Leçon 7 – Josué, Juges, Ruth, Samuel 1 & 2

La compréhension des 5 livres de la Torah, dans l’esprit critique que nous avons suivi, forme une base sûre et réaliste pour aborder le reste des livres de l’Ancien Testament. Lis attentivement les livres de Josué et des Juges, puis reviens aux éclaircissements ci-dessous:

Le livre de Josué

Ce livre rapporte l’histoire de l’entrée des Israélites en Palestine, avec Josué à leur tête, vers 1200 av. J.-C. Le départ eut lieu de Shittim (Josué 3,1). Les frontières du pays à occuper sont vite définies: du désert (Sinaï, avec le Nil comme limite occidentale) à l’Euphrate (Josué 1,4), le Liban étant entièrement englouti. La porte de la Knesseth israélienne porte cette mention: « Ton domaine, Israël, s’étend du Nil à l’Euphrate ». C’est la raison pour laquelle le drapeau israélien porte, sur fond blanc, l’étoile à six branches (de David) entre 2 bandes bleues qui représentent le Nil et l’Euphrate. Voir dans la leçon 6 de ce cours biblique à la fin du livre des Nombres: frontières d’Israël.

L’Arche traverse le Jourdain en tête comme signe de la présence de Dieu avec la communauté israélite (transformée en armée envahissante).

La circoncision avait été négligée: sur ordre de Josué, elle fut reprise « de nouveau… avec des couteaux en pierre de silex » (Josué 5,2-9).

Prise de Jéricho: ne pas comprendre ce fait littéralement. Remarque que la ville fut prise le 7e jour, après le 7e tour, le chiffre 7 étant celui de la plénitude (6,14-16). « Sonner de la corne de bélier » (Josué 6,4-5 / 6,16) est une coutume rituelle pratiquée encore aujourd’hui par les Juifs au Mur des Lamentations. Josué maudit Jéricho, celui qui la reconstruira, dit-il, devra offrir ses fils en sacrifices aux idoles (Josué 6,26-27). Le premier livre des Rois, rédigé plus tard avec le livre de Josué, rapporte que Hiel de Béthel reconstruisit cette ville en offrant ses deux fils en sacrifice (1 Rois 16,34). Cette « prophétie » figure parmi toutes celles qui sont rapportées a posteriori dans l’intention de leur accorder une véracité historique.

La trompette (Josué 6,16) acquit un sens prophétique et spirituel après son emploi dans le culte liturgique (comme les cloches). Elle annonce que Dieu va parler ou agir, et que les hommes doivent donc tous écouter attentivement: « Vous tous qui peuplez la terre… on sonne du cor, écoutez! Car ainsi parle Yahvé… » (Isaïe 18,3-4). À la fin des temps, Jésus envoie ses disciples, avec une « trompette sonore », pour une dernière mise en garde (Matthieu 24,31). Cette trompette est symbolique: elle annonce l’ouverture du livre de l’Apocalypse (Apocalypse 8,2/10,2) et invite ceux qui ont des oreilles à écouter ce que l’Esprit a à leur révéler de nouveau (Apocalypse 3,22).


Une corne animale employée comme trompette (Les cornes de béliers sont plus modestes)

Le rôle des prêtres, mis en évidence par les prêtres-scribes qui rédigèrent ce texte plus tard, est rendu indispensable dans la prise de la ville. L’écroulement des murs de Jéricho est une fabulation sans base historique et fait partie des multiples « fables juives » contre lesquelles Paul nous mit en garde (Tite 1,13-14). À noter encore que la recommandation faite à la communauté, que nul, en entrant dans la ville, ne devait être « poussé par la convoitise au point de dérober tout l’argent et tout l’or, tous les objets de bronze et de fer étant consacrés à Yahvé, ils entreront dans son trésor », c’est-à-dire dans la pieuse poche des prêtres (Josué 6,17-19). Les scribes se délectent d’écrire que les combattants « appliquèrent l’anathème (loi d’extermination totale) à tous ceux qui se trouvaient dans la ville, hommes et femmes, jeunes et vieux, jusqu’aux boeufs, aux brebis et aux ânes, les passant au fil de l’épée » (Josué 6,21). Cela évoque les massacres de Deir Yassine, de Kfar Kassem, etc., en Palestine, dus à l’établissement de l’État d’Israël (1948) ainsi que de Sabra-Chatila, Cana, etc., au Liban, suite au plan expansionniste sioniste.

L’arrêt du soleil à Gabaon (Josué 10,12) est encore une fabulation à comprendre poétiquement, non réellement, puisque la lune aussi fut « arrêtée » par Josué.

Distribution de la terre conquise: une région fut désignée pour chaque tribu, sauf pour celle de Lévi car « Yahvé, Dieu d’Israël, fut son héritage » (Josué 13,14). Cette part non-géographique des Lévites démontre que la « Terre Promise » est une réalité spirituelle, non géographique, comme l’ont bien expliqué Jésus et ses Apôtres plus tard (Luc 17,21 / Hébreux 13,14). C’est par le sort que le partage du pays se fit entre tribus (Josué 14,2).

Le Sanctuaire de Silo: le premier centre de culte fut érigé à Silo, dans la moitié nord du pays (Josué 18,1). Il devint le lieu de pèlerinage (1 Samuel 1,3). L’Arche s’y trouvait avant d’être transférée dans le Temple de Jérusalem plus tard.

Josué meurt (Josué 24,29) sans désigner de successeur. Cela posa une difficulté dans la direction de la communauté. Une série de « Juges » décidera du sort militaire et politique des Israélites. Il s’agit d’eux dans le livre des Juges qui suit celui de Josué.

Les ossements de Joseph, mort en Égypte, furent transférés et enterrés à Sichem (Naplouse, où se situe le puits de Jacob). Son tombeau s’y trouve encore aujourd’hui (Josué 24,32).

Remarque: Les Israélites choisirent de pénétrer en Palestine par l’épée et le sang. Ils pouvaient pourtant s’y installer pacifiquement, faisant bon voisinage avec les habitants qui s’y trouvaient déjà. Ils auraient, ce faisant, répandu la connaissance de Dieu, au jour le jour, par des gestes amicaux, comme Dieu le voulait.


Principaux sites en relation avec le récit de la conquête de Canaan

Le livre des Juges

Après Josué, les Juifs succombèrent dans l’idolâtrie, « ils délaissèrent Yahvé pour servir Baal et Astarté. Mais même leurs juges, ils ne les écoutaient pas. Ils se prostituèrent à d’autres dieux » (Juges 2,13-17). À noter que ceux qui « pillaient » les Israélites, ne faisaient que reprendre leurs biens d’origine spoliés par ces derniers.

Ainsi, l’histoire israélite est un tissu de trahison à Dieu et d’agression contre les hommes. On s’étonne de la parole que les scribes firent dire à Balaam qui refusait de maudire les Juifs: « Je n’ai pas vu de mal en Jacob » (Nombres 23,21), car ce mal fut dénoncé par Moïse lors de l’adoration du veau d’or et par tant d’autres infidélités. Le bien unique issu de cette communauté fut le Messie, Jésus. Tout ce qui arrivait aux fils de Jacob, est interprété par les scribes et les prêtres juifs en leur faveur. Par exemple: Dieu laisse subsister des nations non-juives « uniquement dans l’intérêt des générations des enfants d’Israël, pour leur apprendre l’art de la guerre… » (Juges 3,1-2). Etrange mentalité belliqueuse qui voit en Dieu un guerrier exterminateur de tout non-juif. Il faut lire de tels versets avec un esprit critique et objectif pour discerner ce qui est de Dieu et ce qui résulte de la mentalité raciste des scribes. Le maintien des non-juifs parmi les Juifs aurait dû être compris autrement: Dieu, Père de tous les peuples, place les Israélites parmi les nations (non les nations parmi les Juifs) pour qu’ils demeurent parmi eux pacifiquement, non agressivement, leur révélant, avec sagesse, l’existence de Dieu. Or, ils se laissèrent, au contraire, entraîner eux-mêmes vers l’idolâtrie après avoir connu l’Unique Créateur (Juges 3,4-6).

Après Josué, une douzaine de juges se suivirent sur une période d’une centaine d’années. Le juge (« Suffète » en hébreu) ne doit pas être compris dans le sens de celui qui rend justice au tribunal entre particuliers. Il est celui qui oriente et conseille la communauté après avoir, le plus souvent, consulté Dieu (Juges 4,4-6). Il juge ce qu’il est bon de faire. Le juge est prophète, il aide le peuple à se gouverner, à trancher quand il faut prendre une décision, à mener au combat: Ehud juge en combattant contre Moab et tue leur roi, Eglon; Deborah juge en se battant contre les Cananéens et tue Siséra, leur chef; Gédéon juge en menant les guerres contre Madian. Deborah est la seule femme parmi les juges, une sorte de Jeanne d’Arc. Les juges sont donc des personnes de confiance qui prennent la défense des Israélites. Le plus connu -sans être le plus important- est Samson.

Gédéon

Un fait à relever: pour la première fois, avec Gédéon, les Israélites tentent d’établir un royaume, de devenir une nation et, d’Israélites -une communauté dont la mission est spirituelle- se transformer en Israéliens, une entité politique. Ils demandèrent donc à Gédéon d’être leur roi et d’initier une dynastie royale, son fils lui succédant. Mais celui-ci refusa, comprenant que le Roi unique est Dieu, et que la mission des Israélites n’est pas politique: « Ce n’est pas moi qui régnerai sur vous, ni mon fils non plus, car c’est Yahvé qui doit être votre Souverain ». Il exigea, toutefois, « que chacun de vous me donne un anneau prélevé sur son butin » (Juges 8,22-24). Son fils Abimélek convoita le trône après lui et tenta d’établir un royaume qui ne dura que 3 ans. Il avait mis à mort tous ses frères, au nombre de 70, pour régner, mais il fut lui-même renversé par les notables de Sichem qui l’avaient aidé à massacrer ses frères (Juges 9). Une centaine d’années plus tard, une seconde tentative aura lieu avec Samuel et aboutira à l’établissement d’un royaume israélien avec Saül comme premier roi (1 Samuel 8). Ce fut le péché originel des Hébreux comme nous verrons dans le premier livre de Samuel.

Jephté

Le juge Jephté, fils d’une prostituée (Juges 11,1), combattit les Ammonites et fit un voeu à Yahvé: « Si tu livres entre mes mains les Ammonites, celui qui sortira le premier des portes de ma maison à ma rencontre je l’offrirai en holocauste à Yahvé » (Juges 11,31). C’était sa propre fille qu’il dut sacrifier (Juges 11,34-40). Ces sacrifices humains étaient une coutume païenne proscrite par Dieu, mais, néanmoins, pratiquée par les Israélites qui furent condamnés par Dieu (Jérémie 7,30-31). Moïse avait prescrit le sacrifice d’animaux, non parce que Dieu les voulait, mais dans le but d’empêcher les Juifs de les offrir aux idoles et pour éviter des sacrifices humains. Mais cela ne servit à rien: les Israéliens commirent l’une et l’autre abomination.

Samson

L’histoire de Samson est pleine d’exagérations qu’il ne faut pas prendre à la lettre. Ses luttes contre le lion (Juges 14,6), puis contre les Palestiniens avec « une mâchoire d’âne » sont des fabulations évidentes (Juges 15,9-17) qui ont pour but de donner de ce costaud une image de l’hébreu invincible, une sorte « d’Hercule » de l’époque. Un esprit mûr n’y prête pas foi.

Le crime des Danites

Retiens l’histoire sanguinaire des Danites (chapitres 17 et 18). Ce crime fut commis après consultation de Dieu! Les Danites demandèrent au prêtre: « Consulte donc Dieu… que nous sachions si le voyage que nous entreprenons réussira ». Le prêtre répondit: « Le voyage que vous entreprenez est sous le regard de Yahvé » (Juges 18,5-6). Remarque que le « dieu » invoqué par le prêtre lévite n’était autre qu’une statue. Consulté par les téraphim (Urim et Tummim) ce « dieu » bénit l’expédition criminelle des Danites! Il était l’oeuvre de Mika qui, fou de rage contre les Danites qui le lui avaient dérobé, leur crie: « Vous m’avez pris mon Dieu que je m’étais fabriqué…! » (Juges 18,24). Ce dieu fabriqué par Mika, permit aux Danites d’égorger « un peuple sans défense… tranquille et confiant » (Juges 18,10 / Juges 18,27-28). C’est par de telles pratiques de sorcellerie que Dieu était consulté par les prêtres et qu’ils souillèrent le Saint Nom du Créateur.

Que de gens se fabriquent un dieu à leur image au lieu de se transformer à l’image du seul vrai Dieu, cette image que tant d’hommes perdent par leur faute.

Un autre crime répugnant fut commis par les Benjaménites à Gibéa (chapitres 19-20). Il eut des conséquences néfastes dans toute la communauté et se développa de manière incompréhensible (Juges 19,1-21 / Juges 19,25). Le prophète Osée n’oubliera pas ce crime impensable (Osée 9,9 / Osée 10,9).

Remarques:
Voulant justifier l’établissement d’un royaume israélien, les scribes expliquèrent les désordres sociaux dans leur communauté par le fait que, « en ces temps-là, il n’y avait pas de roi en Israël » (Juges 18,1 / 19,1). Ils terminent le livre des Juges en insistant sur ce fait: « En ce temps-là, il n’y avait pas de roi en Israël et chacun faisait ce qui lui plaisait » (Juges 21,25). Or, l’établissement du royaume ne résolut pas les problèmes; la situation sociale n’en fut pas améliorée, le royaume finit par se scinder en deux: un au Nord et un autre au Sud. Les rois étaient souvent inaptes à gouverner et les prophètes ne manquèrent pas de les condamner et de dénoncer le fait même d’avoir institué la royauté en Israël (Osée 8,4).
Ces histoires bibliques macabres relatées dans l’Ancien Testament nous invitent à méditer: « Dieu écrit droit sur des lignes courbes », avait dit un philosophe contemporain. Il parvint, malgré l’inaptitude des Israélites, à achever son plan messianique. Le Messie devait venir des Juifs (Jean 4,22), « comme une racine en terre aride » (Isaïe 53,2). Cette terre stérile est le milieu israélite duquel Jésus émergea et c’est Lui dit Saint Paul, ce Messie qui écarte le voile mosaïque qui empêchait les croyants de percevoir la Lumière Divine: « Jusqu’à ce jour, en effet, lorsqu’on lit l’Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n’est point levé, car c’est le Christ qui le fait disparaître. Oui, jusqu’à ce jour, lors de la lecture de Moïse, un voile est posé sur leur coeur. C’est quand on se convertit au Seigneur Jésus que le voile tombe » (2 Corinthiens 3,14).

Le livre de Ruth

Lis ce livre historique édifiant avec intérêt, notant que Ruth est moabite, non israélite. L’importance de cette histoire qui eût lieu du temps des Juges, est que Ruth -non juive- est une des ancêtres du Messie puisqu’elle est la grand-mère du roi David duquel descend le Messie. En effet, elle enfanta « Obed, le père de Jessé père de David » (Ruth 4,17 / voir Matthieu 1,3-5 et Luc 3,31-32).

Ce fait contredit le principe juif: « Ne sont juifs que les enfants d’une juive ». David et le Messie lui-même ont pour ancêtre une non-juive: Ruth.

On aurait apprécié que les livres historiques de la Bible fussent tous écrits avec le même esprit que celui de Ruth où ne se trouvent ni violence ni racisme. Noémi, la belle-mère juive, est admirable par son amour et sa tendresse pour Ruth, une non-juive. C’est elle, Noémi, qui poussa Ruth dans les bras matrimoniaux de Booz. La relation harmonieuse entre belle-mère et belle-fille est exemplaire. C’est un comportement identique que Dieu demandait à tous les Israélites. Noémi mérite d’être l’ancêtre du Messie; c’est cet esprit ouvert et affectueux que Jésus vint donner au monde. C’est cela l’Esprit-Saint, totalement opposé à l’esprit chauvin retrouvé en plusieurs endroits de la Torah.

Le premier livre de Samuel

Les deux livres de Samuel et les deux livres des Rois forment un ensemble historique d’environ 550 ans, s’étalant de l’an 1100 av. J.-C. à l’an 580 av. J.-C. Ces quatre livres relatent l’histoire de l’établissement du royaume, de sa division en deux et de la chute des deux royaumes, chute qui mena à la déportation des Israéliens en Babylonie.

N.B.: Certaines Bibles appellent les deux livres de Samuel « Premier et Deuxième livres des Rois » et ceux des Rois « Troisième et Quatrième livres des Rois », sans mentionner Samuel comme titre. Ceci est dû au fait que ces quatre livres parlent des rois israéliens.

Lis le premier livre de Samuel avant de poursuivre les éclaircissements ci-dessous.

Le sanctuaire de Silo

À Silo se trouvait l’Arche. Les Palestiniens le détruisirent et emportèrent l’Arche (1 Samuel 4,11). Les scribes prétendent que ceux-ci en eurent peur (1 Samuel 4,7). Mais David aussi en eut peur plus tard (2 Samuel 6,9-10). Ces faits révèlent la conception antique superstitieuse de tout ce qui se rapporte à la divinité. Dieu était redoutable et tout ce qui relève de Lui était intouchable et à craindre.

Le cantique d’Anne (1 Samuel 2,1-10)

Toute réjouie, Anne improvise un poème à Dieu qui la libéra de la « honte » de la stérilité. Elle put relever la tête devant Peninna, l’autre épouse de son mari, qui, à cause de l’abondance de sa fertilité, méprisait Anne. Celle-ci trouve sa revanche en enfantant Samuel, fils de qualité morale et de grand destin: « Mon Coeur exulte en Yahvé… L’arc des puissants est brisé… La femme stérile enfante 7 fois (Samuel, grand aux yeux de Dieu, vaut 7 enfants) mais la mère de nombreux enfants (Peninna) se flétrit » (1 Samuel 2,4-5). La Vierge Marie, enceinte du Messie, s’inspira de ce cantique: « Mon âme, exalte le Seigneur… » (Luc 1,44-55). À relever dans le cantique d’Anne une erreur historique: « Il donne la force à son Roi… » (1 Samuel 2,10). Il n’y avait pas encore de roi en Israël. Cela démontre que les scribes ajoutèrent tardivement des nuances royalistes et nationalistes au cantique.

Etablissement du royaume

Le point le plus important dans le premier livre de Samuel, est l’institution de la royauté avec Saül comme premier roi (1030-1010 av. J.-C.). « Cela déplut à Samuel », dit le texte, et déplut aussi à Dieu qui s’est considéré « rejeté » par les Israélites pour qu’Il « ne règne plus sur eux » (1 Samuel 8,6-7). Un des facteurs qui alimentera le désir de créer un royaume fut l’immoralité des fils de Samuel (1 Samuel 8,5) après celle des fils du prêtre Élie (1 Samuel 2,12-25).

Cette transformation de la communauté israélite en nation israélienne fut dénoncée par les prophètes: « Ils ont fait des rois, mais sans mon aveu; ils ont établi des chefs mais à mon insu », dit Dieu au prophète Osée (Osée 8,4), puis Il déclara avec colère au peuple: « Un roi je te l’ai donné dans ma colère et dans ma fureur je te l’enlève » (Osée 13,11). En effet, la monarchie cessa en Israël après les invasions Assyro-Babylonienne puis Romaine, comme nous le verrons plus loin.

Après avoir exigé un roi, Samuel demanda au peuple de « reconnaître clairement combien grave est le mal que vous avez commis au regard de Yahvé en demandant pour vous un roi ». les Israéliens reconnurent leur faute et dirent à Samuel: « Nous avons mis le comble à tous nos péchés en demandant pour nous un roi » (1 Samuel 12,17-19)… mais sans renoncer à leur roi.

C’est dans un but de guerre et de violence, non de paix, que les Israélites exigèrent un roi: « Nous aurons un roi comme toutes les nations… il sortira à notre tête et combattra nos combats » (1 Samuel 8,19-20). Gédéon avait compris que le seul Roi était Dieu (Juges 8,23). Jésus, lui aussi, refusa d’établir un royaume israélien (Jean 6,15) et déclara que son Royaume n’était pas de ce monde politique (Jean 18,36). « Yahvé votre Dieu, c’est lui votre Roi », insistait encore Samuel (1 Samuel 12,12).

Rupture entre Samuel et Saul

Saül prit l’initiative d’offrir le sacrifice à la place de Samuel à Gilgal. Il s’arrogea, ce faisant, un droit religieux qui ne lui appartenait pas et remplaça Samuel qui l’écarta à son tour aussitôt. « Ta royauté ne tiendra pas. Yahvé s’est cherché un homme selon son coeur (David) et Il l’a désigné comme chef de son peuple » (1 Samuel 13,8-15).

David et Goliath (1 Samuel 17-18)

Le jeune David aurait tué un colosse palestinien, Goliath de Gat (1 Samuel 17,1-51). Ceci lui aurait valu une amitié solide (celle de Jonathan fils de Saül) et une animosité féroce (celle de Saül): « L’âme de Jonathan s’attacha à l’âme de David et Jonathan se mit à l’aimer comme lui-même » (1 Samuel 18,1). Par contre, Saül fut rempli de jalousie: « On a donné les myriades à David et à moi les milliers! Il ne lui manque plus que la royauté, dit-il. Et, à partir de ce jour, Saül regarda David d’un oeil jaloux ». Dès le lendemain il essaya de le tuer par deux fois, mais David en échappa (1 Samuel 18,6-11).

Quelle est l’authenticité historique de ce récit? Est-ce vraiment David qui tua Goliath? Nous lisons pourtant dans 2 Samuel 21,19 que c’est un certain Elhanân qui l’avait abattu: « La guerre reprit encore à Gob avec les philistins (Palestiniens), et Elhanân fils de Yaïr, de Bethléhem, tua Goliath de Gat… » Ainsi, les prouesses de David ne seraient que de simples épopées visant à donner une image de héros au roi d’Israël. Car il s’agit du même Goliath de Gat, « le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserand » (1 Samuel 17,7 / 2 Samuel 21,19).

L’amour de Jonathan pour David dura jusqu’à la mort, de même la haine de Saül qui, tout le long de sa vie, chercha à tuer David. Plusieurs des psaumes de David furent des hymnes de confiance en Dieu et de reconnaissance pour l’avoir sauvé de la main de Saül (Psaumes 18 / 52 / 54 / 57 / 59 / 63).

Le refuge de David auprès d’Akish

Les scribes relatent deux fois différemment la fuite de David loin de Saül et son refuge auprès d’Akish, le roi palestinien de Gat, région de Goliath. Dans le premier récit (1 Samuel 21,11-15) le roi accueille David: « Mais les serviteurs d’Akish dirent à celui-ci: Est-ce que ce n’est pas David le roi du pays? N’est-ce pas celui qu’on chantait dans les danses: Saül a tué ses milliers et David ses myriades? À ces paroles David eut très peur d’Akish et joua à l’insensé pour simuler la démence. David partit de là et se réfugia dans la grotte d’Adullam ». À noter qu’il y fut rejoint par « tous les gens en détresse, tous ceux qui avaient des créanciers!… Et il devint leur chef… » David se réfugia ensuite auprès du roi de Moab à qui il confia son père et sa mère (1 Samuel 21,11-22,4).

D’après le deuxième récit (1 Samuel 27,1-29,11), David chercha refuge auprès d’Akish qui l’accueillit et lui accorda la ville de Ciqlag où il séjourna un an et quatre mois. Et les scribes de conclure: « C’est pourquoi Ciqlag a appartenu jusqu’à maintenant aux rois de Juda » (1 Samuel 27,6). Il suffisait donc à un Juif d’habiter un endroit pour qu’Israël s’en empare définitivement: « Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, je vous le donne, comme je l’ai déclaré à Moïse », rapportent les scribes… de la part de Dieu! (Josué 1,3).

Le bon accueil des deux rois à David démontre que les Israélites auraient pu vivre en paix en Palestine!

Spiritisme (1 Samuel 28,3-25)

Saül évoqua Samuel qui se présenta, mais pour le réprimander en lui annonçant sa mort et celle de ses fils. Le spiritisme, évocation des esprits, est possible, mais il fut condamné par Dieu (Lévitique 19,31 / Deutéronome 18,10-11). De mauvais esprits se présentent le plus souvent pour égarer ceux qui s’y adonnent. En dépit de cela, la nécromancie (ou spiritisme) était pratiquée par les Israélites, rois inclus (2 Rois 21,6). On y a recours malheureusement aujourd’hui encore partout dans le monde.

Le premier livre de Samuel, après avoir présenté Saül, se termine par sa mort.

Le deuxième livre de Samuel

Ce livre présente le règne de David et se termine peu avant sa mort. Lis-le en entier puis reviens aux points signalés ci-dessous.

David roi

Après la mort de Saül, David fut choisi par « la maison de Juda pour être son roi » (2 Samuel 2,7). La maison de Juda, formée par les membres de la tribu du même nom, occupait la partie sud de la Palestine, de Jérusalem au Nord jusqu’à Hébron (El Khalil) au Sud, où se trouvent les tombes des Patriarches. Mais les tribus du Nord, appelées « Israël », refusèrent David et choisirent un des leurs, Ishbaal, fils de Saül, comme roi sur Israël (2 Samuel 2,8-10). Le nom Ishbaal signifie « Homme de Baal » (Ish = homme en hébreu). Ce nom, donné par Saül à son fils, révèle son attachement à l’idolâtrie.

Cette tension entre « Juda » et « Israël » durera jusqu’à la chute des deux royaumes. La haine entre les deux rois poussa David à régner à partir de Hébron, au Sud, loin de ses ennemis (2 Samuel 2,11). « La guerre se prolongea entre la maison de Saül et celle de David, mais David allait se fortifiant, tandis que s’affaiblissait la maison de Saül » (2 Samuel 3,1). Nous avons un exemple de batailles « très dures » entre les deux royaumes dans 2 Samuel 2,8-32.

Pour une question de femme, Abner, chef militaire d’Israël, rompit avec Ishbaal, son roi. Il imposa David comme roi sur tout le peuple, du Nord au Sud du territoire (2 Samuel 3,6-21). Après l’assassinat d’Abner et d’Ishbaal, « Toutes les tribus d’Israël vinrent auprès de David à Hébron et dirent: c’est toi qui deviendras chef, et ils oignirent David comme roi d’Israël » (2 Samuel 5,1-3), après avoir été reconnu roi de Juda.

Un verset étrange révèle que « les fils de David étaient prêtres » (2 Samuel 8,18). Or, le sacerdoce, d’après la loi mosaïque, était réservé aux lévites descendants d’Aaron (Nombres 17,5 / 18,7). David, de la tribu de Juda, n’y avait pas droit. Les fils de David, en se faisant prêtres, méritaient la mort: « …tout laïc qui s’approchera sera mis à mort » (Nombres 3,10). Saül suscita la colère de Samuel pour avoir osé offrir un sacrifice (1 Samuel 13,7-15). Coré et les siens furent exterminés pour avoir prétendu, tout lévites qu’ils étaient, au sacerdoce (Nombres 17,5). Les fils de David usurpèrent donc une fonction qui revenait aux lévites, suscitant sans doute leur colère, d’autant plus que deux prêtres lévites, Sadoq et Ebyatar, présidaient déjà aux fonctions sacerdotales (2 Samuel 8,17). Ce fait, en dépassant la conception juridique restreinte du sacerdoce mosaïque, prépare au sacerdoce universel établi par Jésus (voir Matthieu 12,1-8 / 1 Corinthiens 3, 16-17 / Apocalypse 1,6 / 5,9-10 / 20,6).

David occupe Jérusalem

En l’an 1000 av. J.-C., David s’empara de Jérusalem et l’appela « Cité de David » (2 Samuel 5,6-9). Jérusalem devint la capitale et le lieu de résidence du roi après Hébron. « David avait trente ans à son avènement (l’âge de Jésus quand il commença sa mission Luc 3,23) et il régna pendant quarante ans, sept à Hébron et trente-trois à Jérusalem » (2 Samuel 5,4-5) Il s’y fit construire un palais en bois de cèdre (2 Samuel 5,11). La ville devenait ainsi la capitale du Royaume.

L’Arche

L’Arche fut portée à Jérusalem qui, après avoir été la capitale, deviendra le centre religieux et le lieu de pèlerinage. Après s’être bâti un palais, David désira construire un temple pour y placer l’Arche. Ceci fut l’occasion donnée au prophète Nathan pour proclamer l’importante prophétie messianique de 2 Samuel 7,1-17. Il faudrait la relire avant de poursuivre le cours.

La Prophétie messianique de Nathan (2 Samuel 7,1-17)

Cette prophétie est le point le plus important du livre. David avait fait part au prophète Nathan de son intention de construire un temple pour y abriter l’Arche. Spontanément Nathan l’approuve, « mais cette nuit même la parole de Yahvé fut adressée à Nathan en ces termes: Va dire à mon serviteur David: Est-ce toi qui me construiras une maison…? Je n’ai jamais habité de maison… Quand tes jours seront accomplis…, je maintiendrai après toi le lignage issu de tes entrailles et j’affermirai sa royauté. C’est Lui qui construira une maison pour mon Nom et j’affermirai pour toujours son trône royal. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils ». Ainsi Dieu refuse et rejette l’idée du temple que David se proposait d’édifier et annonce qu’un de ses descendants construira le Temple selon Dieu.

Explication de la prophétie:

Le Temple
Dieu ne veut pas que David lui construise une maison de pierre et de béton: « Je n’ai jamais habité de maison » dit Dieu (2 Samuel 7,6). C’est plutôt « Yahvé qui lui fera une maison » (2 Samuel 7,11). Car, pour Dieu, le Temple, sa Demeure, n’est pas un édifice matériel: Dieu habite le coeur des vrais croyants, « Si quelqu’un m’aime » avait dit Jésus, « mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui (en lui) notre demeure » (Jean 14,23). Paul nous dit encore: « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu?  » (1 Corinthiens 3,16), et Pierre: « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel… » (1 Pierre 2,5). C’est pourquoi Jean, dans l’Apocalypse, ne voit pas de Temple (Église, Mosquée ou Pagode…) dans la « Jérusalem Céleste » qui représente les croyants de la fin des temps, « car, explique-t-il, le Seigneur, le Dieu-Maître-de Tout, est son Temple, ainsi que l’Agneau (le Messie, Jésus) » (Apocalypse 21,22). Ceux qui construisent à Dieu des édifices matériels n’ont rien compris à la prophétie de Nathan ni aux enseignements de Jésus et de ses Apôtres.

Le Messie
Un descendant de David désormais connu sous le titre de « Fils de David » édifiera ce Temple voulu par Dieu. Ce descendant est le Messie et ce Temple est spirituel, non matériel. Les Juifs interprétèrent mal cette prophétie pensant que Salomon, fils et successeur de David sur le trône, avait pour mission de construire un temple matériel à Jérusalem. L’intervention divine nous donne donc des lumières, non seulement sur la vraie signification du temple, mais aussi sur le Messie venu 1000 ans après la proclamation de cette belle prophétie de Nathan.

Le Messie est « le lignage », la descendance, issu « des entrailles » de David (2 Samuel 7,12). C’est à partir de cette prophétie que le Messie fut connu comme « Fils de David », « Fils de Jessé » (Jessé est le père de David). Il est aussi « Fils de Dieu » puisque Dieu dit: « Je serai pour lui un Père et il sera pour moi un Fils ». Les Juifs crurent qu’il s’agissait de Salomon, fils et successeur de David (voir 1 Chroniques 22,1-19 et surtout les versets 8-10). C’est pourquoi Salomon voulut, à tout prix, construire un temple de bois de cèdre et d’or dans lequel il plaça l’Arche d’Alliance. Mais la prophétie visait plus loin que le fils immédiat de David. Elle indiquait Jésus, venu 1000 ans plus tard. Il parla de la destruction du temple matériel construit par Salomon et ses successeurs, présentant son « Corps », c’est-à-dire sa Personne, comme Temple définitif des croyants (Jean 2,19-22 / Apocalypse 21,22).

La prophétie de Nathan visait donc plus loin dans le temps et plus haut dans l’esprit que la vision humaine: il ne s’agissait ni de Salomon ni d’un édifice matériel. Ceci ne fut compris qu’après l’accomplissement de la prophétie de Nathan, dix siècles plus tard, lorsque l’Ange Gabriel apparut à la douce Vierge de Nazareth pour lui dire: « Tu concevras et tu enfanteras un fils… Il sera grand et on l’appellera Fils du Très-Haut. Le Seigneur lui donnera le trône de David son père » (Luc 1,26-37). Lis ce texte attentivement en le comparant à la prophétie de Nathan.

Pourquoi Jésus est « Le Fils du Très-Haut », « le Fils Unique de Dieu » comme dit Jean (Jean 3,16)?

La réponse se trouve dans le dialogue entre Marie et l’ange Gabriel (Luc 1,35):

Marie: « Comment cela se fera-t-il? Je ne connais point d’homme ».
Gabriel: « L’Esprit Saint viendra sur toi… C’est pourquoi l’Enfant sera appelé Fils de Dieu ».

Jésus nous donna un nouvel éclairage sur sa filiation. Il est bien plus que « fils de David », sa généalogie ne saurait se référer à un homme, si grand soit-il, car il vient de bien plus haut, directement de Dieu seul dont Il est l’incarnation. Discutant avec les Pharisiens, Jésus leur posa cette question: « Quelle est votre opinion au sujet du Messie? De qui est-il le fils? » Ils répondirent: « De David ». Jésus reprit: « Comment donc David, parlant sous l’inspiration, l’appelle-t-il Seigneur dans ce texte: « Le Seigneur (Dieu) a dit à mon Seigneur (le Messie): Siège à ma droite… (Psaumes 110,1). Si David l’appelle Seigneur, comment donc est-il son fils? » Nul ne fut capable de lui répondre (Matthieu 22,44-45). La nature divine de Jésus éclipse sa descendance humaine. Nul ne pouvait imaginer cette origine. Elle remonte à l’Éternité, non au temps. Le prophète Michée, huit siècles avant Jésus, parlant sous l’inspiration, révéla son origine divine en disant: « Ses origines remontent aux jours d’autrefois, aux jours d’Éternité » (Michée 5,1).

Jésus est donc Fils de Dieu car aucun homme ne peut prétendre, en justice et en vérité, être son père physique. C’est par l’intervention directe de Dieu que Jésus fut conçu dans le sein de Marie. C’est pourquoi Dieu seul est son Père, « c’est la Puissance du Très-Haut qui prit Marie sous son ombre, car rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1,35-37).

Comme la plupart des prophéties messianiques, celle de Nathan ne fut comprise qu’après son accomplissement. Retiens donc comme principe qu’une prophétie ne se comprend que lorsqu’elle a lieu dans le temps. Ceux qui ne comprennent pas les prophéties sont ceux qui refusent de les interpréter selon Dieu, voulant qu’elles s’accomplissent selon eux. Aussi, la faute des Juifs est d’avoir refusé Jésus parce qu’Il ne cadrait pas avec leurs aspirations nationalistes et militaires. « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies! » leur dit le Seigneur (Isaïe 55,8-9).

De cette merveilleuse prophétie de Nathan, retenons que nul ne doit construire une maison matérielle à Dieu. C’est Dieu qui construit une Demeure éternelle à tous les croyants (2 Samuel 7,11), un Temple spirituel pour rassembler ses élus dans un Bonheur Perpétuel. Jésus a déjà construit ce Temple Éternel: Lui-même… avec les siens.

Le grave péché de David

Les chapitre11-12 racontent le double crime de David: adultère avec Bethsabée, doublé de l’assassinat de son mari Urie le Hittite, un assassinat prémédité et odieux. David est repris par Nathan et se repent. Le psaume 51 (50) fut composé par lui pour demander pardon à Dieu: « Aie pitié de moi ô Dieu en ta grande bonté et dans ta grande tendresse efface mon péché… »

Amnon et Tamar

Amnon est le fils aîné de David. Il s’éprit de sa nièce Tamar, fille d’Absalom, le troisième fils de David (2 Samuel 3,2-3). Usant de ruse, il la viola, puis l’humilia en l’expulsant. Absalom, son frère, le fit assassiner, puis s’enfuit loin de David (2 Samuel 13 et 14).

Absalom usurpe le royaume de David

Les chapitres 15-19,5 nous rapportent les intrigues d’Absalom pour détrôner son père. Il s’empara momentanément du trône et abusa des concubines de David.

Fortes tensions entre Israël et Juda

Les vives tensions entre le Nord (Israël) et le Sud (Juda) se sont manifestées à l’occasion du retour de David sur le trône. Les deux régions se disputèrent le roi (2 Samuel 19,41-20,2). La révolte de Shéba, un Benjaménite (du Nord), préparait la scission entre les deux parties du royaume qui aura lieu une quarantaine d’années plus tard (vers 931 av. J.-C.). Le cri d’insoumission à David lancé par Shéba sera alors repris par les révoltés d’Israël contre Juda: « Quelle part avons-nous sur David… À tes tentes Israël! Et maintenant pourvois à ta maison David » (1 Rois 12,16).

L’établissement des Israélites en royaume n’a rien résolu, cela ne fit même qu’empirer leur situation entre eux et envenimer leur relation avec les peuples avoisinants. Les rois commirent de graves erreurs, voire des abus. Les mises en garde de Samuel contre eux furent justifiées par leur comportement qui ira, comme le révèlent les livres des Rois, de mal en pis. Les paroles que Samuel adressa à la communauté dans 1 Samuel 8,10-18 se réalisèrent: « …Ce jour-là,vous pousserez des cris à cause du roi que vous vous serez choisi, mais Yahvé ne vous répondra pas! ».

Le dénombrement (2 Samuel 24,1-9)

Le recensement du peuple par David est considéré comme une impiété, car cela signifiait mettre sa confiance en soi-même plutôt qu’en Dieu, capable, Lui, d’accroître la population en s’occupant de son bien-être. La mentalité de l’époque rapportait toute initiative à Dieu. C’est donc Lui qui excita David contre les Israélites et le poussa à les dénombrer. Mais le premier livre des Chroniques, écrit cinq siècles plus tard, rectifie en précisant: « Satan se dressa contre Israël et il incita David à dénombrer les Israélites » (1 Chroniques 21,1). Etait-ce donc Dieu ou Satan qui inspira David? Ou n’était-ce qu’un simple désir de David qui espérait voir le nombre des combattants de Juda supérieur à celui d’Israël, son adversaire? Car ce dénombrement déçut le roi: « Le coeur de David lui battit d’avoir recensé le peuple » (2 Samuel 24,10). Pourquoi? C’est que le nombre des combattants d’Israël dépassait celui des combattants de Juda, au service de David: 800 000 contre 500 000 d’après 2 Samuel 24,29, mais 1 100 000 contre 470 000 seulement d’après 1 Chroniques 21,5 qui ajoute encore: « l’ordre du roi avait tant répugné à Joab qu’il n’avait recensé ni Lévi ni Benjamin » (1 Chroniques 21,6). De quoi faire trembler le coeur du roi devant des ennemis en surnombre évident… sans compter les tribus belliqueuses de Lévi et de Benjamin… non recensées!

Lequel des deux recensements faut-il croire? Où est la vérité historique? Ces deux textes différents sont-ils inspirés par Dieu? Encore un exemple qui demande un esprit critique et du discernement. Ce texte écrit après la déception de David, interprète le dénombrement comme une malédiction.

Cet épisode nous permet de mieux comprendre pourquoi toutes les décisions que prenaient Moïse et d’autres furent considérées, souvent à tort, comme venant de Dieu. Il a fallu du temps, et surtout la Lumière de Jésus-Christ, pour discerner ce qui, dans les Écritures, était vraiment inspiré par Dieu. On comprend pourquoi Jésus avait dit à ceux qui le rejetaient: « Vous avez pour père le diable et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir  » (Jean 8,44). C’est que le refus de reconnaître en Jésus le Messie n’est jamais inspiré par Dieu, mais par le diable (méditer 1 Corinthiens 12,3).