Leçon 13 – L’Évangile de Jean et les lettres des Apôtres

Présentation de l’Évangile de Jean et ses lettres

L’Évangile de Jean n’est pas, comme le sont les synoptiques, une biographie de Jésus. Ce qui intéresse l’évangéliste ici, ce n’est pas la généalogie humaine du Messie attendu, mais une autre réalité concernant sa personnalité, bien plus profonde et émouvante: son ascendance divine. Aussi, commence-t-il son oeuvre par une entrée en matière magistrale pour nous révéler ce qu’il avait lui-même découvert, à savoir la généalogie divine de Jésus, en disant: « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu (Jean 1,1)… Et le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous » (Jean 1,14).

Jean n’est donc pas un historien de la vie terrestre du Christ, comme le sont les autres évangélistes, mais un théologien qui révèle sa nature divine. Les synoptiques nous apprennent que Jésus est le Messie attendu. Jean aussi atteste cette vérité, mais il va plus loin -ou plutôt plus haut- pour nous apprendre ce que les autres n’ont pas révélé, que ce Messie est Dieu incarné, le Créateur qui prend une forme humaine pour être personnellement présent, avec les hommes sur terre et d’une manière tangible. C’est bouleversant, foudroyant quand on y pense. C’est surtout vrai.

Jean est le seul évangéliste à nous communiquer cette précieuse information et c’est à cause de cela qu’il fut appelé « le théologien ». Il est représenté par un aigle car il est monté haut en pensée.

Ce n’est qu’après avoir atteint les 90 ans que Jean décida d’écrire son Évangile. Il était alors le seul survivant parmi les Apôtres. Il n’avait pas jugé opportun d’écrire avant cela car d’autres Évangiles se trouvaient ainsi que les multiples lettres des Apôtres pour informer les croyants à propos de Jésus. Qu’est-ce qui l’a poussé à écrire? Il est important que tu le saches.

Nous avons vu dans la leçon précédente que les Juifs anti-Christ s’infiltraient dans la communauté pro-Christ naissante pour la détruire de l’intérieur. Ils troublaient les croyants non seulement en les obligeant à pratiquer le culte juif, mais en prétendant que le Messie n’était pas Jésus mais Jean-Baptiste, ou encore ils s’en prenaient aux Chrétiens parce qu’ils croyaient en la divinité du Messie. Les fidèles perturbés s’adressèrent donc à Jean cherchant auprès de lui les lumières dont ils avaient besoin. Sachant qu’il était le disciple bien-aimé de Jésus, ils savaient qu’ils pouvaient avoir confiance en ses paroles.

Jean commença donc son Évangile en les éclairant sur ces deux points litigieux:

  1. Jésus est le Messie
    Jean-Baptiste n’est pas le Messie (la Lumière): « Il vint rendre témoignage à la Lumière afin que tous crussent (au Messie) par lui. Il n’était pas la Lumière mais le témoin de la Lumière. Le Verbe était la Lumière véritable… » (Jean 1 6-9).
    Jésus, le Verbe de Dieu, est donc aussi le Messie.
  2. Jésus est Dieu incarné
    Jésus est le Verbe, le Verbe est Dieu (Jean 1,1) et le Verbe s’est fait chair, Il prit un corps humain pour vivre avec les hommes (Jean 1,14). Jésus est donc vraiment Dieu incarné.

Ayant été à la fois disciple de Jean-Baptiste et apôtre de Jésus (comme André: Jean 1,35-40), Jean était donc bien placé pour tranquilliser les fidèles qui eurent recours à lui. Il confond les erreurs répandues par les faux prophètes qu’il dénonce dans ses lettres (1 Jean 4,1-6 / 2 Jean 1,7) et dans l’Apocalypse (où il les qualifie de faux Juifs et d’une synagogue de Satan: Apocalypse 2,9 et 3,9). Les « Nicolaïtes »: Apocalypse 2,6 étaient une secte formée de Juifs soi-disant convertis qui niaient la divinité de Jésus.

Une bonne méthode pour étudier l’Évangile de Jean est de le lire en étant attentif à y découvrir:

  1. les versets qui démontrent que le Messie est Jésus, non Jean-Baptiste;
  2. les insinuations -souvent subtiles- dans les discussions de Jésus, où Celui-ci se révèle comme Dieu incarné.

Tu liras ce merveilleux livre après les éclaircissements donnés sur chacun de ces deux points pour aider ta recherche.

Jésus est le Messie

Au début, beaucoup de Juifs crurent que Jean-Baptiste était le Messie. Les Évangiles nous informent que celui-ci insista pour leur dire: « Moi, je vous baptise dans l’eau, celui qui vient après moi (Jésus) est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne d’enlever ses chaussures. Lui, il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu » (Matthieu 3,11). Néanmoins, Luc nous apprend que, bien plus tard, il se trouvait encore à Ephèse des Juifs qui se suffisaient du baptême de Jean-Baptiste (Actes 19,1-7). Or, c’est justement à Ephèse que se trouvait Jean lui aussi. Les Juifs de cette ville étaient les « anti-Christ » les plus violents: « …Les juifs d’Asie, l’ayant aperçu dans le Temple, ameutèrent toute la foule et mirent la main sur lui… » (Actes 21,27).

Dans son Évangile, Jean insista et répéta souvent le témoignage de Jean-Baptiste: « Jean vint comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière… Il n’était pas la Lumière, mais le témoin de la Lumière. Le Verbe était la Lumière véritable » (Jean 1,6-9)… Jean lui rend témoignage. Il proclame: « Voici celui dont j’ai dit: lui qui vient après moi est passé devant moi parce qu’avant moi il était » (Jean 1,15)… Voici quel fut le témoignage de Jean…: « Je ne suis pas le Christ »… (Jean 1,19-27)… Le lendemain, voyant Jésus venir à lui, il dit: « Voici l’Agneau de Dieu… C’est de lui que j’ai dit: « Il vient après moi un homme… C’est lui l’Élu (le Christ) de Dieu… (Jean 1,29-36) ». « Vous-mêmes vous m’êtes témoins que j’ai dit: « Je ne suis pas le Christ, moi, mais je suis envoyé devant lui… » (Jean 3,26-36).

Ainsi donc, dès le début, Jean tranquillise ses disciples: Jésus est bien le Christ-Dieu. Il termine son Évangile en les confirmant dans cette croyance, disant qu’il leur a rapporté tous ces signes opérés par Jésus « pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20,30-31).

La divinité de Jésus

Jean commence son Évangile par un mot clé qui a un grand impact dans la mentalité juive: « Au commencement », en hébreu « Béréchit » (« Bé »: au, « réchit »: commencement). Ce mot tient son importance du fait qu’il inaugure l’Ancien Testament, la Torah. En effet, le livre de la Genèse débute ainsi: « Au commencement (Béréchit) Dieu créa le ciel et la terre ».

C’est intentionnellement que Jean, poussé par le Souffle de Dieu, emploie ce mot qui heurte le coeur juif et le choque pour l’ouvrir aux livres du Nouveau Testament. C’est dans le même Esprit que Jean débute sa première lettre: « Ce qui était dès le commencement… ».

En répondant aux fidèles venus le solliciter, Jean a voulu rédiger une nouvelle Genèse, un nouveau « Béréchit »: « Au commencement était le Verbe… Tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut. De tout être Il était la Vie et la Vie était la Lumière des hommes… Jean (Baptiste) n’était pas la Lumière… Le Verbe était la véritable Lumière » (Jean 1,1-9).

Par ces mots courageux, Jean explique en profondeur ce que la Genèse dit de Dieu, le Créateur du ciel, de la terre et de la lumière. Ce Créateur n’est autre que le Verbe: « Tout fut par lui » (Jean 1,3) car « il était au commencement avec Dieu » (Jean 1,2) et « était Dieu » Lui-même (Jean 1,1). « Et le Verbe s’est fait chair (en Jésus) » (Jean 1,14). Ceux qui eurent recours à Jean ne pouvaient espérer meilleure réponse. Tu comprends pourquoi Jean fut appelé « le Théologien ».

Tout le long de son Évangile, Jean s’emploie à rapporter fidèlement les propos de Jésus sur lesquels il s’appuie pour dire que « le Verbe était dès le commencement avec Dieu et qu’il était Dieu ». Ne L’avait-il pas entendu dire aux Juifs: « Avant qu’Abraham fût, Je Suis »? (Jean 8,58). N’avait-il pas aussi entendu le Baptiste dire devant lui, son disciple: « Celui qui vient après moi est passé devant moi parce qu’avant moi il était »? (Jean 1,30). Or Jean savait qu’Abraham précéda Jésus sur terre de 2000 ans et que Jean-Baptiste Le précéda de six mois. Il ne pouvait taire dans son Évangile les conclusions logiques qu’il tira de ce qu’il avait entendu. Il nous livra son témoignage avec amour et précision afin que ceux qui y croient soient sauvés.

La croyance en la divinité de Jésus existait déjà avant l’Évangile de Jean. Dans ses lettres, Paul y fait allusion: « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui L’égalait à Dieu », dit-il de Jésus (Philippiens 2,6). Et encore: « C’est en Lui (Jésus) qu’il vous faut marcher… Car en Lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité » (Colossiens 2,6-9). Les lettres de Paul datent d’environ 40 ans avant l’Évangile de Jean.

Puisque les Chrétiens croyaient déjà à l’incarnation divine, dans « toute sa Plénitude », en la Personne de Jésus, pourquoi Jean a-t-il écrit pour convaincre ses disciples de ce qu’ils savaient déjà? C’est, comme je l’ai dit, parce qu’ils étaient troublés par des perturbateurs qui visaient à semer le doute et la discorde dans les rangs chrétiens. Ce sont ces perturbateurs, issus de la masse juive qui reniait Jésus, qui sont qualifiés d' »antichrists » par Jean: « Vous avez entendu dire que l’Antichrist doit venir. Déjà maintenant beaucoup d’antichrists sont survenus… Ils sont sortis de chez nous (des Juifs) mais ils n’étaient pas des nôtres… Qui est le menteur sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ; le voilà l’Antichrist! », dit-il à leur propos (1 Jean 2,18-22). Paul fait encore allusion à eux en écrivant: « Dès maintenant le mystère de l’impiété est à l’oeuvre » contre les premiers Juifs fidèles à Jésus (2 Thessaloniciens 2,7).

Les deux camps juifs

Parlant des antichrists, j’en profite pour parler des 2 catégories de Juifs résultant de l’Avènement de Jésus: ceux qui furent pour Lui pro-Christ et les autres qui se rangèrent contre Lui, les antichrists.

Jésus, le Messie spirituel, qui n’était pas un nationaliste juif, scinda la société hébraïque en deux camps: « Les Juifs se divisèrent à propos des paroles de Jésus. Beaucoup d’entre eux disaient: « Il est possédé d’un démon à quoi bon L’écouter? » D’autres disaient: « Ce n’est pas là langage de possédé… » (Jean 10,19-21).

De même, Paul « suscita des discordes parmi les Juifs du monde entier » (Actes 24,5) séparant « l’ivraie du bon blé », les incroyants des croyants. C’est dans ce sens que Jésus avait dit: « Je ne suis pas venu apporter une paix mais une épée. Car je suis venu opposer l’homme (qui ne croit pas en moi) à son père (qui croit en moi)… etc » (Matthieu 10,34-35). Les Juifs incroyants reprochent à Jésus d’avoir dit cela et L’accusent de briser l’unité du peuple et de la famille…

Le camp des croyants se laissa convaincre -par les prophéties- que le Messie devait subir la mort, afin que le message monothéiste passe des Juifs -qui l’avaient rendu hermétique- aux Païens (Actes 17,1-4) et que « Juifs et Grecs (Païens qui étaient polythéistes) rendent gloire à Dieu » (Actes 19,17). Tous ceux-ci crurent donc en Jésus, en dépit de la résistance des Juifs israéliens qui ne virent pas en Lui ce Christ nationaliste qu’illusoirement ils imaginaient. Ainsi donc « des milliers de Juifs embrassèrent la foi » chrétienne (Actes 21,20).

Par contre, les Juifs intégristes formaient un camp fanatique exclusivement juif, un « ghetto » violemment nationaliste. N’aspirant qu’à la « restauration » du royaume de David en Palestine, ce camp s’opposa sans pitié au premier. Cette opposition fut si violente qu’elle mena à la persécution des disciples de Jésus qui durent se réunir « portes fermées par crainte des Juifs » incroyants (Jean 20,19).

La scission était donc totale entre les deux camps et la parole de Jésus s’est avérée exacte: « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ». De fait, c’est par « l’épée » que périt un bon nombre d’Apôtres, lapidés comme le fut Étienne (Actes 7,59) ou littéralement « par l’épée » comme « Jacques, le frère de Jean » (Actes 12,2).

Pour Dieu, lequel de ces deux camps représente le vrai visage du Judaïsme? Est-ce celui des intégristes demeurés attachés à l’idéal nationaliste, ou celui des Juifs disciples de Jésus transformés en « universalistes » après leur libération des préjugés imposés par la vision étroite et fanatique d’un Judaïsme mal compris?

Jésus répond à cette question lorsqu’Il dit: « Je ne suis pas venu abolir la Torah et les Prophètes (c’est-à-dire les livres de l’Ancien Testament): Je ne suis pas venu abolir mais accomplir… Si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez certainement pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 5,17-20).

Jésus est donc la perfection du Judaïsme et le vrai Juif est celui qui s’est fait son disciple: « Si tu veux être parfait… viens, suis-moi », dit Jésus au jeune homme riche qui pratique scrupuleusement, à la lettre, les préceptes de la loi mosaïque (Matthieu 19,21). Ayant compris cela, Paul, qui était un Pharisien pratiquant, déclare aux Juifs: « Si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates 3,29).

Ainsi, selon l’Évangile, est vrai juif qui se fait disciple de Jésus. Ceux qui le renient ne sont pas de vrais Juifs, mais sont de « faux Juifs », les « faux frères », ces « intrus » dont parle Paul, « qui se sont glissés pour espionner » les Chrétiens (Galates 1,7). Ce sont ces faux Juifs que Jean dénonce comme « antichrists » et « séducteurs » (1 Jean 2,18-22 / 1 Jean 4,2-3 / 2 Jean 1,7), « qui ne confessent pas Jésus-Christ venu dans la chair » (2 Jean 1,7). « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine », poursuit Jean, « ne le recevez pas chez vous et abstenez-vous de le saluer. Celui qui le salue participe à ses oeuvres mauvaises » (2 Jean 1,10). L’Apocalypse nous met en garde contre leur réapparition à la fin des temps et les qualifie de « faux Juifs », d' »usurpateurs du titre de Juifs », voire de « synagogue de Satan » (Apocalypse 2,9 / 3,9), Jésus ayant accusé leurs prédécesseurs d’avoir « pour père le diable », non Dieu (Jean 8,44). Ces faux Juifs modernes sont les nationalistes israéliens.

Les enseignements de l’Évangile de Jean

Ce qui intéresse Jean ce ne sont pas tant les oeuvres de Jésus, que ses enseignements. Il nous les communique en nous faisant part des diverses discussions que son Maître eut avec les uns et les autres, nous laissant comprendre par nous-même les lumières que Jésus veut donner aux hommes.

Jean ne fait donc pas une liste de doctrines, mais fait appel au bon sens de ceux qui savent lire entre les lignes et dégager les enseignements du Christ de ses propres paroles dans ses différentes discussions ou controverses.

Jésus saisissait souvent l’occasion d’un événement quelconque, parfois d’apparence banale (ex. son dialogue avec la Samaritaine: Jean 4) pour révéler une vérité. Parfois même il créait l’occasion pour enchaîner une discussion utile. Ainsi, ses miracles avaient pour but indirect et plus profond, de susciter des discussions au cours desquelles, il exposait ses points de vue -sur la Torah, par exemple- pour redresser le déviationnisme dans lequel avait sombré la communauté hébraïque.

En effet, Jésus accomplit des miracles le samedi, pour dire qu’en ce jour il ne fallait pas être réduit à un immobilisme quasi total, comme le pensaient les Juifs. Il guérit donc un paralytique, un samedi, au grand scandale des Juifs et en profita pour leur répliquer: « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille. Mais c’était pour les Juifs une raison de plus de vouloir le tuer, puisque non content de violer le samedi, Il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu » (Jean 5,17-18).

Ce que Jean veut surtout nous donner, c’est cette parole de Jésus: « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui M’a envoyé » (Jean 7,16). Cette doctrine de Jésus nous fut livrée par Jean à travers les discussions suivantes que Jésus eut:

Edification du vrai Temple (Jean 2,13-22)

Controverse avec les Juifs au Temple pour parler de sa destruction et de l’édification du vrai Temple, le « sanctuaire de son corps », c’est-à-dire de sa Personne (voir Apocalypse 21,22).

Dialogue avec Nicodème (Jean 3,1-21)

Jésus y révèle la nécessité de « renaître en esprit », de se déconditionner et se libérer des préjugés afin de parvenir à voir la vérité et d’opter objectivement pour elle après avoir rompu les chaînes corporelles, car « ce qui est chair est (demeure) chair, mais ce qui est né de l’Esprit est esprit » et vit éternellement.

Dialogue avec la Samaritaine (Jean 4,1-42)

Jésus provoque un dialogue avec une Samaritaine pour trois raisons:

  1. Rompre la haine entre Juifs et Samaritains, une haine érigée par l’ostracisme: « Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains », rapporte Jean (Jean 4,9). La parabole du bon Samaritain choqua les Juifs (Luc 10,29-37). Cette approche amicale de Jésus, un Juif, étonna donc la femme: « Comment! Tu es Juif, et tu me demandes à boire à moi, une Samaritaine! » (Jean 4,9). Jésus fait un pas antiraciste.
  2. Rompre les préjugés sociaux de l’époque, surtout dans la mentalité de ses disciples qui s’étonnent de le voir parler à une femme (Jean 4,27), qui de surcroît est Samaritaine (Jean 4,9).
  3. La raison principale est de révéler aux Samaritains qu’il est le Messie (Jean 4,25-26; 4,41-42).

Remarque que les Samaritains -comme des enfants dociles et innocents- crurent en Jésus, non parce qu’ils L’avaient vu faire des miracles, mais simplement de ce qu’ils avaient « entendu » de la Samaritaine (Jean 4,39-42). Par contre, les Juifs se montrèrent réticents. Jésus avait déclaré Lui-même, à son retour en Galilée deux jours plus tard: « …un prophète ne jouit d’aucun égard dans son pays » (Jean 4,44). À Cana, Il dit encore, non sans amertume: « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez donc pas! » (Jean 4,48)…comme crurent en Lui les Samaritains sans voir de miracle.

La Résurrection spirituelle (Jean 5,1-47)

C’est la résurrection de l’âme par l’accueil de la Vérité proclamée par Jésus. Elle est appelée la « première résurrection » (Apocalypse 20,5-6). Guérissant un paralytique, Jésus en profite pour révéler sa filiation divine, son « égalité à Dieu » et « Dieu même » comme dirent les Juifs scandalisés (Jean 5,17-18 / 10,33). À cette occasion, Jésus annonce encore que « les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l’auront entendu vivront » (Jean 5,25). Cela signifie que les Païens, considérés par les Juifs comme morts, viendront à la vie spirituelle grâce à leur foi en Jésus. Le prophète Baruch dit aux Juifs exilés parmi les Babyloniens, considérés comme des « morts » qui « descendent au Shéol »: « Pourquoi, Israël, pourquoi es-tu au pays de tes ennemis, vieillissant en terre étrangère, te souillant avec les morts (les Babyloniens), comptés parmi ceux qui descendent au Shéol » (Baruch 3,10-11).

Ce retour de l’âme à la vie est une résurrection spirituelle, celle de l’âme dans le corps vivant dès ici-bas sur terre. Jésus dit en effet: « L’heure vient –et nous y sommes– où les morts (les pécheurs) entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l’auront entendu (les repentis) vivront » (Jean 5,25). L’Apocalypse la nomme « la première résurrection » (Apocalypse 20,5-6).

Il ne s’agit donc pas de la « deuxième résurrection », celle qui aura lieu à la fin du monde. Jésus l’explique: « L’heure vient, où les justes auront part à la Vie Éternelle et les impies connaîtront la « mort éternelle » (c’est-à-dire le malheur à jamais: Jean 5,28-29). Cette mort définitive de l’âme est appelée « seconde mort » par l’Apocalypse 20,6 (la première étant la mort physique, et la seconde la mort de l’âme).

Remarque la persévérance de l’infirme guéri: « depuis trente-huit ans » il se présentait pour être guéri, « mais un autre le précédait dans l’eau ». Jésus le guérit parce qu’il « savait qu’il était depuis longtemps dans cet état » sans perdre l’espoir de guérir.

Le « Pain » de la Vie Éternelle (Jean 6,1-67)

Jésus multiplie les pains pour parler d’un autre « Pain » qui donne la Vie à l’âme, la Vie Éternelle, comme il parla de l' »Eau » de la Vie Éternelle à la Samaritaine à partir de l’eau du puits de Jacob (Jean 4,13-14).

Mais avant d’opérer le miracle, Lui qui « savait bien ce qu’Il allait faire », Il voulut « mettre Philippe à l’épreuve », ainsi que les autres Apôtres. Il dit donc « à Philippe: où pourrions-nous acheter du pain pour les faire manger? » Remarque qu’il disait cela « pour le mettre à l’épreuve » (Jean 6,5-6). C’est que Philippe était l’un des Apôtres présents à Cana quand Jésus multiplia le vin (Jean 1,43 et 2,1-3). Il aurait donc dû savoir que Jésus pouvait donner à manger à ces milliers de personnes sans problème. Or ni Philippe, ni André, lui aussi présent à Cana, ne comprirent ce que le Messie comptait et pouvait faire (Jean 6,8). Ils auraient dû Lui répondre: « Mais tu peux tout, Seigneur! Tu n’as qu’à dire un mot, comme à Cana, et il y aura du pain pour tous! »

Il faut rapprocher les deux miracles: celui du vin et celui du pain, ces deux produits à travers lesquels Jésus se donne à nous dans son Repas spirituel. Je n’ai pas encore expliqué le miracle de Cana (Jean 2,1-11) pour en parler maintenant.

Compare l’attitude de foi de Marie, la Sainte Vierge, à Cana, avec celle des Apôtres ici. À Cana, c’est Elle qui prit l’initiative de demander à Jésus qu’Il multiplie le vin. Ses Apôtres -Philippe et André notamment, et d’autres- « étaient aussi invités » (Jean 2,2). Bien que connaissant cela, Philippe et André furent loin de penser à ce que Jésus allait et pouvait faire concernant la multiplication des pains. Sa Mère à Cana, avait prit les devants poussant Jésus à multiplier le vin. Elle obtint gain de cause pour la joie des convives. Marie, à qui Dieu ne refuse rien, parvint ainsi à anticiper le temps où Jésus ferait ses miracles (Jean 2,4). Cela aurait dû inspirer Philippe et André dans leur réponse à Jésus à propos du pain.

Je signale un fait de mauvaise traduction: à Cana Jésus ne dit pas à sa Mère: « Que me veux-tu femme?…etc » comme certains traduisent, mais: « Qu’en est-il pour moi et pour toi femme? Mon heure n’est pas encore venue » (Jean 2,4). En d’autres termes, à Marie qui signale à son fils que le vin est épuisé, Celui-ci lui répond: « Qu’est-ce que cela peut nous faire à toi et à moi? Cela ne nous regarde pas; ce n’est pas notre affaire. Ce ne sont ni mes Noces, ni mon heure! À mes Noces le Vin ne manquera pas. Ici nul ne m’a chargé du vin ». C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre et traduire les paroles de Jésus d’après le texte original en grec (voir la traduction dans la Bible d’André Chouraqui). Il ne faut donc pas penser comme le font certains, que dans la réponse de Jésus à sa Mère, il y eut un manque de respect à son égard. Cela serait indigne du Messie… N’oublions pas encore que Jésus finit par exaucer la demande de sa mère.

Dans sa controverse avec les Juifs, Jésus leur dit: « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6,44). Il dit cela, car beaucoup allaient à Lui croyant qu’il était le Messie, donc le Roi politique d’Israël. Ils n’étaient donc pas attirés par l’Esprit du Père de Jésus. Cette foule courrait après Jésus, non pas pour des causes spirituelles, mais, car ils étaient attirés vers Lui, comme Judas, pour des intérêts politiques, économiques et terrestres. C’est pourquoi Jésus leur dit: « Travaillez pour la nourriture éternelle, non pour la périssable » (Jean 6,27). Il parlait de son Corps et de son Sang, Pain et Vin de Vie Éternelle (Jean 6,51-58). Seuls ceux qui sont attirés par le Père sont capables de saisir la signification profonde des paroles spirituelles de Jésus. Ceux que les biens terrestres attirèrent vers Lui ne virent aucun sens à ses paroles et finirent par L’abandonner, comme Judas le fit plus tard (Jean 6,60-71).

L’Eau de Vie (Jean 7, 37-39)

Quand Jésus parlait à la Samaritaine de l’eau qu’il donne à boire, il entendait « l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui » (Jean 7,39). Pour être abreuvé de cet Esprit qui donne la Vie à l’âme, il faut en avoir soif. Les tièdes sont exclus. Jésus donne ce même Esprit dans l’Eucharistie à « tous ceux qui en ont soif » (Matthieu 26,27-28 / Apocalypse 22,17).

Discours de Jésus au Temple (Jean 7,1-53)

La fête des Tentes, dite aussi fête de la Récolte (Exode 23,16), commémorait le séjour pendant 40 ans dans le désert du Sinaï sous des tentes (Lévitique 23,42-43). À l’occasion de cette fête les Juifs allaient chaque année en pèlerinage à Jérusalem pour offrir des sacrifices au Temple. Cette fête est célèbre encore aujourd’hui en Israël.

Les « frères » de Jésus, c’est-à-dire des habitants de Nazareth lui dirent donc non sans ironie: « Passe d’ici en Judée afin que tes disciples voient les oeuvres que tu fais: on n’agit pas en secret quand on veut être connu. Puisque tu fais ces oeuvres-là manifeste-toi au monde!! » (Jean 7,3-4). Jean explique aussitôt après ces versets que: « Même ses frères en effet ne croyaient pas en Lui » (Jean 7,5).

Pourquoi les concitoyens de Jésus le poussent-ils à aller à Jérusalem pour se manifester devant le monde tout en ne croyant pas en Lui? Ils savaient pourtant que « les Juifs voulaient Le tuer » (Jean 7,1; Jean 7,13)!

L’on doit comprendre que c’est sur un ton cynique et moqueur que ces gens s’adressaient à Jésus et le défiaient de comparaître devant le peuple comme le Messie attendu. Ils ne Le croyaient pas capable d’être ce leader politique attendu, capable de satisfaire les Israéliens assoiffés d’indépendance nationale. N’oublions pas, en effet, que Jean-Baptiste lui-même et les Apôtres eurent des difficultés à comprendre la mission purement spirituelle de Jésus et son Royaume spirituel qui « n’est pas de ce monde », comme Il le révéla à Pilate (Jean 18,35-37).

Ces Nazaréens parlaient à Jésus dans le même esprit de défi que celui du diable qui lui avait dit: « Si tu es le Fils de Dieu (le Messie) ordonne que ces pierres se changent en pain… Si tu es le Fils de Dieu jette-toi en bas » (Matthieu 4,3-5). C’est encore dans cet esprit mauvais que, voyant Jésus sur la croix, « les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant: ‘Si tu es le Fils de Dieu descends de la croix!’ Pareillement les grands prêtres se gaussaient et disaient avec les scribes et les anciens: ‘Il en a sauvé d’autres et Il ne peut se sauver Lui-même! Il est roi d’Israël! Qu’Il descende maintenant de la croix (pour rétablir le règne de David) et nous croirons en Lui!… Il a bien dit: Je suis le Fils de Dieu!' » (Matthieu 27,39-44). Or « il ne faut pas mettre Dieu à l’épreuve! » (Deutéronome 6,16).

Nous pouvons comprendre la raison pour laquelle Jésus répondit à ses concitoyens: « Mon temps (d’être le Roi spirituel et universel) n’est pas encore venu, tandis que pour vous le temps (d’attendre le Messie nationaliste) est toujours bon. Le monde ne peut vous haïr (car il attend le même Messie que vous et a le même esprit que le vôtre): moi il me hait parce que j’atteste (par mon messianisme spirituel) que ses oeuvres sont mauvaises. Vous, montez à la fête; moi je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps (d’être Roi) n’est pas encore accompli » (Jean 7,6-8).

Jésus refusa d’aller à Jérusalem avec « ses frères » de la Galilée, car Il ne voulait pas les accompagner dans leur esprit mondain et opportuniste. En effet, ils ne L’invitaient pas à aller à Jérusalem en esprit de pèlerinage et de recueillement, mais dans un esprit de campagne électorale, faisant d’une fête religieuse un tremplin pour un but politique. C’est pourquoi Jésus rétorqua: « Moi je ne monte pas à cette fête-là », c’est-à-dire je n’y vais pas avec vous, ni dans cet esprit-là. Mais Jean ajoute « toutefois quand ses frères furent montés alors il y monta mais en secret sans se faire voir » (Jean 7,10). Jésus alla donc à Jérusalem mais dans un esprit bien différent des autres, puisque c’est « en secret » qu’il y monta, sans chercher à se faire valoir ni connaître comme eux pensaient (Jean 7,4).

Jésus refuse toujours de se manifester en esprit de publicité tapageuse, au point que ce sont les Juifs eux-mêmes « qui le cherchaient pendant la fête » (Jean 7,11) et non pas Lui, Jésus, qui cherchait à paraître, comme le Lui demandaient ses « frères ». N’avait-Il pas recommandé aux Apôtres de ne dire à personne qu’Il était le Messie? (Matthieu 16,20).

C’est bien de ce Messie discret que Dieu parlait à Isaïe le décrivant ainsi: « Voici mon Serviteur que Je soutiens, mon Élu que préfère mon âme. J’ai mis sur Lui mon Esprit… Il ne crie pas, Il n’élève pas le ton, Il ne fait pas entendre sa voix dans les rues » pour faire des discours électoraux et se faire connaître du monde (Isaïe 42,1-2). Ceux qui ont des yeux spirituels pour voir, eux seuls, peuvent comprendre que Jésus est le Christ, l’Élu de Dieu: « Entende qui a des oreilles », disait souvent Jésus (Luc 14,35 et Matthieu 13,9).

Pourtant, il arrivait que Jésus hausse le ton de sa voix, mais c’était toujours pour proclamer des vérités spirituelles et être bien entendu de tous. En effet, Jean dit: « Le dernier jour de la fête Jésus debout lança à pleine voix: ‘Si quelqu’un a soif qu’il vienne à Moi et qu’il boive, celui qui croit en Moi!’ selon le mot de l’Écriture: De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en Lui » (Jean 7,37-39 / voir aussi Ézéchiel 47,1-13 et Apocalypse 22,2). C’est de cette même « Eau vive » que Jésus parlait à la Samaritaine (Jean 4,13-14).

Le Messie ne promet à ses disciples ni empire sur le monde, ni gloire temporelle, mais l’Esprit de Dieu qui rétablit l’homme à l’image de Dieu. Ceux qui en ont soif, en s’adressant à Lui, ne seront jamais déçus.

Ce n’est pas cet Esprit divin que recherchaient les concitoyens de Jésus; ce n’est pas de cette Eau-là dont ils avaient soif. Ses disciples, par contre, ne voulaient s’abreuver qu’à la Source vivifiante que le Messie venait pour ouvrir en eux. St Paul, par exemple, considéra nul le culte mosaïque de la Torah par rapport à la foi en Jésus et dit: « Je suis Hébreu, fils d’Hébreux, circoncis le 8e jour. Quant à la Loi (la Torah), un Pharisien, quant au zèle, un persécuteur de l’Église; quant à la justification que peut donner la Loi, un homme irréprochable. Mais tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai tenus pour un désavantage, à cause du Christ. Bien plus, je tiens tout, désormais, pour désavantageux au prix du gain suréminent qu’est la connaissance du Christ Jésus, Mon Seigneur. Pour Lui, j’ai accepté de tout perdre. Je regarde tout comme déchets, afin de gagner le Christ… » (Philippiens 3,5-8). Paul, qui avait soif de l’Esprit de Jésus, n’a pas été déçu. Il était bien conscient de Le posséder puisqu’il dit: « Je pense bien, moi aussi, avoir l’Esprit de Dieu (1 Corinthiens 7,40)… C’est nous qui sommes les (vrais) circoncis, nous qui offrons le culte selon l’Esprit de Dieu, et tirons notre gloire du Christ Jésus » (Philippiens 3,3). Paul n’aurait pas dit ces paroles vécues s’il s’était contenté du culte de la Torah et s’il n’était rassasié de l’Eau de Jésus.

Pour nous qui étudions ce Cours Biblique, ces paroles sur l’Eau de Vie Éternelle sont de la plus haute importance; car le but de notre étude est d’avoir en nous la Source de cette Eau promise par Jésus. Nous sommes donc directement et personnellement concernés et intéressés. C’est pourquoi nous devons faire notre « bilan spirituel », comme déjà recommandé au début de cet Itinéraire Spirituel. Sachons si nous avons soif de l’Eau de Jésus, si nous en avons bu, si des « Fleuves d’eau vive jaillissent de notre sein » (Jean 7,38). Pouvons-nous dire nous aussi comme Paul: « Je crois que j’ai l’Esprit de Dieu? » Pensons-nous comme Dieu? Suis-je comme Il veut que je sois? Si tel est le cas, alors heureux sommes-nous! Heureux es-tu! Ton étude n’aura pas été vaine.

Remercions le Messie qui nous a donné sa Vie pour nous accorder ce bonheur. Ne permettons à personne de nous arracher ce « trésor que nous portons en des vases d’argile (fragiles) pour qu’on voit bien que cette extraordinaire puissance appartient à Dieu et ne vient pas de nous » comme dit Paul (2 Corinthiens 4,7). Demeurons avec Dieu et Lui nous protégera.

Controverse entre Jésus et les Juifs (Jean 8,12-59)

Dans cette violente controverse entre Jésus et les Juifs, Jésus révèle qu’il agit toujours selon « ce qu’il voit et entend auprès du Père » et que, par contre, les Juifs qui Le refusent agissent selon « ce qu’ils entendent auprès de leur père… le diable » (Jean 8,38-44).

L’enseignement de ces paroles est que nous agissons tous -consciemment ou inconsciemment- d’après ce que nous contemplons dans le secret de notre âme. Nous reproduisons des actes inspirés de l’esprit que nous écoutons. Si c’est vers Dieu que notre coeur penche, nous reproduisons un comportement bon; mais si c’est l’esprit du diable qui nous attire, alors nos agissements seront diaboliques. Si les Juifs voulurent tuer Jésus, c’est parce qu’ils ont « pour père le diable », ils sont séduits par son esprit dominateur et le contemplent, consciemment ou pas, sans cesse.

Or l’homme imite toujours ce qu’il contemple et admire. Ce père criminel, le diable, « est un homicide dès le début », déclare Jésus. N’avait-il pas séduit les parents de l’humanité, cherchant à tuer leur âme en les éloignant de Dieu? Les Apôtres, eux, suivirent Jésus car c’est Dieu qu’ils recherchent inconsciemment, c’est Lui qu’ils contemplent sans le savoir. Le Christ voulut qu’ils en prennent conscience quand Il leur dit la veille de sa Passion: « Nul ne va au Père que par moi… Dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu » (Jean 14,7). À cette même occasion Il leur révéla aussi qu’à leur insu « ils connaissaient l’Esprit Consolateur parce qu’Il demeurait avec eux et qu’Il était (déjà) en eux » (Jean 14,17).

Les Juifs veulent un Christ nationaliste (Jean 10,24)

Les Juifs firent cercle autour de Jésus et Lui dirent: « Jusqu’à quand vas-tu nous faire languir? Si tu es le Christ, dis-le nous clairement ». « Je vous l’ai dit, mais vous ne croyez pas », leur répondit Jésus.

Les Juifs demandent une réponse, non pour se plier aux exigences divines qui sont spirituelles, mais pour mener Jésus à se plier à leurs exigences politiques, à prendre la tête d’un mouvement insurrectionnel violent contre l’occupation romaine. C’était Lui faire comprendre qu’ils sont prêts au combat s’Il est le Messie nationaliste. Il n’aurait qu’un mot à dire et ils prendraient les armes à sa suite.

Le monde juif oublia ce que le prophète Isaïe avait dit du Messie: « Sur lui repose l’Esprit de YHVH… Sa Parole (non son épée) est le bâton qui frappe le violent, le souffle de ses lèvres fait mourir le méchant » (Isaïe 11,4). Jésus n’a jamais manqué de frapper par la parole la violence israélienne pour tuer le péché du nationalisme. Mais les fanatiques refusèrent de l’écouter, préférant « mourir dans ce péché » (Jean 8,21-24) plutôt que de renoncer à leurs ambitions d’hégémonie politique, comme c’est le cas des Israéliens du XXe et XXIe siècles qui préfèrent mourir plutôt que de renoncer à leur rêve du « Grand Israël ».

Le Consolateur, la Trinité (Jean 14,16-31)

Jean est le seul à nous avoir tant parlé de l’Esprit-Saint (Jean 15,26 / 16,7-15). Il est le « Consolateur » (en grec: « Paraclitos », et en hébreu: « Ménahem »: Jean 14,16 et 14,26). Cet Esprit soutiendra les Apôtres et les « consolera » après le départ dramatique de Jésus: « Je vous donnerai un autre Consolateur (que Moi)… Je ne vous laisserai pas orphelins (sans Moi) Je reviendrai vers vous (par ce Consolateur) » (Jean 14,16-18). À remarquer que c’est encore Jésus qui « revient vers eux » sous la forme de l’Esprit Consolateur. Jésus et cet Esprit sont donc Un, comme Jésus et le Père sont aussi Un. Le Père, Jésus et l’Esprit sont donc Un. Ce texte révèle la Trinité.

La consolation vient du fait que le Christ, après sa mort, se manifeste -exclusivement- « à ceux qui l’aiment » (Jean 14,21) pour les consoler. Mais les Apôtres ne comprirent pas ces paroles. Ils s’imaginaient encore que Jésus sera le roi nationaliste d’Israël devant se manifester vivant, sous peu, aux Juifs. C’est pourquoi ils lui demandent: « Comment te manifesteras-tu à nous seulement et pas au monde? » Et Jésus s’efforce, jusqu’au dernier instant, de leur expliquer que le royaume qu’ils attendent n’est pas celui qu’ils imaginent mais qu’il est intérieur: « Mon Père et Moi, nous viendrons chez celui qui M’aime et établirons notre demeure en lui » (Jean 14,23). Ils n’étaient pas encore en mesure de comprendre cette dimension intérieure. C’est bien plus tard que Jean écrit tout cela, après avoir lui-même compris la portée profonde de ces paroles. Il écrivit alors pour éclairer les autres Judéo-chrétiens à dépasser les limites du faux judaïsme dont la conséquence fatale est un nationalisme non voulu de Dieu. Ces enseignements spirituels sont valables pour les hommes de tous les siècles… notamment les matérialistes.

Sanctifier le Nom de Dieu (Jean 17,1-26)

Jésus prie à haute voix pour donner ses derniers enseignements avant de quitter la terre:

1) La Vie Éternelle consiste à « connaître Dieu et son Messie », c’est-à-dire d’avoir en soi la vraie conception de Dieu, ne pas L’imaginer autrement qu’Il est. Seuls les élus reconnaissent cette « image » de Dieu en Jésus, prenant part ainsi à la Vie Éternelle dès ici-bas (Jean 17,3). St Paul dit: « Si notre Évangile demeure voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé la pensée afin qu’ils ne voient pas resplendir l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4,3-4). Cela s’applique aujourd’hui à ceux qui ne parviennent pas à reconnaître la Bête de l’Apocalypse, ceux pour qui le Livre de l’Apocalypse de Jean demeure fermé.

Exiger un Messie sioniste signifie avoir de Dieu une image trompeuse. Quand Jésus nous demande de prier: « Que ton Nom soit sanctifié », Il nous invite à purifier nos conceptions de Dieu et ses plans de salut en faveur des hommes. Nos souillures nous empêchent de voir l’Essence divine dans sa pureté. Un oeil myope voit un visage déformé, ce n’est pas le visage qui est mauvais, mais l’oeil qui le regarde. « Père guéris mes yeux que je Te vois tel que Tu es. Que ton Nom en moi soit sanctifié, non défiguré par ma cécité ». Jésus demanda à un aveugle: « Que veux-tu que je fasse pour toi? » Il répondit: « Seigneur que je vois ». Et Jésus le guérit sur le champ. Nous devons, nous aussi, faire cette demande au Christ avec foi. Car Jésus est vivant, et vivant pour toujours, pour nous exaucer. Nous L’entendrons nous dire, en nos coeurs, ce qu’il avait dit à l’aveugle: « Vois! Ta foi t’a sauvée » (Luc 18,35-43). Jésus dit qu’il était venu pour donner la vue, la Vue intérieure (Jean 9,39-41).

« J’ai manifesté ton Nom aux hommes », dit Jésus au Père (Jean 17,6). Ce Nom n’est plus seulement celui de « YHVH », comme révélé à Moïse, mais une vérité plus profonde et immanente à l’homme, écrite en lettres de feu dans sa vie intime: Dieu est dans le coeur des croyants et l’enfer est un coeur sans Dieu. Dieu est le Bonheur parfait. Qui connaît Dieu tel qu’Il est, jouit du bonheur parfait: « Dieu est Amour » nous informe Jean (1 Jean 4,16), et ‘celui qui n’aime pas (Jésus), n’a pas connu Dieu’ (c’est-à-dire ne l’aime pas), dit encore Jean, car « l’amour de Dieu s’est manifesté par l’envoi de son Fils unique Jésus, afin que nous vivions par Lui » (1 Jean 4,9). Tel est le « Nom » de Dieu, ce par quoi on le reconnaît: l’Amour! Et l’Amour incarné: Le Messie! Ce saint Nom, pour beaucoup, est un scandale. Mais pour les croyants il est Vie Éternelle. Tel est le Nom révélé par Jésus et que lui seul pouvait révéler.

Jésus révéla ce Nom de Dieu et nous a dit qu’Il « le révélera encore » (Jean 17,26), c’est-à-dire dans l’avenir. Cette révélation se fait en nous, jusqu’à la fin des temps, « pour que l’amour dont Tu m’as aimé soit en eux et moi en eux », dit Jésus. Cette immanence de Dieu doit donc être parfaite dans le coeur des croyants afin qu’ils soient pleins de Lui. Le Christ toujours vivant continuera à leur enseigner l’Amour, l’Amour qui unit et qui s’unit au Père.

Ceux qui prêchent une « transcendance » de Dieu ont de lui une image lointaine et fausse, non conforme au Nom révélé par Jésus: un Nom « En nous », immanent à l’homme croyant, étant amour et l’Amour n’est jamais transcendant. Le Nom de Dieu est « Immanent ».

2) « Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les garder du mal » (Jean 17,15). Il ne faut donc pas s’isoler du monde comme font certains moines et religieux. Ceux-ci, en majorité, ont peur du monde et craignent de faire face aux réalités de la vie quotidienne et aux difficultés du témoignage de Jésus. Ils ressemblent à ce serviteur craintif qui cacha son unique talent dans la terre, méritant ainsi d’être rejeté par le Maître (Matthieu 25,24-30). Nous sommes appelés à « vaincre le monde » sachant que « Celui qui est en nous (Jésus) est plus fort que celui qui est dans le monde (Satan) » (1 Jean 4,4). Les Apôtres ne se sont jamais isolés.

C’est en demeurant dans le monde avec la force de Dieu que nous pourrons sauver les gens de bonne volonté égarés par les astuces du monde. Ceux qui vivent dans le monde, comme Jésus, mais qui ont de Dieu la vraie connaissance et le vrai « Nom », ne craignent pas de « succomber à la tentation »; ils vaincront les séductions mondaines en luttant avec courage; ils triomphent du mal, « les portes de l’enfer ne tiendront pas contre eux » (Matthieu 16,18). Il faut avoir cette foi!

« Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18,33-36)

Pilate, inquiet, demande à Jésus s’il est le roi des Juifs. Jésus répondit: « Mon Royaume n’est pas de ce monde (Pilate n’avait donc pas à s’inquiéter ni à l’arrêter). Si mon Royaume était de ce monde, mes gens (les Apôtres et tous les disciples à leur suite) auraient combattu pour que je ne fusse pas livrés aux Juifs ». Jésus répondait ainsi à Pilate qui était manifestement inquiet, croyant que Jésus se présentait comme roi temporel d’Israël à la place d’Hérode, l’ami des Romains. Il voulait s’assurer que Jésus ne préparait pas une insurrection contre Rome. Il faut noter l’inquiétude de Pilate qui s’est aggravée en entendant Jésus se présenter comme « Fils de Dieu »: « À ces mots, Pilate s’alarma encore davantage… », dit Jean (Jean 19,8). Cette crise de conscience de Pilate était rendue encore plus aiguë par le rêve prémonitoire de sa femme, Claudia Procula en faveur de Jésus (Matthieu 27,19). D’après la tradition, celle-ci aurait abandonné son mari après qu’il eut livré Jésus aux Juifs. Elle serait devenue chrétienne.

Par sa réponse, Jésus veut dire à Pilate que sa mission n’est pas de s’opposer à Rome, autrement il aurait ordonné à tous ceux qui le suivent de s’insurger contre Hérode et César et de combattre par la violence armée pour « qu’il ne fut pas livré » à ses ennemis. Tous ses disciples n’attendaient de lui qu’un mot pour se soulever. C’est cela qui inquiétait Pilate.

Les chefs juifs présentèrent Jésus à Pilate comme étant un révolutionnaire contre les Romains. Luc nous dit qu’ils emmenèrent Jésus devant Pilate et ils se mirent alors à l’accuser en disant: « Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte (contre Rome) empêchant de payer les tribus à César et se prétendant le Christ Roi » (Luc 23,1-2).

C’était cette prétention à la souveraineté qui inquiéta Pilate. Mais voyant que Jésus n’aspirait pas à un royaume politique, il voulut le libérer (Luc 23,13-16). « Mais les Juifs crièrent: « Si tu le relâches tu n’es pas ami de César. Qui se fait roi s’oppose à César… Nous n’avons d’autre roi que César » (Jean 19,12-15). C’est seulement « alors », c’est-à-dire après cette proclamation de l’unique souveraineté de César, que Pilate « leur livra Jésus pour être crucifié », précise Jean (Jean 19,16). Le représentant de César ne pouvait pas résister à la menace d’être accusé comme traître à l’empereur et de sembler favoriser Jésus, après qu’il lui eut été présenté comme terroriste révolté contre l’occupation romaine. Pour être saint, Pilate aurait dû « se faire violence » en soutenant la cause juste de Jésus jusqu’au bout, au risque de subir l’infamie parmi les hommes pour mériter la gloire éternelle du Ciel.

Il faut noter enfin la mauvaise foi des chefs juifs qui « excitèrent la foule à demander qu’il leur relâchât plutôt Barabbas » et que Jésus fut condamné (Marc 15,11). « Or Barabbas était un assassin » (Jean 18,40), « un prisonnier fameux » (Matthieu 27,16), « arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition (contre les romains) » (Marc 15,7). La mauvaise foi des Juifs apparaît dans le choix de la libération de l’activiste Barabbas, un « fameux » nationaliste israélien de l’époque, et dans la condamnation de Jésus comme activiste révolutionnaire, l’accusant d’être ce qu’était Barabbas.

Remarque que les Apôtres étaient armés de deux épées (Luc 22,38), croyant encore à un soulèvement armé contre le pouvoir établi. Quand Jésus leur parla du combat décisif qu’ils devaient mener, il entendait le combat spirituel auquel ils devaient faire face après sa crucifixion: « Maintenant que celui qui a une bourse la prenne… que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter une épée… car ce qui me concerne touche à son terme » (Luc 22,36). Jésus parlait de l’épée de la parole, de la force de l’âme que les Apôtres devront avoir devant les moments difficiles et les combats spirituels qui se présenteront « quand tout ce qui Le concerne, touchera à son terme » c’est-à-dire sa mise en croix prochaine. Mais eux ne comprirent pas ses paroles; ils crurent que l’heure de la révolte contre Hérode et César avait sonné. C’est pourquoi ils répondirent sur le champ: « Il y a justement ici deux épées ». Exaspéré par leur incompréhension, le Christ répondit: « C’est assez! » (Luc 22,35-38). Car, comme l’a compris Paul plus tard: « L’épée de l’esprit c’est la parole de Dieu » (Ephésiens 6,17). L’Apocalypse explique bien que, pour le Christ, « l’épée » est la parole, la puissance de la parole de vérité: « De sa bouche sort une épée effilée » (Apocalypse 1,16), « Je combattrai ces gens avec l’épée de ma bouche » (Apocalypse 2,16).

Au Jardin des Oliviers, lors de l’arrestation de Jésus, « voyant ce qui allait arriver, les compagnons de Jésus lui demandèrent: ‘Maître, faut-il frapper de l’épée?’ Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite ». Jésus intervint pour empêcher ses gens de Le délivrer par l’épée et dit à ses Apôtres: « Laissez (vos épées)! Cela suffit! » (Luc 22,49-51). Ne recevant aucun ordre de combat, « les disciples (déçus), l’abandonnèrent alors tous et s’enfuirent » (Matthieu 26,56), comme Jésus venait de les prévenir: « Voici venir l’heure où vous serez dispersés, chacun de son côté et me laisserez seul » (Jean 16,32).

Jean demeure jusqu’au Retour de Jésus (Jean 21,22)

« S’il me plaît qu’il (Jean) demeure jusqu’à ce que Je vienne, que t’importe?… »

Ces paroles furent adressées par Jésus à Pierre, à propos de Jean, « le disciple que Jésus aimait », comme aime à se présenter Jean (Jean 21,20). Ces mots amenèrent les disciples à croire que le retour du Christ était imminent, que cela aurait lieu pendant que Jean était encore en vie.

Cette croyance se reflète dans les paroles de Paul aux Thessaloniciens: « Nous, les vivants, nous qui serons encore là pour l’Avènement du Seigneur (Jésus) » (1 Thessaloniciens 4,15 / répété en 4,17).

Aussi, Jean, se voyant vieux et près de quitter cette terre (il avait environ 95 ans quand il écrivit son Évangile), sachant que « le bruit s’était répandu alors parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas (avant le retour de Jésus) », explique les paroles du Sauveur en disant: « Pourtant Jésus n’avait pas dit à Pierre: ‘Il ne mourra pas’, mais: ‘S’il me plaît qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne (que t’importe)' » (Jean 21,23).

Paul, qui crut lui aussi au retour immédiat de Jésus, s’était rendu compte de son erreur bien avant que Jean n’écrivit son Évangile. Aussi dans sa seconde lettre aux Thessaloniciens, il rectifie ce qu’il avait dit dans sa première concernant l’Avènement de Jésus. Il précise en leur disant à ce propos: « Ne vous laissez pas trop vite agiter l’esprit ni alarmer par des propos ou des lettres comme venant de nous et qui feraient penser que le Jour du Seigneur est déjà là. Que personne ne vous abuse d’aucune manière. Auparavant doit venir l’Apostasie et se révéler l’Homme impie l’Adversaire » (2 Thessaloniciens 2,1-4). Cet « Adversaire », appelé « Antichrist » par Jean, est l’adversaire du Christ Jésus (1 Jean 2,22).

Avant l’Avènement de Jésus, à la fin des temps, un grand signe nous est donné comme point de repère: l’apparition de l’Antichrist, la « Bête » qu’il faut reconnaître (Apocalypse 13).

Le livre de l’Apocalypse de Jean, nous est donné à cette fin. Il contient les révélations faites à Jean pour nous aider à reconnaître l’identité de cet ennemi redoutable qui doit apparaître la veille du Retour de Jésus. C’est dans ce sens que Jean doit demeurer dans le monde, jusqu’à ce que Jésus vienne. C’est par son Apocalypse que Jean est encore dans le monde, pour préparer les croyants à ce Retour car, grâce à ce livre salutaire, nous savons que l’Antichrist est déjà apparu sur terre. Le Retour de Jésus n’est donc plus loin; il est même déjà entamé dans certaines âmes.

Ici se termine l’étude de l’Évangile et des lettres de Jean. Ce que j’ai dit à propos de ses 3 lettres suffit pour permettre de les lire sans y trouver de points obscurs majeurs.

Lis maintenant l’Évangile de Jean et ses lettres avant de passer à l’étude des lettres écrites par des Apôtres.

Les lettres de Paul

Paul a écrit 14 lettres pour affermir la foi des premiers Chrétiens dont la plupart étaient des Judéo-chrétiens. Son principal souci est de les mettre en garde contre ces adversaires qui s’efforcent de les éloigner de Jésus, ces Juifs qui lui résistent partout et qui veulent ramener les néophytes à la pratique des oeuvres de la Torah par toutes sortes de raisonnements. C’est pourquoi Paul, écrivant aux Galates, leur dit: « O Galates sans intelligence, qui vous a ensorcelés… Je ne veux savoir de vous qu’une chose: est-ce pour avoir pratiqué la Loi (La Torah) que vous avez reçu l’Esprit ou pour avoir cru à la prédication (de l’Évangile)? » (Galates 3,1-2). « Je m’étonne que si vite vous abandonniez Celui qui vous a appelés par la grâce du Christ… Il y a seulement des gens (les Juifs mécréants) en train de jeter le trouble parmi vous et qui veulent bouleverser l’Évangile du Christ » (Galates 1,6-7). Ainsi agit l’esprit diabolique de l’Antichrist.

Les deux lettres de Paul aux Romains et aux Galates doivent être étudiées ensemble car elles s’attaquent au même problème: empêcher les Judéo-chrétiens de retourner à la pratique -inutile- du culte et des oeuvres de la Loi (Torah): « La Loi (Torah) ne peut justifier personne devant Dieu… Le juste vivra par la foi (en Jésus, non par le culte), or la Loi ne procède pas de la foi (en Jésus)… Le Christ nous a rachetés (libérés) de cette malédiction de la Loi… » (Galates 3,11-13). Dans sa lettre aux Romains Paul dit encore: « Nous estimons que l’homme est justifié par la foi sans la pratique (des oeuvres) de la Loi (Torah) » (Romains 3,28). Paul s’est condamné auprès des Juifs en qualifiant la Torah de malédiction. Mais cela le justifia et le glorifia auprès du Père et de son Messie.

Ainsi donc tout l’effort de Paul fut de convaincre ces Juifs devenus Chrétiens (habitués à accomplir un culte prescrit dans les livres de l’Exode, du Lévitique, des Nombres, et du Deutéronome) que ces pratiques cultuelles sont stériles à l’âme et que seule la foi en Jésus comme Messie, et cette foi seule, sans la pratique de la Loi (Torah), peut sauver.

Tu peux à cette étape lire la lettre aux Galates.

Avant de lire la lettre aux Romains, tu dois savoir que Paul l’adresse aux Chrétiens de Rome. Or ceux-ci étaient divisés en deux communautés distinctes et, hélas, adverses:

  1. Celle des Judéo-chrétiens formée des Juifs qui crurent en Jésus
  2. Celle des Pagano-chrétiens formée par des Païens (en majorité des Romains) qui se joignirent aux disciples du Christ.

Ces deux communautés se méprisaient l’une l’autre. La première, formée par des Juifs, considérait les Païens indignes de faire partie du peuple des croyants. Les Juifs qui suivirent Jésus pensaient que le Christianisme était réservé aux seuls Juifs, ils n’avaient pas encore compris la dimension universelle du message de Jésus. Paul leur écrit donc: « Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement et non des Païens? Certes, également des Païens; puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu qui justifiera les circoncis (Juifs) en vertu de la foi (en Jésus) comme les incirconcis (Païens) au moyen de cette foi » (Romains 3,29-30).

La communauté des Pagano-chrétiens méprisait à son tour celle des Judéo-chrétiens, croyant -à tort- que les Juifs devaient être globalement exclus du peuple des croyants parce qu’ils avaient rejeté Jésus. Paul les contredit en leur disant: « Ne suis-je pas moi-même Israélite?… Dieu n’a pas rejeté son peuple… Il subsiste un reste élu par grâce (par la foi en Jésus). Mais si c’est par grâce, ce n’est plus en raison des oeuvres (du culte de la Torah) » (Romains 11,1-6). Il ne fallait donc pas fermer la porte devant « ce reste », ces Juifs « élus », parce qu’ils croient en Jésus. Le cas se reproduit aujourd’hui, car beaucoup de Juifs -comme le mouvement « Jew for Jesus »- croient que Jésus est le Messie.

Par de tels arguments sincères, vrais et pacifiques, Paul essaya de mettre la concorde entre Judéo-chrétiens et Pagano-chrétiens, invitant les uns et les autres « à être accueillants les uns pour les autres » (Romains 15,7).

Les Israéliens (Sionistes) modernes se prévalent de tels versets, dans la même lettre, pour se faire accepter des Chrétiens, les induisant en erreur par une traduction astucieusement fausse des paroles et de l’intention de Paul. Ce faisant, les Sionistes visent à obtenir le soutien du monde chrétien à l’État d’Israël. Or, les paroles de Paul ne visent pas un soutien à l’État d’Israël, ni des Israéliens du XXe et XXIe siècles, mais visent « ce reste élu » (Romains 11,5) parmi les Juifs, élus par le passé, à cause de leurs foi en Jésus. Ces paroles bienveillantes s’appliquent aussi aux Juifs de nos jours qui croiront en Jésus. Les Hébreux nationalistes d’aujourd’hui, par leur refus de reconnaître en Jésus le Messie, sont l’Antichrist (1 Jean 2,22) et les faux Juifs dénoncés par Jésus (Apocalypse 2,9 et 3,9).

Il ne faut pas oublier encore que Paul a donné aux Juifs une condition pour être sauvés. En effet, il dit clairement: « S’ils ne demeurent pas dans l’incrédulité (c’est-à-dire dans leur refus de Jésus), ils seront greffés (sur le peuple de Dieu) » (Romains 11,23).

Ceux qui pensent que Paul prend la défense des Israéliens de notre époque et de l’État d’Israël doivent se rendre compte que:

  1. Paul est un Hébreu devenu apôtre de Jésus. Il renonça au culte juif de la Torah qu’il considéra comme une nullité, voire une malédiction (Galates 3,13).
  2. Paul a violemment combattu les négateurs de Jésus, les considérant ennemis de Dieu et des hommes; il dit en effet: « Les Juifs ont mis à mort le Seigneur Jésus et les prophètes, ils nous ont persécutés, ils ne plaisent pas à Dieu, ils sont ennemis de tous les hommes… » (1 Thessaloniciens 2,15-16).
  3. Paul dit clairement que la conclusion de son raisonnement est l’échec de ceux qui sont pour l’État d’Israël et la réussite des élus de Jésus: « Que conclure donc? Ce que recherche Israël (un État impérialiste) il ne l’a pas atteint, mais ceux-là l’ont atteint qui ont été élus (les disciples de Jésus ont obtenu l’Esprit-Saint et ont atteint le Règne de Dieu) » (Romains 11,7).

La lettre aux Romains se termine par des salutations. Paul les adresse à des membres des deux communautés, les sommant, un à un, pour aider à leur rapprochement: Prisca et Aquilla sont d’origine juive (Romains 16,3) et Luc les mentionne dans Actes 18,1-2. Tu liras les noms des Pagano-chrétiens mentionnés par Paul, faisant à tous, cette ultime recommandation d’amour: « Saluez-vous mutuellement d’un saint baiser » (Romains 16,16).

Lis maintenant la lettre aux Romains, en tenant compte qu’elle fut adressée à ces deux communautés pour les réconcilier et les unir dans l’amour du Messie, Jésus, invitant les premiers à s’élever au-dessus des considérations pharisaïques condamnées par Dieu (voir Matthieu 5,20) et les seconds à ne pas sombrer à leur tour dans le racisme en écartant les Juifs, comme tels, de la possibilité de croire en Jésus.

Car Paul a constamment enseigné qu’en Jésus, Juifs et Païens se confondent: « C’est Lui (Jésus) qui est notre paix, Lui qui des deux (Païens et Juifs) n’a fait qu’un peuple, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi (Torah) des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa Personne les deux en un seul Homme nouveau… et les réconcilier avec Dieu, tous deux, en un seul Corps (par la Croix) » (Ephésiens 2,14-18).

Sachant qu’il avait pour mission de révéler Dieu et le Christ aux Païens (Actes 9,15), Paul réalisait bien qu’il devait combattre farouchement contre l’exclusivisme des Juifs qui « l’empêchèrent de prêcher aux Païens pour leur salut » (1 Thessaloniciens 2,16).

Toutes les lettres de Paul sont le fruit de ses luttes pour « faire connaître le Fils de Dieu parmi les Païens » (Galates 1,16). Il apprécia la grâce d’annoncer aux Païens « l’insondable richesse du Christ » (Ephésiens 3,8), « la glorieuse richesse de son mystère parmi les Païens » (Colossiens 1,27), devenant l’incontestable « apôtre des Païens » (Galates 2,8), comme le voulait Jésus (Actes 9,15).

Ayant compris ce point capital concernant Paul, tu peux maintenant lire le reste de ses lettres.

Les lettres de Pierre, de Jacques et de Jude ne présentent pas de difficulté. Lis-les.