il désirait la ruine définitive de l’Assyrie qui occupait encore une partie du nord d’Israël. Sa défaite avantageait donc le royaume de Juda. Mais Néko fit périr Josias à Megiddo en 609 av. J.-C., puis poursuivit sa route vers Karkémish où il fut vaincu à son tour par Nabuchodonosor en 605 av. J.-C. (2 Rois 23,29 et 2 Chroniques 35,20-25). Cela mit fin à l’empire Assyrien.

2. Joachaz 609
Il resta trois mois sur le trône après la mort de Josias. Suite à la défaillance de l’Assyrie à Karkémish, Néko, retournant vers l’Égypte, s’empara de la Syrie et de la Palestine. Il détrôna Joachaz et l’emmena avec lui comme prisonnier en Égypte. Il établit son frère Joiaqim comme roi à sa place, imposant un tribut à la Judée (2 Rois 23,31-35 et 2 Chroniques 36,1-4). Jérémie se réfère avec amertume au départ de Joachaz en Égypte: « Ne pleurez pas celui qui est mort (Josias); Pleurez amèrement celui (Joachaz) qui est parti (en Égypte) car il ne reviendra plus, il ne verra plus le pays natal…mais à l’endroit où on l’emmena prisonnier, il mourra… » (Jérémie 22,10-12).

3. Joiaquim 609-598
Joiaquim, en sa quatrième année de règne (605 av. J.-C.), donc 4 ans après Meggido, constatant la force de Nabuchodonosor, se soumit à lui (Jérémie 36,1 voir la note dans la Bible de Jérusalem). Il se sentit en sécurité, à l’abri des foudres du Pharaon. Joiaqim, heureux de se sentir en sécurité, voulut tuer Jérémie après l’avoir entendu prédire le malheur contre son pays. Il déchira le rouleau que Jérémie fit écrire à Baruch. Il donna l’ordre de les arrêter tous les deux. Mais Jérémie fut protégé par Ahiqam fils de Saphân (Jérémie 26 et 36). Saphân était proche de la cour royale, sous Josias, et avait aidé le roi dans les réformes (2 Rois 22,3-12). Comme Jérémie était d’une famille sacerdotale, Saphân le connaissait bien, d’où son aide au prophète (Jérémie 26,24). Saphân est aussi le grand-père de Godolias, fils de Ahiqam (2 Rois 25,22), qui aida, lui aussi, à son tour, Jérémie (Jérémie 40,5-6). (Saphân père de Ahiqam père de Godolias, tous amis et protecteurs de Jérémie).

4. Joiakin 598
Première déportation: le roi ainsi que toute sa cour royale et tous les gens de bonne condition (2 Rois 24,15). Nabuchodonosor établit comme roi à sa place, Sédécias, son oncle (2 Rois 24,17 et 2 Chroniques 36,9-10).

5. Sédécias 598-586
Sédécias se révolta contre Nabuchodonosor (2 Rois 24,20). Celui-ci investit donc Jérusalem (2 Rois 25,2). Voulant s’enfuir, Nabuchodonosor le fit arrêter, déporter et juger. Les Babyloniens entrèrent à Jérusalem, détruisirent le Temple et déportèrent le reste des Judéens, laissant les paysans pour cultiver la terre. Ils établirent Godolias comme gouverneur (2 Rois 25 et 2 Chroniques 36,11-21).

Baruch

Le livre de Baruch est absent de la Bible hébraïque. Il fut écrit par Baruch à Babylone après la déportation: « Voici les paroles qu’écrivit à Babylone Baruch » (Baruch 1,1). On en faisait la lecture dans les assemblées déportées « devant Jékonias roi de Juda (exilé) et devant tout le peuple venu pour cette lecture devant les dignitaires… devant tous ceux qui habitent Babylone » (Baruch 1,3-4).
On constate dans ce livre la grande impression que fit le message de Jérémie, impression qui dura très longtemps dans la conscience juive (2 Maccabées 2,1-7 & 15,14 / Matthieu 16,14). Baruch lui-même n’a d’intérêt que parce qu’il répète et rappelle les paroles brûlantes de son professeur, paroles rejetées par les Juifs: « Tu as envoyé sur nous ta colère et ta fureur, comme Tu l’avais proclamé par le ministère de tes serviteurs les prophètes en ces termes: ‘Inclinez votre nuque et servez le roi de Babylone’…Mais nous n’avons pas écouté ton invitation à servir le roi de Babylone » (Baruch 2,20-24).

Baruch rappelle la nouvelle alliance prédite par Jérémie pour encourager les exilés: « Mais dans le pays de leur exil, ils rentreront en eux-mêmes et connaîtront que je suis le Seigneur leur Dieu… Alors je les ramènerai au pays que j’ai promis par serment à leur père Abraham…Pour eux, j’établirai une alliance éternelle… et je ne repousserai plus mon peuple Israël du pays que je leur ai donné » (Baruch 2,30-35). Ce « pays » est la Vie Éternelle, céleste et non pas géographique.

L’alliance éternelle en question est celle déjà proclamée par Jérémie (Jérémie 31,31) et accomplie par Jésus. Remarque que Baruch avait déjà saisi la dimension intérieure, spirituelle, de cette alliance: « Ils rentreront en eux-mêmes ». Mais il croyait encore à la terre promise comme une réalité géographique, « le pays promis à Abraham… », et prédit le retour à ce pays (Palestine) prophétisant que Dieu « ne repoussera plus son peuple du pays qu’il leur a donné » (Baruch 2,35). Or, les Juifs furent de nouveau exilés par Titus en 70 apr.J-C et furent éparpillés dans le monde entier. Il est clair donc que l’intention de Dieu visait une stabilité psychologique et spirituelle, non géographique, qui se déroule dans l’âme des croyants, « en eux-mêmes ».

Les Juifs sont considérés par Baruch comme « les fils chéris de la veuve » (Baruch 4,16) parce qu’Israël, châtié par Dieu, est comparé à une veuve triste et abandonnée. Ce thème de « la veuve » est souvent évoqué dans les assemblées ésotériques (Franc-maçonnerie, Rose-Croix) et se réfère à Israël.

Retiens l’expression « revêtir le sac » (Baruch 4,20) qui signifie être en deuil à cause de situations dramatiques. Tu la rencontreras dans l’Apocalypse à propos des deux témoins de Dieu persécutés par les hommes de la Bête (Apocalypse 11,3).

Baruch termine son livre sur un ton optimiste en rappelant le retour d’exile: « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère… Voici tes enfants du couchant et du levant rassemblés… » (Baruch 5,1-9). Le livre se clôture par la reproduction de la lettre de Jérémie aux exilés.

Ainsi, Baruch est une révision de Jérémie, un témoignage en sa faveur.

Ézéchiel

Le prophète Ézéchiel est un prêtre exilé dès la première déportation des Judéens à Babylone (2 Rois 24,10-17): « La cinquième année d’exil du roi Joiakin (593-592 av. J.-C.), la parole de Yahvé fut adressée au prêtre Ézéchiel au pays des Chaldéens » (Ézéchiel 1,1-3). Le Temple de Salomon n’avait pas encore été détruit lorsque débuta sa mission. Ézéchiel est donc contemporain de Jérémie. En exil, Ézéchiel eut des visions concernant la deuxième déportation ainsi que la destruction du Temple et de Jérusalem survenue quelques années plus tard (en 586 av. J.-C.). Dieu lui demanda de prophétiser contre les Israélites insoumis, d’annoncer contre eux ce châtiment: « Montagnes d’Israël…Voici que Je vais faire venir contre vous l’épée… L’on tombera percé de coups au milieu de vous… » (Ézéchiel 6,1-7), mais tout en gardant un reste pour poursuivre le plan messianique divin: « Mais J’en épargnerai d’entre vous, qui échapperont à l’épée… alors vos survivants se souviendront de Moi » (Ézéchiel 6,8-10).

Les prophéties et les visions les plus importantes d’Ézéchiel sont:
(Lis-les, au fur et à mesure, après mes explications).

La fin d’Israël

Remarque qu’Ézéchiel prophétise « la fin » d’Israël: « Ainsi parle le Seigneur Yahvé au pays d’Israël: Fini! la fin vient sur les quatre coins du pays… La fin approche, la fin approche de toi… Je n’aurai pas un regard de pitié… » dit le Seigneur (Ézéchiel 7,1-9).

Avec Nabuchodonosor, en 586 av. J.-C., ce fut la première fin d’Israël. Jésus aussi avait parlé de la « fin » d’Israël (Matthieu 24,3-14). Ceci eut lieu en 70 ap. J.-C., quand Titus brûla le second Temple. La plupart des Israéliens s’échappèrent en diaspora. Ce fut la deuxième fin d’Israël. Dans les temps apocalyptiques que nous vivons, Israël connaîtra une troisième et ultime fin (Matthieu 24,14). Cette « Bête » du chapitre 13 de l’Apocalypse, « on ne la verra jamais plus » (Apocalypse 18,21).

C’est de cette troisième et dernière fin d’Israël que Jésus parle encore dans les Évangiles:
« Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier… Et alors viendra la fin » (Matthieu 24,14).

L’Évangile est déjà proclamé dans le monde entier. La fin des fins d’Israël est toute proche.

Vision des 4 Vivants (Ézéchiel 1,4-28)

« Je vis un vent de tempête… Au centre quelque chose comme 4 Vivants (Ézéchiel 1,5). Ils avaient 4 faces chacun et chacun 4 ailes… Des mains humaines apparaissaient sous leurs ailes (Ézéchiel 1,8)… Ils avaient une face d’homme… de lion… de taureau… et d’aigle… Sur la voûte qui était sur leurs têtes il y avait… un trône sur lequel, tout en haut, était un Être ayant apparence humaine… C’était quelque chose ayant l’aspect de la gloire de Yahvé » (Ézéchiel 1,26-28).

Cette grande vision, comme toutes les prophéties messianiques, fut incomprise en son temps. C’est une prophétie sur les Évangiles qui présentent le Messie, Jésus. Dieu annonce le châtiment babylonien qui s’abat sur Israël du Nord comme un vent de tempête. Car le jugement de Dieu s’abat, à l’improviste, comme une tempête. « Veillez et priez pour ne pas être surpris » comme les vierges folles, recommande Jésus (Matthieu 24,42 / 25,1-13). Dans cette même vision, Dieu révèle son plan de salut en Jésus pour l’humanité entière: les 4 vivants représentent les 4 évangélistes. Leurs ailes sont symbole de leur élévation spirituelle, les mains sous les ailes désignent qu’ils sont écrivains, ayant écrit de leurs mains les 4 Évangiles. La « voûte » est le Ciel, le « Trône » est le Siège de Dieu pour juger les hommes par les Évangiles. Au plus haut du Trône, c’est le Messie, à la fois homme et Dieu, cet être ayant une « apparence humaine », mais ayant aussi « l’aspect de la gloire de Yahvé ».

Nous sommes en mesure de comprendre aujourd’hui que, dans cette vision, le Messie fut annoncé par Dieu comme étant sa propre incarnation humaine, Dieu Lui-même devant être ce Messie qui s’incarnera pour sauver les croyants et juger les incrédules: « Le Verbe s’est fait chair » dit Jean dans son Évangile, « nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient du Père » (Jean 1,1-14). Nous sommes en mesure de comprendre aujourd’hui, après l’incarnation du Messie-Dieu, que cette gloire divine vue par Ézéchiel était en Jésus de Nazareth dans sa plénitude.

Les quatre animaux ont « une forme humaine, et chacun a quatre faces et quatre ailes jointes l’une à l’autre ». La forme humaine indique qu’ils sont des hommes. Leurs faces sont tournées vers les quatre directions, car leur Message est destiné aux quatre coins de la terre. Leurs ailes sont jointes car ils sont unis entre eux par un même Message, celui du Messie.

« Ils allaient chacun devant soi; ils allaient là où l’Esprit les poussait; ils ne se tournaient pas en marchant » (Ézéchiel 1,12), car ils sont mus par un même esprit, l’Esprit de Dieu qui est droit. Ils livrent leur Message comme « le semeur qui sort pour semer » (Matthieu 13,4), sans regarder en arrière. « Ils ne se retournent pas », insiste Ézéchiel, car « quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu » (Luc 9,62).

« Au milieu de ces animaux apparaissaient comme des charbons ardents, semblables à des torches » (Ézéchiel 1,13). Ces charbons ardents et ces torches sont les coeurs des Apôtres et des croyants qui, comme des charbons ardents, sont embrasés d’amour pour Dieu et son Messie et qui, comme des torches, éclairent, par leur éclat, ce monde enténébré.

« Le feu jetait une lueur, et du feu sortaient des éclairs. Les animaux allaient et venaient, semblables à la foudre » (Ézéchiel 1,13-14). Jésus dit: « Comme l’éclair, en effet, part de l’Orient et brille jusqu’en Occident, ainsi en sera-t-il de l’Avènement du Fils de l’Homme » (Matthieu 24,27).

L’Évangile ainsi que le Message de l’Apocalypse sont répandus sur la terre entière, via Internet. Il se répand en un clin d’oeil, comme l’éclair qui part de l’Orient jusqu’à l’Occident. Et ce, par les Apôtres des Derniers Temps, petits charbons aux coeurs ardents d’amour pour le Messie et sa sainte Mère.

Dans son Apocalypse, Jean voit lui aussi ces 4 Vivants, toujours « au milieu et autour du Trône » (Apocalypse 4,6), car, étant sur le Trône, ils prennent part au Jugement par leurs Évangiles. « Au vainqueur Je lui donnerai de prendre place sur mon Trône, comme Moi-même, après ma victoire, J’ai pris place auprès de mon Père sur son Trône » dit Jésus (Apocalypse 3,21). N’avait-Il pas dit à ses Apôtres: « À vous qui m’avez suivi… Quand le Fils de l’homme siégera sur son Trône de gloire, vous siégerez vous aussi sur 12 trônes pour juger les 12 tribus d’Israël » (Matthieu 19,28)?
Comme Ézéchiel annonce par cette vision le premier Avènement du Messie, ainsi, l’Apocalypse de Jean annonce son second Avènement à la fin des temps, après l’ultime fin de l’État contemporain d’Israël.

Vision du livre mangé (Ézéchiel 3,1-15)

« Mange ce volume… Je le mangeai et il fut doux comme du miel dans ma bouche,… Alors il me dit: ‘Fils d’homme, va vers la maison d’Israël et porte leur mes paroles… Ne les crains pas, car c’est une engeance de rebelles,… qu’ils t’écoutent ou ne t’écoutent pas' ».

Ézéchiel est invité à « manger » le livre de sa prophétie c’est-à-dire à assumer sa mission contre les Israélites: « Ce n’est pas vers un peuple au parler obscur, à la langue barbare que tu es envoyé… Ce n’est pas vers des peuples nombreux, mais c’est vers la maison d’Israël », dit Dieu à son prophète (Ézéchiel 3,5-6). La mission d’Ézéchiel -à son époque- se limitait à la « maison d’Israël », elle était donc spécifique et ne s’étendait pas à « des peuples nombreux ».

Cette image du livre « mangé » est reprise par l’Apocalypse. À la fin des temps, lorsque réapparaît Israël, les prophètes de Dieu sont « de nouveau » invités à « manger un livre » et à témoigner, non seulement de nouveau contre Israël, comme ce fut le cas pour Ézéchiel, mais aussi « contre la foule des peuples, des nations, des langues et des rois » qui le soutiennent dans son injustice: « Vas prendre le petit Livre ouvert… mange-le… Je l’avalai (le livre), dans ma bouche, il avait la douceur du miel… mais il remplit mes entrailles d’amertume. Alors on me dit: ‘Il te faut de nouveau prophétiser contre une foule de peuples, de nations, de langues et de rois' » (Apocalypse 10,8-11). À noter l’amertume de la prophétie apocalyptique, inexistante dans celle d’Ézéchiel, étant plus pénible parce qu’universelle, se heurtant à plus d’obstacles: la prophétie d’Ézéchiel s’adressait aux Juifs seulement pour les informer du premier Avènement du Christ. Or celle de l’Apocalypse, plus dure à porter, s’adresse aux hommes du monde entier pour les prévenir et les préparer au Retour de Jésus lors de son proche second Avènement: « Le voici qui vient… Chacun Le verra, même ceux qui L’ont transpercé (les Juifs), et sur Lui se lamenteront toutes les races de la terre » (Apocalypse 1,7).

La Nouvelle Alliance (Ézéchiel 11,19-20 & 36,25-27)

Ici encore la prophétie de la Nouvelle Alliance insiste sur le coeur et l’esprit, non sur la possession d’une terre géographique: « Je leur donnerai un seul coeur et je mettrai en eux un esprit nouveau ». C’est l’Esprit Saint dont parle Jésus (Luc 11,13), que reçoivent ses vrais sujets (Jean 14,15-26 / 16,7-15).

Veuvage et deuil d’Ézéchiel (Ézéchiel 24,15-27)

Dieu annonce à Ézéchiel la mort de sa femme, celle qui est « la joie de ses yeux » (Ézéchiel 24,16), lui demandant de ne pas en porter le deuil: « Tu ne te lamenteras pas… Gémis en silence, ne prends pas le deuil des morts » (Ézéchiel 24,16-17).

Ce deuil devait être le symbole de la destruction du Temple qui était pour les Israélites « la joie de leurs yeux » (Ézéchiel 24,21). Ce ne sera qu’après la destruction du Temple que commencera la mission d’Ézéchiel, avec l’accomplissement de sa prophétie, il sera mieux écouté. Alors Dieu lui permettra de parler et lui déliera la langue: « Tu ne seras plus muet » (Ézéchiel 24,27), après l’avoir réduit au mutisme à cause de l’impiété des Juifs: « Tu seras muet et tu cesseras de les avertir, car c’est une engeance de rebelles » (Ézéchiel 3,26).

La prophétie apocalyptique a connu, elle aussi, une longue période de silence: « Tiens secrètes les paroles des 7 Tonnerres et ne les écris pas » (Apocalypse 10,4). Cette période -qui a duré 20 siècles- a été suivie du temps de la proclamation franche et ouverte du message: « Ne tiens pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le Temps (du Retour du Christ) est proche » (Apocalypse 22,10). Dans l’Apocalypse, la période de silence était due au fait que les prophéties apocalyptiques n’étaient pas encore accomplies pour être comprises.

La résurrection (Ézéchiel 37,1-28)

Ézéchiel voit en vision des « ossements desséchés » reprendre corps et retourner à la vie: « Voici que J’ouvre vos tombeaux et Je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple, et Je vous reconduirai sur le sol d’Israël » (Ézéchiel 37,12). Cette résurrection est interprétée, par certains, comme le retour à la vie de l’État israélien actuel. C’est faux. Cet État sera détruit pour toujours.

La résurrection en question est celle de l’âme, de son retour à la vie spirituelle dont a parlé Jésus (Jean 5,24-27). Elle est réservée à ses disciples fidèles. C’est ce que l’Apocalypse appelle « la Première Résurrection » (Apocalypse 20,6). Elle diffère de la résurrection finale à la fin des temps, nommée « Deuxième Résurrection », quand le corps ressuscitera, lui aussi, renouvelé (Jean 5, 28-29).

Gog et Magog (Ézéchiel 38-39)

Ces noms symbolisent les Païens de l’époque. Les élus, le « peuple de Dieu », triompheront d’eux. Le livre de l’Apocalypse nous explique que Gog et Magog, au XXe siècle, ne sont autres que les Israéliens « qui ont envahi toute l’étendue de la Palestine » (Apocalypse 20,7-9). L’Apocalypse jette une lumière divine qui nous aide à bien interpréter l’intention de Dieu dans la prophétie d’Ézéchiel.

Vision du Temple reconstruit (Ézéchiel 40-48)

Une quinzaine d’années après la ruine du Temple, « La 25e année de notre captivité » (Ézéchiel 40,1), Ézéchiel eut une vision sur sa reconstruction. Il voit « un homme dont l’aspect ressemblait à celui de l’airain. Il avait dans la main un cordeau de lin et une canne à mesurer (le Temple)… Il mesura l’épaisseur de la construction… etc » (Ézéchiel 40,3-5).

Il s’agit, bien entendu, du Temple spirituel puisque Dieu dit à Ézéchiel: « Aucun étranger, incirconcis de coeur n’entrera dans mon sanctuaire » (les scribes ajoutent volontiers: « et incirconcis de corps ») (Ézéchiel 44,6-9). L’Apocalypse parle aussi de l’édification du Temple spirituel à la fin des temps, Temple mesuré, lui aussi, pour n’admettre que les vrais croyants (Apocalypse 11,1). Ce Temple éternel n’est autre que Dieu et Jésus-Christ (Apocalypse 21,22), « Rien de souillé n’y pourra pénétrer, ni ceux qui commettent le mal » (Apocalypse 21,27). Tel est la vraie dimension du Temple de Dieu que n’ont pu comprendre les Israélites.

Le nouveau Temple d’Ézéchiel est celui décrit dans l’Apocalypse. Il est spirituel. Compare « les eaux de vie » qui sortent du sanctuaire du Temple vu par Ézéchiel (Ézéchiel 47,12), avec le « Fleuve de vie » de l’Apocalypse (Apocalypse 22,1-2). Le Temple vu par Ézéchiel est spirituel, ceci est une simple déduction du fait que ses mesures et sa forme ne correspondent pas au Temple construit par Esdras après le retour d’exil. Aucun fleuve de vie ne sortait du sanctuaire de ce Temple.

Daniel

Daniel fut emmené en exil par Nabuchodonosor probablement lors de la première déportation de Juda (2 Rois 24). Il appartenait à la noblesse juive: « Le roi ordonna de prélever d’entre les gens d’Israël quelques enfants de race royale ou de grandes familles… aptes à se tenir à la cour du roi… Parmi eux se trouvait Daniel… » (Daniel 1,3-6). Le prophète n’était donc qu’un jeune enfant lorsqu’il quitta la Palestine. « Il demeura en exil jusqu’en l’an 1 du roi Cyrus » (Daniel 1,21).

Daniel devint important dans la cour après avoir été le seul à révéler au roi son rêve et son interprétation (comme Joseph avec Pharaon). Lis le chapitre 2 puis reprends ce cours.

La statue vue par Nabuchodonosor représente 4 empires qui se suivent dans l’histoire: Babylonien, Médo-Perse, Grec et Romain. C’est sous le quatrième de ces empires -le Romain- que le Messie fut annoncé, c’est lui cette « pierre qui se détacha, sans que main l’eût touchée, et vint frapper la statue… et se brisèrent, tout à la fois, fer et terre cuite, bronze, argent et or… le vent les emporta sans laisser de trace. Et la pierre devint une grande montagne qui remplit toute la terre » (Daniel 2,34). Les 4 empires sont expliqués par Daniel (Daniel 2,36-43). « Au temps de ces rois, Dieu dressera un royaume (celui du Christ, dont le Royaume n’est pas de ce monde: Jean 18,36) qui, jamais ne sera détruit » (Daniel 2,44). Jésus est venu -au temps de ces rois- sous l’empire Romain. Son Royaume existe toujours et pour toujours dans le coeur de ses fidèles.

L’empire Romain est passé; qu’attendent encore certains Juifs pour comprendre?!


La statue vue par Nabuchodonosor et les 4 empires

À part les visions de Nabuchodonosor, Daniel en eut lui-même pour le prévenir des évolutions historiques concernant les 4 empires. Tu remarqueras que toutes ces visions troublèrent et fatiguèrent le prophète (Daniel 7,28 / Daniel 8,27). Les messages divins sont souvent lourds à porter.

Voici les principales visions de Daniel:

Chapitre 7: Vision des 4 « Bêtes »

Les quatre « Bêtes » représentent les 4 empires païens qui précèdent la venue du Christ. Cette vision est semblable à celle de la statue de Nabuchodonosor (Daniel 2). Sous le quatrième empire viendra le Messie: c’est Lui « l’Ancien (car ses jours remontent aux jours antiques, aux jours d’Éternité: Michée 5,1) qui s’assit sur le Trône » pour juger (Daniel 7,9). Le jugement est signalé par le fait que « les livres étaient ouverts » (Daniel 7,10). L’expression revient dans l’Apocalypse (Apocalypse 10,2 / 20,12). Ces livres ouverts sont ceux de l’Ancien Testament. Ils sont « ouverts » pour démontrer, par les prophéties qui s’y trouvent, que Jésus est vraiment le Messie.

Ainsi, ceux qui ne reconnaissent pas en Jésus le Messie, sont confondus et condamnés par les prophéties qui l’avaient annoncé (voir Luc 24,25-27 / Actes 17,2-11 / Actes 18,28). Isaïe réprimande ceux qui ne comprennent pas les visions prophétiques, disant que celles-ci sont pour eux comme « un livre fermé (ou scellé) » (Isaïe 29,11).

Ces 4 « Bêtes » païennes se retrouvent encore dans l’Apocalypse sous la forme de « 4 chevaux » (Apocalypse 6,1-8). Elles y sont réunies en une seule « Bête » qui les représente toutes (Apocalypse 13). Cette Bête de l’Apocalypse qui apparaît à la fin des temps, diffère de celles vues par Daniel: elle symbolise le néo paganisme qui se manifeste avec force comme une seule nation militairement et universellement puissante, et dont le centre est la Palestine et sa capitale convoitée: Jérusalem (Apocalypse 13 et Apocalypse 20,7-9). Il s’agit d’Israël.

Chapitre 8: Vision du « Bouc de l’Occident »

Vision du « Bouc d’Occident » (Alexandre le Grand: « le roi de Yavân », Grèce, Daniel 8,5 & 21) qui triomphe de l’empire Perse, le « Bélier » (Daniel 8,6 & 20). Après ses multiples victoires, Alexandre mourut à la fleur de l’âge, à 33 ans: « Le Bouc devint très puissant, mais, en pleine force, la grande corne se brisa et, à sa place se dressèrent 4 Magnifiques… ». Ce sont les 4 généraux d’Alexandre qui se partagèrent son empire (Daniel 8,8). Antiochus Epiphane, que tu as connu en lisant les Maccabées (1 Maccabées 1,10-44), succéda à l’un de ces 4 et gouverna la région de la Palestine. Sa politique d’hellénisation provoqua la révolte des Maccabées (en 167 av. J.-C.: 1 Maccabées 2). Il est symbolisé par la « Corne qui grandit beaucoup dans la direction du Sud et de l’Orient et du Pays de Splendeur » (la Palestine). Cette « Corne » souilla le Temple de Jérusalem en y posant « l’iniquité (la statue de Zeus), renversant à terre la vérité » (Daniel 8,11-12).

Remarque que Daniel n’a pas compris la vision (Daniel 8,27). Il faut retenir ce principe prophétique déjà mentionné: une prophétie concernant un événement historique ne se comprend qu’après l’accomplissement de l’événement prédit. Alors « s’ouvrent » les livres prophétiques qui l’avaient prédit. Ces livres demeurent « fermés » (ou scellés) pour ceux qui refusent d’admettre l’accomplissement historique de la prophétie. Ils seront à jamais aveuglés, leurs yeux fermés sur les vérités divines.

Chapitre 9: Fin des 70 ans de déportation

Daniel « scrutait les Écritures » (de Jérémie) et priait Dieu pour « savoir quand devaient se terminer les 70 ans d’exil, tel que révélé par Yahvé au prophète Jérémie » (Daniel 9,2). Dieu saisit l’occasion pour lui révéler plutôt son plan de salut par l’envoi du « Prince-Messie » (Jésus) qui sera supprimé 69 semaines après la reconstruction de Jérusalem » (Daniel 9,25-26). Dieu invite Daniel à ne pas se limiter aux 70 ans de Jérémie, mais à regarder bien plus loin et avoir une vision globale: les 70 ans sont 70 « semaines » d’années, donc 70×7=490 ans, époque approximative de la venue de Jésus.

Ces « 70 semaines d’années » sont divisées en 3 périodes: 62-7-1. « Après 62 semaines, un Messie sera supprimé (il fut, en effet, rejeté et crucifié) et… (le trône politique sioniste de David) ne sera pas à lui » car son règne est spirituel. La ville de Jérusalem et le Temple seront donc de nouveau « détruits par un prince qui viendra » (Daniel 9,26). C’est Titus qui accomplit cette prophétie en détruisant le Temple une seconde fois, en l’an 70 ap. J-C. Une telle prophétie, annonçant une deuxième destruction du Temple, n’était pas de nature à consoler Daniel.

La période de Daniel au « Prince-Messie » est de 62+7=69 semaines d’années (symboliques). La dernière semaine d’années se rapporte à l’époque de l’Avènement du Messie. La dernière demi-semaine, à savoir 3 jours et demi, représente les temps apocalyptiques que nous vivons. Ils sont connus comme la fin des temps, quand on verra « l’abomination de la désolation » à Jérusalem (Daniel 9,27 / Matthieu 24,15). Cette abomination n’est autre que l’Antichrist sioniste à Jérusalem aujourd’hui: l’ennemi du Christ sur la terre sainte avec son cortège de crimes et de destructions. Les « 70 semaines d’années » se termineront « à la fin, au terme assigné pour le désolateur (Israël) » (Daniel 9,27). Ou encore, selon l’expression de Jésus: « Jérusalem demeurera foulée aux pieds par des Païens (les Sionistes qui Le rejettent) jusqu’à ce que soit révolu le temps des païens (l’État d’Israël) » (Luc 21,24).


Daniel 9,20-27

Chapitre 12: Vision de la fin des temps

Cette dernière vision concerne la période apocalyptique qui précède immédiatement la fin des temps. « Ce sera un temps d’angoisse tel qu’il n’y en aura pas eu jusqu’alors depuis que nation existe » (Daniel 12,1)… « et qu’il n’y en aura jamais plus », confirma plus tard Jésus (Matthieu 24,21). Cette période est un signe de la fin des temps, signe donné pour que se préparent les sages au Jugement final, quand « s’éveilleront ceux qui dorment dans la poussière, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre (éternel) » (Daniel 12,2).
Cette vision est semblable aux visions apocalyptiques de Jean. Elle révèle un nombre symbolique de jours (1290 & 1335 jours: Daniel 12,11-12) un nombre complémentaire révélé à Jean (1260: Apocalypse 11,3 & 12,6). Une comparaison entre les deux textes sera indispensable pour comprendre.

Toutefois, ce n’est qu’après l’achèvement des événements apocalyptiques (chute d’Israël et 3e guerre mondiale) que ces chiffres « s’ouvriront » à notre intelligence et deviendra clair leur symbolisme. C’est la raison pour laquelle Daniel « écoutait sans comprendre » (Daniel 12,8). Ces événements dureront « un temps, deux temps et un demi temps », soit trois temps (ou périodes) et demi (Daniel 12,7). Ce sont les « 3 temps et demi » et les « 3 jours et demi » de l’Apocalypse 11,8-11. Ils correspondent à la demi-semaine de Dan 9,27. Nul ne peut comprendre cette prophétie avant « l’achèvement de toutes ces choses, quand sera achevé celui qui écrase la force du peuple saint » (Daniel 12, 7). Il s’agit de la destruction de l’Antichrist israélien qui a séduit et affaibli les croyants. « Va Daniel: ces paroles sont closes et scellées jusqu’au temps de la Fin » (Daniel 12,9). C’est avec l’explication de l’Apocalypse que toutes ces prophéties se clarifient.

La Bible Hébraïque termine le livre de Daniel au 12e chapitre. Les chapitres 13 et 14 ne se trouvent que dans la Bible grecque. Ils révèlent la sagesse de Daniel. Ils sont faciles à comprendre.

La synthèse

Voici un texte concis pour bien comprendre les prophéties de Daniel. Je propose de lire les 12 premiers chapitres de son livre et particulièrement les chapitres 1 / 2 / 3,1-23 / 4 / 7 / 8 / 9 / 12. La clé pour comprendre ces prophéties est de réaliser qu’elles visent l’époque de l’Avènement futur du Messie impatiemment attendu par les Juifs autrefois.

Jésus, à maintes reprises (plus de 40 fois dans les Évangiles), avait dit qu’il était le « Fils de l’homme » (Matthieu 8,20 / Matthieu 12,40 / Matthieu 24,30- / Marc 9,12 / Marc 13,29 / Luc 12,8 / Luc 18,8 / 21,36 / Jean 1,51 / Jean 6,27 / Jean 9,35 / Actes 7,56). Les Juifs ne comprirent pas et Lui demandèrent: « Qui est ce Fils de l’Homme? » (Jean 12,34). Jésus se référait à la vision de Daniel 7,13-14, annonçant l’Avènement du Messie « venant sur les nuées du Ciel comme un Fils d’homme… son empire est empire à jamais… ». Remarquez que par Sa Venue « le jugement se tenait, les livres étaient ouverts » (Daniel 7,10). Il s’agit des livres prophétiques à ouvrir, à consulter, pour démontrer par ces Saintes Écritures que Jésus est bien le Messie annoncé par les prophètes (Actes 17,2 / 17,11). Nous retrouvons cette expression dans Apocalypse 20,12 à propos du Second Avènement de Jésus pour démontrer, toujours par les Saintes Écritures ouvertes -et en particulier par le Livre de l’Apocalypse, cet « autre Livre ouvert »- que le Messie, venu il y a 2000 ans, est déjà spirituellement de retour.

Pour comprendre les prophéties de Daniel, il faut se rendre compte que tout, dans son livre, est ciblé sur l’Avènement du Messie. Tel est le point central de ce livre. Toutes les autres prophéties sont de caractère historique et concernent les empires précédant l’Avènement du Messie, ceux qui se succédèrent durant et après Daniel: Babylonien, Mède, Perse, Grec puis Romain. C’est sous ce dernier empire, à savoir l’empire Romain, que le livre de Daniel annonce l’Avènement de ce « Fils d’homme » (Daniel 7,13-14), de ce « Messie supprimé » (Daniel 9,26), de cette « pierre détachée de la montagne sans que main l’eut touchée » (Daniel 2,34), cette « pierre d’achoppement » dont parle Jésus (Matthieu 21,42) qui a réduit les empires humains en poussière et dont le royaume spirituel ne passera jamais (Daniel 2,29-45).

L’angoisse de Daniel était due à l’exil babylonien et à la destruction du temple. Jérémie avait prédit que cet exil durerait 70 ans (Jérémie 25,11-12 et Jérémie 29,10). Or, cette période était dépassée. Daniel ne voyait pas la fin des malheurs d’Israël. Car il y eut deux exodes: un premier en 597 av. J.-C. suivi d’un second en 587 av. J.-C. Un timide retour d’exil eut lieu après l’édit de Cyrus en 538 av. J.-C. Vers 515, il y eut tentative de construction du temple, mais suivie d’une interruption qui dura « jusqu’à la deuxième année du règne de Darius » à cause de l’opposition des Samaritains (Esdras 4,24). Nous comprenons ainsi l’anxiété de Daniel impatient de voir le Temple reconstruit: « En l’an 1 de Darius », avoue-t-il, « moi, Daniel, je scrutai les Écritures computant le nombre des années -tel qu’il fut révélé par Yahvé au prophète Jérémie- qui doivent s’accomplir pour les ruines de Jérusalem, à savoir 70 ans » (Daniel 9,1-2). Ainsi donc, en l’an I de Darius, les 70 ans étaient écoulés mais le Temple n’était pas encore reconstruit selon l’attente de Daniel et de tous les Juifs.

Ainsi, le point important à saisir est que Daniel languissait de voir le Temple sur pied et le Messie survenu en empereur tout-puissant pour établir –enfin– l’empire israélien sur le monde. Comme c’est le cas des Israéliens sionistes de nos jours.

Ce prophète décida donc de faire pénitence par le jeun et d’avouer, dans une plaidoirie bien structurée, les fautes multiples de son peuple, suppliant le Créateur de pardonner et de reconstruire le Temple et ce, non pas tant pour les mérites du peuple israélien pécheur, mais pour son propre honneur divin (Daniel 9,3-19). Il cherche à Le convaincre qu’il s’agit là de la propre réputation divine: « Que ta face illumine ton sanctuaire désolé par Toi-même Seigneur… Ce n’est pas en raison de nos oeuvres justes que nous répandons devant toi nos suppliques, mais en raison de tes grandes miséricordes. Seigneur, écoute… car ton Nom est invoqué sur ta ville (Jérusalem) et ton peuple » (Daniel 9,17-19).

Devant cette insistance humaine de bonne foi, insistance due à l’ignorance et à l’incompréhension du plan divin de cet « homme de prédilection » (Daniel 10,11), le Ciel intervient auprès de Daniel -subitement et avec fougue- pour interrompre cette litanie de mots vains: « Je parlais encore… quand Gabriel fondit sur moi en plein vol… » (Daniel 9,20). Cette interruption brutale de Gabriel rappelle l’enseignement de Jésus: « Dans vos prières, ne rabâchez pas… votre Père sait ce qu’il vous faut… » (Matthieu 6,7). Il fallait à Daniel cette intervention angélique pour mettre fin à cette avalanche de paroles inutiles. Car, « je parlais encore… » avoue-t-il (Daniel 9,20).

Gabriel lui dit: « Pénètre la parole, comprends la vision: sont assignées 70 semaines pour ton peuple et ta ville sainte, pour mettre un terme à la transgression, pour apposer les scellés au péché, pour expier l’iniquité, pour introduire éternelle justice, pour sceller visions et prophéties, pour oindre le Saint des Saints. Prends-en connaissance et intelligence… sur l’aile du temple sera l’abomination de la désolation jusqu’à la fin, jusqu’au terme assigné pour le désolateur » (Daniel 9,24-27).

Daniel ne comprit rien à cette vision malgré que Gabriel lui eut dit: « Pénètre la parole et comprends la vision ». Le prophète avait hâte de voir s’accomplir sur le terrain les événements annoncés par Jérémie après les 70 ans d’exil. Or, le ciel vient lui annoncer que sont assignés 70 semaines, à savoir 70 semaines d’années, soit 70 x 7 = 490 ans encore avant l’accomplissement historique des prophéties, et ceci, non pour reconstruire le Temple de Jérusalem selon l’expectation de Daniel, mais « pour oindre le Saint des Saints », à savoir le Messie qui, Lui, est le vrai Temple dans la conception divine. Ainsi, le Temple de Jérusalem perd son importance. C’est Jésus qui éclaira cette prophétie en annonçant, lors de sa Venue, environ 490 ans après (70 semaines d’années après Daniel): « Détruisez ce sanctuaire (le Temple), en trois jours je le relèverai… Il parlait du Temple de son Corps » (Jean 2,18-22). Plus tard encore, après la Résurrection de Jésus, les apôtres comprirent que le Temple de Dieu réside en toute âme disciple de Jésus (1 Corinthiens 3,16-17). L’Apocalypse de Jean révèle encore mieux: tout édifice religieux matériel -temple, église, mosquée, pagode etc- devient caduc, car dans la Jérusalem céleste il ne se trouve pas de temple, pas d’édifice de cette sorte (Apocalypse 21,22). Daniel était bien loin de cette conception divine, il était dépassé, bouleversé par ce culte en esprit. Nous comprenons ainsi ses états d’âme d’épuisement (Daniel 8,27 / 10,9-10).

C’est par l’Esprit de Jésus qu’il nous est donné de comprendre les prophéties selon l’intention de Dieu. Daniel ne pouvait donc pas encore les saisir; Jean-Baptiste lui-même, venu 5 siècles plus tard, lui le précurseur du Messie ne les avait pas encore comprises. Selon le témoignage de Jésus, Jean était « plus qu’un prophète, mais pourtant plus petit que le moindre dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 11,11). Car Jean-Baptiste, lui aussi, comme Daniel, s’attendait à un royaume israélien théocratique. Or « le moindre dans le Royaume des Cieux » a bien saisi la dimension spirituelle, intérieure du Royaume divin et de son éternel empire. Le bouleversement psychologique produit en Daniel, même inconsciemment, fut qu’il « s’évanouit et en demeura plusieurs jours malade » (Daniel 8,27).

Les visions de Daniel ne se limitent pas au premier Avènement de Jésus; elles s’étendent dans le temps jusqu’à son Retour au temps apocalyptique: « Un temps d’angoisse tel qu’il n’y en aura pas eu jusqu’alors » (Daniel 12,1). Jésus reprit cette prophétie dans Matthieu 24,21 et se référa à « l’abomination de la désolation » dont a parlé le prophète Daniel (Matthieu 24,15). Jésus, par son premier et par son second Avènement, « ouvre les livres », à savoir les livres prophétiques qui annoncent sa Venue et son Retour en vue du jugement (Daniel 7,10 et Apocalypse 20,12). Ainsi toutes les prophéties de Daniel sont accomplies par ces deux Avènements. Nous attendons le « terme assigné au désolateur » (Daniel 9,27): à savoir la chute de la Bête. Alors nous comprendrons le peu qui nous reste encore à comprendre des prophéties.

À retenir: le livre de Daniel vise principalement les deux Avènements de Jésus qui, par son retour, expliquera les paroles de Daniel destinées par notre Père à demeurer « scellées jusqu’au temps de la fin » (Daniel 12,4). Nous y sommes!

Supplément

Réflexion sur Daniel hier et nous aujourd’hui, les Romains avec les Israéliens hier et les USA avec eux aujourd’hui:

Daniel 2 présente le songe de Nabuchodonosor sur « la statue à la tête d’or… et les pieds en partie de fer et en partie d’argile ». Ceci signifie « que les deux parties se mêleront en semence d’homme, mais ils ne tiendront pas ensemble, de même que le fer ne se mêle pas à l’argile » (Daniel 2,43). Cette semence humaine fragile, dans l’intention de Dieu, survenue 3 siècles après Daniel, désignait l’alliance fragile entre les Romains et les Israéliens de l’époque comme le révèle le premier livre des Maccabées 8,17 etc. Cette alliance « en semence humaine », c’est-à-dire entre Romains et Israéliens, ne pouvait être que fragile. Un tel mélange humain est aussi friable que l’impossible amalgame entre le fer et l’argile. Les Romains, en ce temps-là, avaient la réputation d’être invincibles, réputation qu’ont aujourd’hui les États-Unis (1 Maccabées 8,1-14 et spécialement les versets 11-13). Le soutien romain inconditionnel aux Juifs se voit dans la lettre révélée dans 1 Maccabées 15,15-24. Sous l’empire Romain, Israël existait donc déjà comme État. Il n’est donc pas faux de dire que « cette Bête-là était par le passé » (Apocalypse 17,8) soutenue par les Romains. Tout cela préparait la venue de Celui dont « le Royaume n’aura pas de fin et ne sera jamais détruit… » (Daniel 2,44), étant dans les âmes. De fait, c’était sous l’empire Romain que notre Sauveur béni est venu. Malgré le soutien romain aux Israéliens hier, ce sont bien les Romains qui ont détruit le royaume israélien par Titus en l’an 70. Ainsi apparut la fragilité de l’alliance.

Aujourd’hui, « de nouveau », Israël, la première Bête apocalyptique, a obtenu la protection du tout-puissant État américain, la seconde Bête apocalyptique. Cela aussi préparait, et prépare encore la venue de Celui dont « le Règne n’aura pas de fin… ». Mais il s’agit aujourd’hui de sa seconde venue, de son Retour, toujours dans l’âme. Ceux qui ne dorment pas mais qui restent fidèles jusqu’à la fin, veillant avec l’arme du discernement, « Lui ouvriront dès qu’Il frappe à la porte du coeur » (Luc 12,35-36 / Luc 24,33 / Apocalypse 3,20).


Contexte historique des prophéties de Daniel