Leçon 4 – Histoire d’Isaac et de Jacob (Genèse 25 à 50)

Il faut avoir déjà lu ces chapitres avant de poursuivre cette leçon, sinon on n’en tirera pas grand-chose. Cinq points importants sont à relever:

Les deux fils d’Isaac: Esaü et Jacob (Genèse 25,19-)

Rebecca (Rivca), comme Sara sa belle-mère, était syrienne. Genèse 25,20 insiste sur la révélation de cette origine « araméenne » de l’épouse d’Isaac: « Isaac avait 40 ans lorsqu’il épousa Rebecca, fille de Bétuel, l’Araméen de Paddân-Aram, et soeur de Laban l’Araméen » (Genèse 25,20).

Rebecca, comme Sara, était stérile: « Isaac implora Yahvé pour sa femme, car elle était stérile; Yahvé l’exauça et sa femme Rebecca devint enceinte » (Genèse 25,21). Elle portait des jumeaux: Esaü et Jacob. Le premier à naître était considéré comme l’aîné et la coutume voulait que celui-ci soit privilégié et hérite de la dignité paternelle. Selon la tradition humaine, il revenait donc à Esaü, l’aîné, d’hériter de la mission spirituelle d’Abraham et d’Isaac, le Messie devant venir de sa lignée, non de celle de son frère jumeau, Jacob.

Mais Dieu ne se laisse pas lier par les coutumes et les considérations humaines, familiales ou tribales, comme c’est le cas ici. Elles sont trop souvent racistes et dictées par des préjugés injustes. Il établit donc son Alliance avec Jacob, non avec Esaü, pourtant l’aîné. Cette « alliance » signifiait que le Messie devait venir de la lignée de Jacob.

En effet, lorsque Rebecca alla « consulter Dieu », Il lui répondit: « Il y a deux nations dans ton sein… L’aîné servira le cadet » (Genèse 25,23). Ceci est un bouleversement total de la mentalité de l’époque et des traditions antiques. La raison -strictement humaine- du passage du droit d’aînesse à Jacob est que Rebecca « préférait Jacob » parce qu’il était « un homme tranquille et demeurait sous les tentes », auprès de sa mère (Genèse 25,27-28). Celle-ci complota donc pour dérober le droit d’aînesse et le donner à son préféré. Par ruse, elle obtint que son mari bénit Jacob au lieu d’Esaü qu’il préférait pourtant à son frère « car le gibier (cuisiné par Esaü) était à son goût » (Genèse 25,28). L’on croyait, à cette époque, que la bénédiction donnée était effective et irrévocable, ne pouvant passer à un autre, qu’elle soit méritée ou pas (Genèse 27,1-45). À noter que « cette consultation de Dieu » se pratiquait par des voyants ou des voyantes qui prétendaient détenir ce pouvoir de « voyance ». Aujourd’hui encore, beaucoup prétendent détenir un tel pouvoir. La Bible révèle que les Israélites pratiquaient couramment cette coutume (voir Exode 33,7 / 1 Samuel 14,41 etc.).

L’attitude de Rebecca et de Jacob dans cette affaire n’est pas un exemple de haute moralité. Les prophètes venus ultérieurement condamnèrent la ruse de Jacob: Jérémie la présente comme exemple de duperie: « Que chacun soit en garde contre son ami, méfiez-vous d’un frère, car tout frère joue le rôle de Jacob… L’un dupe l’autre… » (Jérémie 9,3-4). « Yahvé est en procès avec Israël, il va traiter Jacob suivant sa conduite, lui rendre selon ses oeuvres. Dès le sein maternel il supplanta son frère… », dit encore Osée (Osée 12,3-4).

Mais les scribes, voulant justifier Jacob et sa mère, présentèrent l’histoire du plat de lentilles au détriment d’Esaü. Celui-ci revenait affamé et « épuisé » du travail à la campagne; il dit à son frère qui avait préparé un bon potage de lentilles: « Laisse-moi avaler (tant il avait faim…) ce (mets) roux (couleur des lentilles). Je suis épuisé! » Mais Jacob, affamé du droit d’aînesse, saisit l’occasion au vol et en abusa pour dérober ce droit à son frère: « Vends-moi d’abord ton droit d’aînesse », rétorqua-t-il. Esaü, ne prenant probablement pas au sérieux les convoitises de son frère, acquiesça. « C’est tout le cas qu’Esaü fit du droit d’aînesse », commentent cyniquement les scribes (Genèse 25,29-34).

Cette histoire a, toutefois, le mérite de nous secouer: elle nous invite, si nous y sommes attentifs, à la révolte devant l’injustice. Isaac, en effet, remarque-le bien, dit à son fils Esaü: « … tu serviras ton frère. Mais quand tu t’affranchiras, tu secoueras son joug de dessus ton cou » (Genèse 27,40). Il faut se libérer du joug des traditions religieuses infructueuses.

Un autre enseignement à tirer de cette histoire: il faut préférer le spirituel au matériel, ne pas « vendre notre droit d’aînesse », qui est notre droit à la vie Éternelle, pour un bien d’ordre temporel. C’est cet enseignement que Jésus nous donne en refusant, à la demande du diable, de transformer les pierres en pain, malgré sa faim, car « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4,4. Voir aussi Deutéronome 8,3). Il faut être affamé et assoiffé des directives divines. S’il y a à choisir entre un intérêt matériel et un autre spirituel, c’est le dernier qu’il faut choisir et le premier qu’il faut sacrifier, sans se retourner en arrière, comme la femme de Lot…

Dieu promit à Adam et Ève une descendance qui écrasera la tête du démon. Ce Sauveur est le Messie. Le plan messianique de Dieu débuta avec Abraham, passa à Isaac et continua en Jacob.

Après avoir commencé avec Abraham et après avoir été transmise à Isaac, la descendance promise par Dieu à Adam et Ève pour écraser la tête du démon, leur tentateur, passe à Jacob qui devient le troisième Patriarche. L’histoire des lentilles vient expliquer pourquoi cette descendance n’est pas passée par Esaü, pourtant l’aîné. Mais cette explication humaine ne révèle pas la véritable intention de Dieu.

Les deux épouses de Jacob (Genèse 28 et Genèse 29)

Esaü épousa des femmes hittites, non araméennes: cela déplut à ses parents (Genèse 26,34-35) et ce fut une raison de plus de lui en vouloir. Rebecca, qui craignait pour Jacob pareils mariages, intervint auprès de son mari pour qu’il commande à Jacob: « Tu ne dois pas prendre une femme parmi les filles de Canaan. Lève-toi! Va en Paddân-Aram (en Aram, c’est la Syrie) chez Bétuel, le père de ta mère, et choisis-toi une femme de là-bas » (Genèse 28,1-2). Remarque qu’Isaac invoque sur Jacob et sa descendance « la bénédiction d’Abraham ». Dans l’intention divine, cette bénédiction signifie que le Messie vient de cette descendance, non de celle d’Esaü. Les scribes donnent de cette bénédiction une interprétation géographique, à savoir que la Palestine appartient à la descendance de Jacob (les Israélites), non à celle d’Esaü (les Arabes). Ceci ressort du verset suivant: « …pour que tu possèdes le pays dans lequel tu séjournes et que Dieu a donné à Abraham… » (Genèse 28,3-4).

En route vers la Syrie, Jacob eut un songe: Dieu lui apparut au sommet d’une échelle allant de la terre au Ciel pour lui annoncer que son Alliance avec Abraham se poursuivrait par lui (Genèse 28,12-16). Jésus évoqua ce songe de l’échelle, l’adaptant à sa personne et révélant par là que, désormais, il est lui-même le détenteur de l’Alliance divine, le successeur et l’héritier des vraies promesses faites par Dieu à Abraham, Isaac et Jacob (Jean 1,51). Il est cette échelle qui mène de la terre au Ciel et permet aux hommes qui croient en Lui de monter vers le Haut.

Remarque que la croyance en un Dieu unique ne s’est pas développée sans difficulté. Il a fallu des expériences et des options personnelles. En effet, Jacob ne s’est pas suffi des paroles de son père. Il hésite à croire en Dieu et sa foi est au conditionnel: « Si Dieu est avec moi… s’il me donne du pain… si je reviens sain et sauf chez mon père, alors Yahvé (seul) sera mon Dieu… » (Genèse 28,20-22).
L’histoire des mariages de Jacob débute au chapitre 29,15. La course frénétique entre Léa et Rachel (Rahil) pour enfanter nous paraît drôle. Il faut lire ces récits en tenant compte de la mentalité de l’époque: l’estime du mari était à la mesure du nombre des enfants car la progéniture était considérée comme un signe de la bénédiction divine.

Cette course effrénée à la procréation entre les deux épouses, à laquelle les servantes Zilpa (de Léa) et Bilha (de Rachel) furent mises à contribution, donna à Jacob 12 garçons et une fille. Ces 12 fils de Jacob sont les ancêtres fondateurs des 12 tribus d’Israël, la première communauté monothéiste appelée à révéler au monde, avec bonté, le Créateur unique. Les prophètes dénoncèrent l’infidélité et la mauvaise gestion de ce premier groupe de croyants.

S’étant enrichi, Jacob voulut être indépendant de son beau-père Labban. Il fuit donc vers son pays natal, Canaan. Remarque que, dans la précipitation du voyage, Rachel insista pour emporter avec elle les idoles des dieux qu’elle adorait encore malgré son mariage avec Jacob (Genèse 31,34). À noter donc que la croyance au Dieu unique a grandi graduellement et avec le temps dans le coeur des ancêtres. Il ne faut pas s’en étonner. Aujourd’hui encore, 4000 ans après Abraham, il se trouve des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans qui ne croient pas en Dieu… ou qui y croient mal, de manière fanatique, avec une mentalité intégriste, fétichiste, non renouvelée.

La « lutte » de Jacob contre Dieu (Genèse 32,24-33)

Jacob, de retour vers Canaan, eut une autre apparition divine: « Un homme lutta avec lui jusqu’au lever de l’aube ». Cet « homme » est Dieu sous forme humaine, comme les trois « hommes » apparus à Abraham (Genèse 18).

La « lutte » entre Dieu et Jacob est symbolique: Dieu veut façonner Jacob, le modeler à son Esprit Saint, mais l’homme refuse de se laisser faire par son Créateur. Voyant que Jacob lui résistait, Dieu lui donna le nom de « Israël », qui signifie « lutter contre Dieu » (Genèse 32,29).

En analysant ce fait, l’on conclut que Jacob voulait inconsciemment s’égaler à Dieu, se poser face à lui comme un rival. C’est pourquoi son comportement fut condamné par les prophètes. En effet, Osée dit: « Yahvé va traiter Jacob suivant sa conduite… dans sa vigueur il lutta contre Dieu et eut le dessus », conclut Osée ironiquement (Osée 12,3-4). C’est par la violence et par intérêt personnel, non par amour et justice, que Jacob voulut dérober la bénédiction de Dieu, exactement comme il avait agi pour subtiliser à son père la bénédiction destinée à Esaü.

Après cet incident, Dieu donne un autre nom à Jacob: « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël (Isra=lutter, et EL=Dieu), car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes (il « lutta » contre son frère Esaü, un homme, et lui déroba le droit d’aînesse) et tu as vaincu », lui déclare Dieu ironiquement (Genèse 32,29). Cette résistance s’applique aux scribes et aux pharisiens qui ont toujours résisté à Dieu et à ses prophètes. Ces derniers, avant Jésus et les Apôtres, ne manquèrent pas de dénoncer l’attitude réfractaire à Dieu des chefs religieux (voir Isaïe 1,2-3 / Michée 1,5 / Jérémie 2,20 / Matthieu 23 / 1 Thessaloniciens 2,14-16). Il faut voir dans le « triomphe » de Jacob dans sa lutte contre Dieu la même ironie divine que celle adressée à Adam après sa chute (Genèse 3,22).

Les scribes bibliques prétendent que Dieu « là-même, bénit » Jacob (Genèse 32,30). Il y a dans cette « bénédiction » une contradiction aux paroles des prophètes cités plus haut: c’est une surcharge ajoutée par la « plume mensongère » des scribes (Jérémie 8,8) pour justifier leur propre résistance à Dieu en la présentant comme acceptable, voire « bénie » de Dieu. C’est pourquoi Dieu dit à la communauté israélienne par Isaïe: « Ton premier père (Jacob-Israël) a péché, tes interprètes (les scribes et les autres chefs religieux qui interprétaient les textes bibliques) se sont révoltés contre moi. Tes princes ont profané mon sanctuaire. Alors j’ai livré Jacob à la malédiction et Israël aux outrages » (Isaïe 43,27-28). D’où vient donc cette prétendue bénédiction de Jacob? Elle vient des interprètes et scribes, révoltés eux aussi contre Dieu, comme Jacob. Celui-ci, à cause de sa résistance contre Dieu, fut nommé Israël. Ce nom passa à ses descendants, héritiers de la même résistance.

Aujourd’hui encore, cette lutte contre Dieu est symbolisée par l’État d’Israël. Les sionistes poursuivent, en politisant le judaïsme, la lutte de Jacob contre Dieu et les hommes: contre Dieu par le refus d’admettre la mission uniquement spirituelle et universelle du judaïsme et par leur rejet de Jésus, et contre les hommes par l’injuste et la violente occupation d’une terre qui ne leur appartient pas, tout en prétendant être le « peuple élu ».

Beaucoup de mauvais croyants de tous bords méritent d’être appelés « Israël » car, tout en disant à Dieu: « Que ta volonté soit faite », ils s’entêtent à imposer leur propre volonté contre Dieu et les hommes, faisant fi et de Dieu et des hommes.

Les 12 fils de Jacob: Les 12 tribus d’Israël (Genèse 35,22-26)

Jacob eut 12 fils et une fille de ses deux épouses et de leurs deux servantes.

Léa eut 6 fils et une fille:

  • Ruben (l’aîné): il coucha avec Bilha (servante de Rachel: Genèse 35,22) et, à cause de cela, n’obtint pas de bénédiction de son père (Genèse 49,3-4).
  • Siméon et Lévi: ils commirent un crime raciste et traître (Genèse 34,25-31) qui attira sur eux la malédiction de leur père (Genèse 49,5-7). Moïse et Aaron son frère, descendent de la tribu maudite de Lévi, choisie par Moïse pour être l’unique tribu sacerdotale, c’est-à-dire la tribu qui donne les prêtres pour sacrifier les animaux (Nombres 3,45).
  • Juda: de sa tribu vient le Messie (non de la tribu du fils aîné, Ruben). C’est la raison pour laquelle Jacob loue Juda (Genèse 49,8-12).
  • Isachar et Zabulon.
  • Dina, enfin est la fille unique de Jacob.

Rachel eut 2 fils:

  • Joseph: il fut jalousé par ses demi-frères et vendu par eux. Il devint tout-puissant en Égypte où il finit par accueillir toute sa famille.
  • Benjamin: le dernier-né de Jacob, le « benjamin ».

Bilha (servante de Rachel) eut 2 fils:

  • Dan
  • Nephtali.

Zilpa (servante de Léa) eut 2 fils:

  • Gad
  • Asher.

Le chapitre 49 de la Genèse rapporte les prophéties de Jacob concernant chacun de ses enfants. La plus importante est celle de Juda car c’est d’elle que sortira le Messie. Celui-ci est appelé « Le Lion de Juda » car cette prophétie qualifie Juda de « jeune lion » (Genèse 49,9). L’Apocalypse attribue ce titre messianique à Jésus (Apocalypse 5,5).

La tribu de Juda a tenu le rôle messianique dans l’histoire juive. Elle a donné les rois qui gouvernèrent en Judée, David et sa dynastie, d’où vint le Messie. Genèse 38 indique la descendance du Messie, par Juda et Tamar, par une union extra matrimoniale. Matthieu 1,3 désigne cette généalogie. C’est Juda, qui s’était révolté contre ses frères à la suite de la vente de Joseph. Il avait quitté sa famille et épousa une cananéenne, non une juive. Il était intervenu auprès de ses frères pour sauver la vie de Joseph (Genèse 37,26). Cette noble attitude lui valut les louanges de son père (Genèse 49,9) et le mérite d’être l’ancêtre du Messie.

D’après la prophétie de Jacob concernant Juda (Genèse 49,9-12), le Messie devait abolir la royauté en Israël, non la consolider comme le pensaient les Juifs, et les Apôtres eux-mêmes (Actes 1,6). Il y est dit en effet: « Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d’entre ses pieds jusqu’à la venue de celui (le Messie) à qui il appartient, à qui obéiront les peuples » (Genèse 49,10). Le sceptre, symbole de la royauté, demeurera donc jusqu’à la venue du Messie. Celui-ci doit s’emparer de la couronne pour proclamer le règne universel et spirituel, selon Dieu, non politico-militaire, selon les hommes.

La raison de la destruction du royaume israélien -nous verrons cela plus tard- est que celui-ci fut établi par les Juifs à l’encontre de la volonté de Dieu. Mais si le Messie vient supprimer la royauté temporelle d’un État israélien, c’est pour édifier son Royaume spirituel et universel selon les paroles prophétiques de Jacob à son fils Juda: « Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda… jusqu’à la venue de Celui (le Messie) à qui il (le sceptre, donc la royauté) appartient, à qui obéiront les peuples » (Genèse 49,10). La royauté cessera donc en Israël, mais après la venue du Messie qui se proclamera Roi spirituel de toutes les nations. De fait, après Jésus, le Royaume politique cessa en Israël lorsque Titus envahit Jérusalem et détruisit le Temple. Dès lors, le Royaume spirituel et universel du Messie, Jésus, le « Lion de la tribu de Juda », fut définitivement établi. À lui le « Sceptre » à jamais.

La tribu de Juda (dite « Yéhuda » en hébreu) a donné son nom aux Juifs (dits « yéhudim » en hébreu, et « Yahoud » en arabe). La traduction française des deux mots (« Yéhuda » devenant « Juda » et « Yéhudim » devenant « Juifs ») ne révèle pas, comme l’hébreu et l’arabe, cette relation entre la tribu de Juda et les Juifs (Yéhouda et yéhoudim). Les mots « Juif » et « Judaïsme » sont dérivés du nom de cette tribu qui, à cause de sa qualité messianique, eut une grande importance dans toute la communauté. Les Juifs se réclamèrent de son nom, devenant les « Yéhudim », pour se présenter comme le peuple du Christ issu de la tribu de « Yéhuda », comme ils avaient adopté le nom d’Israël pour signifier qu’ils sont les descendants de Jacob, nommé « Israël ».

Les disciples de Jésus s’appellent « Chrétiens » car ils croient qu’Il est le « Christ. » Ainsi, le Messie, est au centre des deux communautés et leur point de référence. En Lui, elles se définissent et trouvent leur identité. Il est le Tout pour le tout dans l’Ancien et le Nouveau Testaments.

Ainsi donc, le Judaïsme et le Christianisme se rapportent au Messie: le Judaïsme étant dans l’attente de son Avènement et le Christianisme proclamant cet Avènement en la personne de Jésus. Est donc « Chrétien » qui reconnaît en Jésus le Christ annoncé. Il ne faut donc plus en attendre un autre comme font les Juifs.

La communauté juive avait pour mission de répandre la connaissance de Dieu et la future venue du Messie. La communauté chrétienne, par contre, témoigne de l’accomplissement des prophéties messianiques par Jésus, le présentant comme l’unique Messie attendu et qu’il ne fallait pas en attendre un autre (Matthieu 11,2-3).

Ces 12 fils de Jacob n’avaient donc pas de mission politique. Leur mission est uniquement spirituelle et consiste à faire connaître Dieu et à annoncer la venue du Messie dans leur communauté et dans le monde entier. Aussi, ces 12 tribus ne sont pas seulement les ancêtres spirituels des juifs, mais de tous ceux qui croient que Jésus est vraiment l’unique Christ de Dieu.

Il faut savoir que le mot « Messie » dérive de l’hébreu « Meshiah » qui signifie « Oint », Celui qui reçoit l’onction de Dieu. Le mot « Christ » dérive du grec « Christos » qui signifie aussi « Oint », le choisi de Dieu. C’est par l’onction que les rois étaient intronisés. Or le Messie est roi des deux mondes et son onction vient directement de Dieu.

Les 12 tribus en Égypte (Genèse 37 à 50)

Avec l’histoire de Joseph, nous avons vu comment les « fils d’Israël » aboutirent en Égypte vers 1700 av. J.-C. Ils y demeurèrent quatre siècles, croissant en nombre. Le récit de l’Alliance « des moitiés » entre Dieu et Abraham avait « prophétisé » cet événement (Genèse 15,13-15). Il ne faut pas ignorer que la mise par écrit du récit se fit vers l’an 1000 av. J.-C. Le séjour en Égypte et la sortie de ce pays avaient donc déjà eu lieu. Les scribes ajoutèrent cette « prophétie » plus tard.

Ce séjour en Égypte a fortement marqué la communauté israélite qui, avec le temps, avait oublié Dieu et s’était laissé entraîner à la pratique du culte idolâtre égyptien. Ceci exposait le plan messianique de Dieu au danger.

Afin de poursuivre ce plan et le mener à bon terme, Dieu chargea Moïse de sortir les Israélites d’Égypte quatre siècles après leur entrée. Le livre de l’Exode, que nous verrons dans la cinquième leçon, raconte l’histoire de cette sortie. Avec Jacob, 70 Israélites s’étaient réfugiés en Égypte (Genèse 46,27); avec Moïse 600 000 en sortiront 400 ans plus tard (Exode 12,37).

Il faut retenir les deux songes de Joseph lorsqu’il avait 17 ans: celui des gerbes de ses frères qui se prosternent devant la sienne et celui du soleil, de la lune et des onze étoiles qui font de même devant lui (Genèse 37,2-11). Retenons aussi les deux rêves du Pharaon: celui des vaches et celui des épis (Genèse 41,1-7). Dieu parle souvent aux hommes en songe et se révèle à eux ainsi.

Le Créateur annonce un même message sous deux formes différentes: d’abord à Joseph puis au Pharaon. Dieu parle donc par songes. Mais aussi faut-il être prudent: il y a des sources sataniques à nos songes. Il faut donc savoir discerner la source et bien interpréter le sens des messages ainsi reçus et s’assurer qu’ils sont de Dieu. Il faut prier pour bien les comprendre et agir avec sagesse en conséquence. Dieu a souvent employé ce procédé dans la Bible, et particulièrement dans le livre de l’Apocalypse, où le même message y est annoncé en visions répétées, mais sous différentes formes, comme les songes de Joseph et du Pharaon. Le prophète Joël nous informe, de la part de Dieu, que Celui-ci se manifeste à ses élus en songes et en visions: « Je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens des visions… » (Joël 3,1).

La Genèse se termine avec les Israélites en Égypte, Jacob ayant été enterré en Canaan (Palestine) dans la ville actuelle de Hébron (en arabe « El Khalil »), là où Abraham et Isaac sont enterrés (Genèse 50,12-13). Ce lieu est, aujourd’hui, une mosquée que les Juifs voudraient récupérer.

Avant de mourir, Joseph avise ses frères que « Dieu les visitera » pour les faire « remonter de ce pays dans le pays promis à Abraham, Isaac et Jacob ». Il leur recommande d’emporter ses ossements avec eux (Genèse 50,24-25). C’est ce que fit Moïse en sortant d’Égypte avec les Israélites (Exode 13,19).

L’expression « Dieu vous visitera » est à retenir. Elle revient souvent dans la Bible. Dieu « visite » par un envoyé, un prophète, pour communiquer un message, ou par des événements heureux ou malheureux pour récompenser ou pour châtier. Cette expression signifie que Dieu est la cause de ces événements: « Et soudain, à l’improviste, tu seras visitée par Yahvé; avec tonnerre, craquements, grand fracas… », prophétise Isaïe contre Jérusalem, l’impie (Isaïe 29,6 / voir aussi Jérémie 29,10 / Amos 3,2 / Luc 7,16 et Luc 19,44). Dieu te visite et te sollicite par l’étude biblique…

Questionnaire de récapitulation

  1. As-tu fait ton « déconditionnement » et ta « Prise de conscience »?
  2. Pourquoi étudies-tu la Bible et non un autre livre sacré?
  3. Es-tu sûr que le texte biblique que tu étudies est authentique? Pourquoi?
  4. Éprouves-tu de la joie à étudier la Bible? Que sens-tu?
  5. Explique les récits de la création et les traditions orales.
  6. Que signifie « Dieu créa l’homme à son image »? Es-tu à cette image?
  7. Comment imagines-tu l’état de l’homme au Paradis avant la chute? Et après?
  8. Comment comprends-tu le péché d’Adam et d’Ève?
  9. Explique Genèse 3,15. Quel rapport avec Abraham?
  10. Dieu agréa l’offrande d’Abel, pas celle de Caïn. Pourquoi?
  11. Qui fut le successeur d’Abel?
  12. Qu’as-tu compris du déluge et des descendants de Noé?
  13. Que sais-tu de l’épopée de Gilgamesh?
  14. Comment comprends-tu Genèse 6,1-4? Genèse 10? Genèse 15? Genèse 18,1-15? Genèse 32,23-33? Genèse 49,8-12?
  15. À quoi visait le plan divin en Abraham?
  16. Lequel des deux concepts est juste: « peuple élu » ou « communauté formée »? Pourquoi?
  17. Sara renvoya Agar et Ismaël. Commente.
  18. La circoncision, le baptême d’eau, sont-ils des exigences divines pour le salut de l’âme?
  19. Qu’as-tu compris de Melchisédech?
  20. Qu’as-tu compris de Sodome et Gomorrhe?
  21. La femme de Lot s’est transformée en statue de sel. Commente.
  22. Les 12 tribus d’Israël. Explique.
  23. Commente les songes de Joseph et du Pharaon.
  24. Qui est « Le Lion de la tribu de Juda »? Pourquoi ce nom?
  25. Etablis la lignée messianique d’Abraham à Juda.
  26. Pourquoi les Juifs veulent-ils récupérer la Mosquée d’Hébron et celle d’Omar à Jérusalem?
    (La mosquée d’Hébron est construite sur le lieu où sont enterrés Abraham, Isaac et Jacob. La mosquée d’Omar, à Jérusalem, est construite sur le lieu présumé où Abraham s’apprêtait à offrir Isaac en sacrifice. Salomon y avait construit le 1er Temple détruit en 586 av. J.-C. par Nabuchodonosor, puis de nouveau en 70 apr. J.-C. par Titus. Au VIIe siècle, le Khalife, Omar Ibn-Le-Khattab construisit une mosquée sur ce même site).